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Le sport-études, 3 novembre 2016

novembre 3, 2016

Les études et le sport

Depuis 2005, les décideurs politiques ont inventé une formule afin de tenter de maintenir à l’école les enfants, athlètes doués, lesquels décrochaient trop tôt de leur devoir d’apprendre ? Ils ont mis en place le concept du « sport-études », le concept du sport-passion pour la réussite scolaire.

De fait, on invitait les jeunes passionnés dans la pratique d’un sport quelconque, à s’inscrire à une fédération sportive et d’y être reconnu comme « performant » dans leur sport de prédilection. Il ne restait qu’à se rendre à une école reconnue qui offrait de parfaire une technique sportive, à la condition de bien faire ses devoirs d’étudiants et de réussir ses examens. Comme dirait l’autre, une formule gagnant-gagnant.

Parfait pour les doués et surdoués sportifs, mais les autres, les moins passionnés pour la pratique d’un sport, que leur offrait-on ?

L’élite sportive a souvent sinon toujours reçu la reconnaissance pour ses réalisations ; applaudissement des partisans dans des salles combles, fournitures sportives A-1, heures de pratique avantageuses, etc. La fierté des écoles mises à contribution n’a eu d’égal que l’endoctrinement à ce machisme à l’américaine, autant pour la gent masculine que féminine.

Pourrait-on aujourd’hui abolir ces programmes de fierté sportive d’une élite douée tout en réussissant à faire étudier ces enfants  physiquement doués ? Faut-il être applaudi à tout rompre par des salles combles pour apprendre ? La réussite scolaire doit-elle se couronner par une victoire sportive reconnue par un public qui en redemande ? L’effort à l’apprentissage doit-il être de l’ordre du spectacle ou motivé simplement par l’humanisme, c’est-à-dire une saine actualisation de nos talents pour une société prospère ? Le passage de l’enfance à l’âge adulte ne doit-il pas justement nous faire passer de l’heure du jeu à l’heure d’être sérieux ? N’est-ce pas le but de l’éducation ?

J’ai beaucoup joué dans ma jeunesse et même assez tard dans ma vie d’adulte, mais ce départage des moments de jeu avec ceux des devoirs et des leçons n’avait d’autre but que de faire vivre cette vieille maxime : « un esprit sain dans un corps sain ». Aurait-il été mieux de nous motiver par toujours plus, plus, plus ?

Il y avait des lacunes à corriger, certes, mais pourquoi n’a-t-on pas exigé des doués sportifs d’hier, d’étudier autant qu’on l’exige aujourd’hui ? Pourquoi faut-il aujourd’hui des équipements ultra-dispendieux et des budgets extravagants pour une caste dont il faut applaudir les prouesses pour qu’elle réussisse à l’école ?

Je n’étais pas de l’élite ni des moins bons ; j’ai découvert très tôt que sans faire mes devoirs, je n’irais pas jouer dehors ni au baseball, ni au hockey, ni au football, ni à rien d’autre de passionnant ! Nos équipements étaient ordinaires, à la mesure d’un budget raisonnable où souvent, il fallait s’investir un peu, en plus de la part de nos parents.

Oui, la passion est source d’exaltation, mais la connaissance de soi est plus nécessaire, universelle et exigeante à obtenir. Il faut apprendre très jeune à marcher seul pour trouver son équilibre sans l’aide de béquilles. Sans cet apprentissage minimal, l’adulte cherche longtemps sa maturité d’être, et la société perpétue cette phallocratie millénaire, même chez certaines femmes en mal de reconnaissance de leur voie. Le football à l’UQTR ; est-ce bien nécessaire?

 

Ci-dessous, l’opinion de Jonathan Beaulieu-Richard pour une équipe de football à l’université du Québec à Trois-Rivières (parue le 31 octobre 2016 dans le journal « le Nouvelliste » de Trois-Rivières (page 12).

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« Faut qu’on ce parle », 31 Octobre 2016

octobre 31, 2016

Faut qu’on se parle… d’éducation

Sommes-nous une société qui progresse ou qui régresse ? Voilà une vaste question qui demande de la compartimenter. Ce collectif « Faut qu’on se parle » vient nous l’offrir.

Bâtir le Québec, c’est d’abord bâtir l’être. Et quand il est question de bâtir l’être, il est nécessairement question de son éducation et de son instruction individuelles.

Nous vivons, au Québec, dans un pays libre, un pays de liberté. Ceci dit, notre maturité d’être nous commande de reconnaître que LIBERTÉ ne veut pas dire faire n’importe quoi, n’importe quand ; LIBERTÉ veut dire être responsable, et être responsable veut dire CAPABLE de DONNER des RÉPONSES qui CHERCHE toujours la VÉRITÉ dans le RESPECT de soi et de l’autre. Ça demande donc effort et sérieux.

  1. L’Éducation et l’instruction publique au Québec doivent devenir le ministère le plus important, bien avant celui du ministère de la Santé. Pourquoi ? Parce qu’un être bien instruit et éduqué sait se garder prioritairement en santé et que le gouvernement, constitué de personnes en santé, saura prendre soin adéquatement de celles et ceux qui souffrent.
  2. Les citoyens du Québec doivent se donner comme priorité du XXIe siècle de devenir un peuple en excellente santé par l’acquisition de saines habitudes de vie.
  3. Depuis plusieurs décennies, nombreux sont les enseignants qui souffrent d’un épuisement professionnel à vouloir tout juste faire leur travail d’instruire et d’éduquer. Les parents se voient parler régulièrement de conciliation « TRAVAIL – FAMILLE » sans vraiment diminuer un mauvais stress qui les brûle autant au travail qu’à la maison.
  4. Il y a des vœux qui demeurent pieux ; de fait, les moyens ne s’implantent tout simplement pas.

SOLUTIONS :

  1. Il faut réduire le nombre d’enfants par classe pour augmenter l’alphabétisation fonctionnelle ou ajouter un adjoint-professeur à chaque classe particulière ayant un nombre donné d’enfants.
  2. Transformer le rôle d’instruire et d’éduquer pour le rendre plus agréable, plus ludique pour tous, et surtout, plus accessible partout sur le territoire avec les moyens de communication d’aujourd’hui: une école accessible par des moyens modernes.
  3. Écouter les propositions des enseignants et des maîtres d’école qui ont à cœur la réussite et le bonheur des enfants, nos futurs adultes de demain.
  4. Au travail, il faut apprendre à être performant sans s’épuiser à la tâche ; pour ce, il faut que les entreprises reconnaissent le dialogue sur cet objectif sans avoir peur de perdre, financièrement parlant. Et les employés doivent reconnaître leur capacité à la performance en la rendant honnêtement aux entreprises. Syndicats et employeurs doivent vraiment faire vivre le concept de « RENCONTRE ET DIALOGUE de BONNE FOI » lequel est trop galvaudé de part et d’autre. Que le concept de la conciliation TRAVAIL-FAMILLE devienne une réalité.
  5. Décider, une fois pour toutes, si les institutions privées en éducation et en santé doivent être subventionnées par l’État québécois.

CONCLUSION :

Ici, comme ailleurs, l’éducation doit se délivrer des sources de collusions et de corruptions du système qui tuent la vie belle pour tous.

Apprendre à respecter et à aimer : soi d’abord et l’autre de pair, pour une harmonie à la hausse recherchée.

 

Faut qu’on se parle… d’économie

C’est feu la députée Sylvie Roy qui, la première, a réclamé en avril 2009 une commission d’enquête sur l’industrie de la construction au premier ministre Jean Charest. Madame Roy demandait qu’on fasse la lumière sur les liens présumés entre les entrepreneurs en construction, le monde politique et le crime organisé.

En septembre 2010, un coup de canon retentissant nous est venu du Canada anglais : le magazine Maclean’s titrait ceci : « La province la plus corrompue au Canada ; des accusations de trafic d’influence au cabinet du premier ministre Jean Charest sont la dernière tuile. Pourquoi tant de scandales politiques au Québec. » Cette dernière phrase n’était pas une interrogation, mais une affirmation du magazine!

Jean Charest s’est officiellement offusqué des déclarations incendiaires du magazine anglais canadien qui traitait les Québécois génétiquement incapables d’agir avec intégrité depuis plus de 50 ans!

J’ai eu la chance de lire « Bras de fer » du chef syndical de la FTQ construction Ken Pereira ; je peux vous dire qu’il est vrai que cet homme a fait sauter le couvercle sur les manigances à la FTQ-Construction ; il raconte son combat contre l’intimidation, la collusion et la corruption dans sa propre industrie de la construction. J’ai aussi lu l’autobiographie de Claude Béland qui nous révèle ses propres dessous du coopératisme: le jupon de M. Béland a dépassé plusieurs fois, révélant les sources de l’actuelle perte de sens de la financière coopérative, une de nos plus belles réalisations économiques d’antan du Québec. J’ai mis sur mon blogue personnel mes commentaires sur l’autobiographie de M. Béland.

Tout comme ces auteurs, je peux affirmer que ce n’est pas seulement dans leur industrie respective que l’intimidation fait loi. N’oublions pas que seule la province de Québec a, en Amérique du Nord, des articles contre le harcèlement psychologique dans ses lois du travail ; celles et ceux qui pensent que ces articles, datant de juin 2004, ont réglé le sort du crime organisé se leurrent assurément. Oserais-je vous dire que je viens de subir le congédiement à cause de ces formes de gestion tribales et archaïques et des lois qui les cautionnent? Pensez-vous vraiment, comme le législateur, qu’avec quelques articles de loi, les travailleurs peuvent allez gagner leur pain quotidien en toute quiétude ? Nous avons tous des épées de Damoclès qui nous gèrent tristement. De graves lacunes en dialogue et communication sont à dénoncer. Et je ne parle même pas de l’intimidation sexuelle faite aux femmes de notre société.

L’économie c’est de rendre aux citoyens des services dont ils ont besoin et qu’ils réclament de recevoir en contrepartie du paiement de leurs taxes, impôts et pécules durement gagnés. Si des profiteurs s’en mettent plein les poches avant, comment voulez-vous qu’il en reste suffisamment pour l’éducation, la santé et la générosité ?

Au nom du vocable « bénévolat » ou « coopération », l’exploitation de la crédulité des citoyens du Québec bat son plein. Des entreprises milliardaires s’enrichissent sans retenue au nom de l’aide à donner à notre société, à nos citoyens dans le besoin. La déchéance du Mouvement Desjardins à ce point de vue d’un « retour sur l’investissement » (RSI) aux sociétaires, celle des syndicats qui doivent défendre leurs membres contre les abus de pouvoir des employeurs, l’Autorité des marchés financiers qui bénit, au nom d’une saine gestion, des tractations financières au détriment des citoyens utilisateurs-payeurs, les ventes de nos fleurons qui permettent à leur direction d’entreprises de se sauver avec la caisse grassement remplie par les actionnaires et citoyens, les fonds monétaires constitués au nom de la coopération ou du syndicalisme pour nourrir de façon douteuse des compagnies capitalistes ou faussement coopératives, etc. OUI, faut qu’on se parle d’un grand ménage dialectique et économique. La complaisance des grands nous tue beaucoup plus qu’elle nous vivifie.

 

Faut qu’on se parle… d’indépendance

En 1976, lors de l’éclatante élection du Parti Québécois, j’ai fortement ressenti la fierté d’être celui que j’étais ; celui qui voulait devenir un Québécois. En 1976, j’avais enfin la permission que je m’étais donnée avec des centaines de milliers d’autres, c’est-à-dire de bâtir mon pays. C’était euphorisant.

Ce sentiment fort m’appelait au dépassement et à cette foi en moi. Il n’y avait plus de miracle ou de rêve : tout était à faire. Tout comme les défricheurs du pays, il fallait se mettre à la tâche, et agir vers ce but.

Malheureusement, au fil des années qui suivit, l’enthousiasme politique s’est lentement effrité, laissant place à ce bon gouvernement qui avait mis de côté l’ultime projet rassembleur.

Nous sommes encore et toujours à ce point de défricher notre pays, notre coin de terre nourricière. Nous savons aujourd’hui qu’il est précieux et fragile ce patrimoine ; nous le savons parce que nous l’avons pillé maladroitement par moment, et qu’il faut corriger le tir. La voie politique actuelle sillonne à gauche et à droite ; il faut maintenir un cap respectueux sur l’environnement ; nous le savons maintenant. Nous ne pouvons plus faire n’importe quoi, n’importe quand. Et l’indépendance du Québec reste un projet silencieux, douteux même pour une masse critique de la population. Alors, un vil sentiment du « chacun pour soi » se renforce de lui-même.

Pourtant, nous sommes au seuil du basculement ; nous sommes au seuil de cette porte qui nous fera officiellement devenir un peuple grand, mature et confiant. Il faut ouvrir cette porte des peuples autonomes qui assument leur indépendance avec courage et fierté, ou demeurer du côté des peuples soumis à ces régimes monarchiques factices et futiles et à ces régimes financiers tout acabit.

Que choisissons-nous ?

La foi, c’est d’abord en soi qu’il faut l’avoir si nous voulons nous bâtir un Québec qui ne soit pas qu’une illusion de pays. Nous avons un coin de pays qui est beau, grand et riche de vie ; vivons à plein comme nos J-Armand, nos Dorimène et Alphonse, nos René Lévesque et combien d’autres qui nous ont inspiré le dépassement de soi.

L’amour du Québec, c’est d’abord l’amour de soi ; il faut le cultiver cet amour qui ose se respecter sans s’en culpabiliser. Parce qu’il se donne à soi, cet amour favorise l’éclosion de tous nos talents, pour l’amour de notre pays envers tous nos citoyens.

Ce virage entrepris au moins depuis Dorimène et Alphonse Desjardins, et poursuivit lors de la Révolution tranquille est pour moi le seul véritable signe, le seul véritable ferment qui nous permet un optimiste raisonnable : certes il a dérapé à l’occasion, et c’est justement à cause de ses déviations que nous percevons très bien la vraie voie à suivre et à reprendre.

Quand on perd la maîtrise de soi, on perd TOUT. La déviation du Mouvement Desjardins de sa voie coopérative nous est l’exemple fort de cette catastrophe idéologique économique. Il faut retrouver la foi en soi, celle qui ne craint pas de dire « Soyons maître chez nous », osons assumer notre responsabilité d’être maître de notre destin, de nos patelins, voyons notre destination de peuple comme celle d’une nation vraie, sans fausse pudeur ni orgueil démesuré.

Nous ne sommes des perdants que parce que nous y croyions et parce que nous craignons d’en être ; nous sommes toujours soumis à cet autre qui nous en convainc dans son discours et qui nous martèle ses convictions à la soumission du dictat de l’autre, au dictat de la mondialisation et celui de l’autorité financière.

Il faut dire NON au rêve pour dire OUI à notre réalité du Québec, riche de créativité partout dans toutes nos régions, riche d’une terre féconde comme nul autre ailleurs, du moins autant que bien des ailleurs sur cette planète où la vie belle se vit très bien !

Sachons remettre les bœufs devant nos charrues respectives si nous voulons aller de l’avant et bien nous aimer et respecter. C’est cette énergie qui saura nous élever au-dessus de notre misère actuelle de peuple soumis à ses vieilles peurs d’antan lesquelles ont trop longtemps figé notre sain épanouissement.

Faisons taire ces sirènes des dangers, et crions notre foi en nous tous, une fois pour toutes !

Toutes les forces indépendantistes du Québec doivent créer à nouveau cette coalition pour un Québec fort et respecté par tous les peuples et pays du monde.

Ma grande conviction : l’indépendance politique du Québec, c’est la seule voie à suivre pour un épanouissement euphorisant de toutes les régions Québécoises.

 

Faut qu’on se parle… de démocratie

Au Québec actuellement, nous élisons, à peu de chose près, 2 députés par comté électoral : un député au provincial et un autre au fédéral. Des élections se font tous les 4 ans environ autant au provincial qu’au fédéral. Les citoyens sont donc passablement bien respectés démocratiquement parlant ; mais nous pouvons faire mieux puisque la corruption mène toujours le bal. La démocratie peut devenir plus participative, plus vivante, moins corrompue et plus respectueuse de la vie belle pour tous.

Le concept de vie belle pour tous doit devenir une réalité, du moins, autre chose qu’un rêve ou un objectif ; il doit devenir un souci quotidien dans la tête de chaque citoyen.

À cette fin, évidemment les conditions premières sont écrites ci-dessus, plaçant l’indépendance politique du Québec au premier rang.

Par la suite, il faut nécessairement modifier notre système électoral. Les recettes peuvent être multiples, mais il m’apparaît prioritaire d’augmenter le filet démocratique et participatif des citoyens pour éloigner et étouffer la collusion et la corruption si facile à faire vivre actuellement comme de tout temps. Ma proposition est une parmi bien d’autres ; voici :

  • Élection au suffrage universel à tous les 4 ans (date fixe) d’une personne nommée président de la République et premier ministre, indépendamment de son allégeance comme chef d’un parti politique: serait élu ainsi celle ou celui qui aura reçu le plus de votes à ce poste
  • Le Président de la République premier ministre aurait comme tâche de former un gouvernement avec tous les ministères nécessaires à la bonne gouverne de l’État ; il devrait choisir parmi les députés élus au pouvoir celles et ceux qui seront titulaires des ministères. Sa tâche: organiser les affaires de l’État vers la vie belle pour tous.
  • Le chef de l’opposition serait celle ou celui qui comme chef d’un parti sera arrivé second en nombre de votes au poste de président de la République et premier ministre.
  • Élection au suffrage universel à tous les 4 ans (date fixe) d’une personne nommée «Député au pouvoir», indépendamment de son allégeance à un parti politique
  • Élection au suffrage universel à tous les 4 ans (date fixe) d’une personne nommée «Député de l’opposition», indépendamment de son allégeance à un parti politique
  • Le député élu au pouvoir serait celui qui obtiendrait le plus de votes dans son comté lors de l’élection, et son rôle serait celui de gérer les finances publiques de la république selon des projets de société débattus en chambre et sa nomination possible comme ministre responsable
  • Le député à l’opposition serait celui qui aura été second en nombre de votes dans son comté ; il serait possiblement appelé par le chef de l’opposition à former le cabinet fantôme afin d’exécuter son rôle de critique de l’opposition dans le gouvernement et d’être le chien de garde dans son comté contre les abus de pouvoir de l’autorité gouvernementale ou des citoyens abuseur du système.
  • Des comités citoyens et municipaux devront être favorisés par les deux députés du comté afin de faire vivre démocratiquement les solutions aux problèmes qui empêchent la vie belle pour tous dans chaque comté, villes et villages du Québec.
  • Tous les votes seraient « libres » sur les projets de loi.

C’est une proposition qui demande à être enrichie, critiquée franchement et honnêtement par celles et ceux à même d’y ajouter des modifications constructives.

 

Faut qu’on se parle… de racisme

La transformation du Québec au cours des dernières années est des plus évidentes aux yeux de toutes et de tous ; cette transformation démographique et sociologique est loin d’être terminée, bien au contraire : elle se poursuivra éternellement. Nous devons composer avec cette réalité qui fait perdre bien des illusions à des rêveurs légitimes de perfection.

Les peuples autochtones, les peuples de descendance française, anglaise et autres, les peuples du monde entier aux croyances religieuses et diverses sont maintenant tous représentés au Québec moderne. Notre pays de liberté nous a donné toutes ces richesses à respecter et sources d’évolution.

En 1976, nous pouvions parler du « nous » qu’on définissait facilement à cette époque, mais aujourd’hui nous nous réveillons avec une définition beaucoup plus éclectique et complexe. Nous sommes donc confrontés à un réel problème de racisme qui hante nos esprits inutilement.

Il faut évoluer vers une humanité qui sait se passer de ce poison qui tue notre concept de vie belle pour tous. Il faut réussir là où bien des pays s’enfargent encore tristement. Ce poison est trop souvent la source des guerres fratricides et même des collusions et corruptions que nous connaissons dans notre monde du travail actuel et entre nous tous comme citoyens. Nous sommes condamnés à transcender ce grave problème, ou nous en souffrirons gravement encore pendant des décennies ; cette souffrance sera ce piétinement que nous connaissons présentement.

 

Faut qu’on se parle… d’environnement

Parler d’environnement, c’est nécessairement parler d’énergie.

Au Québec, nous découvrons depuis maintenant plusieurs décennies l’énergie électrique laquelle peut être obtenu par plusieurs sources renouvelables et beaucoup moins polluante et dangereuse pour l’environnement : l’éolien, l’hydro et, de plus en plus, le solaire. Cette dernièrement semble devenir la source de l’avenir quand nous cherchons à polluer le moins possible.

La protection de nos terres, rivières et atmosphères nourricières doit devenir d’une priorité sans faille et le développement économique de nos entreprises devra constamment placer la recherche énergétique vers la plus propre qu’est l’électricité. Il faut convenir que les énergies fossiles doivent s’enterrer et demeurer les moins dangereuses possible à notre qualité de vie belle pour tous.

L’environnement et l’économie doivent dorénavant se marier dans un respect mutuel sinon, comme nous l’ont enseigné les dernières décennies, nous frapperons tragiquement et irrémédiablement le mur de la mort comme société où il fait bon vivre. Déjà des pays de la planète n’arrivent plus à bien vivre et suffoquent lamentablement.

L’environnement est beaucoup plus fragile qu’il n’y paraît malgré sa toute-puissance.

 

 

 

Réflexion de Madame Nicole Racine,

responsable de l’organisation d’une assemblée de cuisine

à Saint-Grégoire, Bécancour, Centre de la Mauricie

 

Généralement, il faudra d’abord savoir quel peuple (natifs et immigrants) on est et on voudra devenir. Osera-t-on vouloir choisir une ligne de conduite hors les seules normes économiques, qui pourrait être temporairement appauvrissante le temps d’une mise en place, mais vite initier une dynamique qui pourrait faire l’envie.

Au sujet « indépendance » : La nécessité de négocier pour inclure les peuples autochtones, amérindiens et Inuits, et leur offrir une vraie complète citoyenneté basée sur le respect mutuel et leurs besoins particuliers, et ayant les mêmes avantages et responsabilités que tout autre citoyen.

Sur le sujet conciliation travail-famille : Il faut que la société, l’état et le système économique reconnaissent à tout prix la valeur du travail de maison, tout entretien, tout nettoyage, etc., qui font une société plus saine et esthétique, moins déprimante où il fait bon vivre, tout comme la valeur des soins donnés aux malades et mal pris de la vie qui ne sont pas dans le système hospitalier.

Sur le sujet environnement : Il faut reconnaître et inclure dans le système économique la valeur rendue par l’environnement. (Par exemple un milieu humide qui absorbe les surplus de pluie ou la valeur des animaux et insectes mal aimés qui aident à un équilibre naturel, etc.). Des spécialistes se sont mis à calculer cette valeur, parfois inestimable. Il faudra aussi faire des choix déchirants et les sacrifices en coûts qui viendront avec. Par exemple : développer le moteur électrique vient avec des batteries et leurs composantes polluantes à produire, etc.

Ce n’est pas parce ce qu’il y a loin de la coupe aux lèvres qu’il ne faut pas d’abord penser à la théorie. Tous on a conscience que la mise en pratique sera loin d’être facile, mais avec ce seul point de vue et objectif : « La vie belle pour tous » ça doit bien être réalisable…

Faire l’amour est un art, 27 octobre 2016

octobre 27, 2016

Qui peut penser aujourd’hui que l’amour est un art ? Pourtant, bien des maîtres nous ont enseigné que l’amour était une virtuosité à classer parmi les plus grandes, les plus nobles vertus de la vie ; qui plus est, elle est la plus difficile à mettre en pratique.

Effectivement, l’apprentissage à l’amour me fut pénible et difficile. Je me souviens, adolescent, que l’amour était pour moi un mystère ; en fait, j’étais tout mêlé ! La religion m’imposait des péchés d’impureté que mon corps et mon esprit me créaient quand je voyais et admirais l’objet de mon désir amoureux ; Dieu, qui m’aimait pourtant (?), m’avait ainsi créé : mauvais garçon, presque méchant envers ma propre personne et toutes les beautés de ce monde… Qu’est-ce donc qu’aimer me suis-je demandé durant des décennies après ma puberté. Quel fouillis !

Par chance, j’ai fait des études sur mon âme, mon être et mon corps, et je pense avoir démystifié l’amour. De toute évidence, c’est tout un art que d’aimer et c’est autre chose que la seule mécanique de la passion sexuelle : aimer c’est « action », alors que l’acte sexuel est « passion ». Il y a un grand respect de l’autre quand l’amour se vit : pas question d’abuser de sa volonté. L’acte sexuel ne soulage qu’un appétit ; son résultat est éphémère alors que celui de l’amour sème souvent pour longtemps. L’acte sexuel est sans réelle création alors que l’action d’aimer crée, donne à l’autre dans cet esprit du don, fortifie soi et l’autre mutuellement. L’amour, le véritable, ajoute à tous.

Il est question de l’urgence d’ajouter des cours de sexualité au secondaire ; pour ma part, ayant compris très tard dans ma vie ce que pouvait être l’art d’aimer, je pense modestement qu’il serait plus opportun d’enseigner très tôt à l’adolescence cet art à l’amour. Peut-être que de la sexualité naît l’amour comme le veut Freud, mais je pense par expérience qu’il faudrait d’abord enseigner l’amour et son mystère : la mécanique sexuelle étant innée et passive, l’acquisition de l’amour, comme de tout art, exige effort à l’apprentissage de la connaissance ; que de mieux pour apprendre un art que de le pratiquer tôt dans la vie et, souvent ! L’amour est un art à apprivoiser et son acquisition est prioritaire pour sortir du fouillis actuel. Pour une société plus juste et prospère, pour un réel respect de l’égalité entre les femmes et les hommes, sans cet apprentissage à cet art d’aimer, toute société stagne, régresse même. L’histoire nous l’a tant enseigné.

L’habileté à aimer doit s’enseigner avant celle de copuler. Les fruits de l’art d’aimer ne se récolteront certes qu’à long terme, et encore, rien n’est garanti. Mais il faut commencer à semer si nous voulons récolter. Ça, ça urge.

L’art d’aimer ne s’apprend pas en écoutant des chansons d’amour ; celles-ci sont beaucoup plus des berceuses qui ne font que nous endormir. Je m’en souviens trop bien…

La connaissance de cet art d’aimer existe bel et bien depuis plusieurs siècles ; il reste à l’apprendre et à le pratiquer tous les jours, de la puberté jusqu’au trépas. Et c’est à l’école que notre jeunesse doit recevoir les rudiments de cet art pour les mettre en pratique très tôt dans la vie.

La mondialisation, 22 octobre 2016

octobre 22, 2016

Mes dernières années de travail comme salarié m’ont fait palper plus que jamais l’esclavagisme auquel les travailleurs du Québec sont soumis.

« Soumis » est un euphémisme, car le vrai mot est esclave ; tous mes collègues de travail ont ce vil sentiment de n’être rien de plus qu’un enfant esclave comme en certains pays; nous ne sommes que des « bois d’ébène », de vrais « nègres blancs d’Amérique » à la manière dont nous traitent nos «responsables hiérarchiques».

Un jour, l’un d’eux m’a traité de « pea soup » (pissou); c’était il y a à peine quelques mois ! Je n’en croyais pas mes oreilles. Le pauvre « supérieur » avait tellement peur de moi qu’il n’a cessé d’utiliser l’intimidation pour me faire taire à la manière des gros bras de certaines industries mafieuses bien connues, là où les différends se règlent habituellement à coup de claques sur la gueule, sinon encore plus violemment… Le respect est une notion inconnue pour certaines gens en mal de pouvoir.

Un jour, mon patron du temps m’a dit : « Si vous n’êtes pas satisfait, M. Champoux, vous savez ce que vous avez à faire. » Je lui ai alors répondu ceci : démissionnez ! Mais patron, j’aime mon emploi ; pourquoi devrais-je abandonner mon gagne-pain ? Congédiez-moi si vous le pouvez… Le patron ne pouvait pas me congédier pour des peccadilles sans en subir l’odieux ; il savait ça au moins. Mon mince filet de sécurité durement gagné me maintenait péniblement en vie… d’esclave !

Quelques mois plus tard, le patron (pas trop compétent), propriétaire de la compagnie, l’a vendue à un concurrent avant de dire à son financier coopérateur que les créanciers non payés lui réclamaient des dizaines de millions ! La faillite depuis longtemps attendue par tous les collègues esclaves a finalement été entendue en mai dernier.

Le nouvel acquéreur en beau maudit a honoré nos vacances dues par le failli avant de congédier (sans causes justes et suffisantes) certains esclaves; les lois du travail du Québec le permettent. Ce qui est légal n’est pas nécessairement moral, n’est-ce pas ? Mais ça, en système esclavagisme, n’a aucune importance dans l’esprit du législateur. Un esclave est comme une marchandise.

Entre temps, le nouvel acquéreur a placé en douce ses « pions » à lui ; nous les avons côtoyés quelques semaines avant l’annonce de notre vente, comme du bétail, au néant existentiel du monde du travail.

C’est ainsi que ça se passe dans le merveilleux monde du travail. Quant à l’assurance-emploi que tous les honnêtes travailleurs doivent payer obligatoirement par une autre loi des gouvernements complaisants avec le monde de la « business », les fonctionnaires désabusés sont maintenant à l’œuvre pour vous réintroduire sous un autre esclavagiste très compétent pour exploiter vos talents à peu de frais, c’est-à-dire au salaire bas de gamme de la pauvreté et aux conditions d’entrée dans une nouvelle confrérie de nègres au digne service de la collectivité des nantis.

Tout est orchestré entre commerçants, entrepreneurs et gouvernements pour maintenir l’esclavagisme bien vivant autant en Occident que dans ces pays d’une extrême pauvreté. Les esclaves qu’on appelle « travailleurs » ont faim ; ils ont malheureusement plus faim au ventre que soif de justice. Alors ils se prostituent ; alors, nous nous prostituons. La culture du viol n’est pas que sexuelle.

Quelle catastrophe cette société québécoise, canadienne, américaine… mondiale.

« …ceux qui ont en excès les dons de la fortune, force, richesse, amis et autres avantages de ce genre, ne veulent ni ne savent obéir à l’autorité […], tandis que ceux qui sont démunis à l’extrême de ces avantages sont dans un état d’abjections trop marqué. Le résultat, c’est que ces derniers ne savent pas commander, mais savent seulement obéir à une autorité qui les traite en esclaves, et que les premiers, en revanche, ne savent obéir à aucune autorité, et savent seulement gouverner en maîtres despotiques. On obtient ainsi un État de maîtres et d’esclaves mais non d’hommes libres, les uns pleins de mépris et les autres d’envie. »

Aristote, Politique, traduction, Jean Tricot, Paris, Vrin, 1997, page 302 (IV, 11, 1295b) dans

« Les passagers clandestins; métaphores et trompe-l’oeil de l’économie » par Ianik Marcil, éditions Somme toute, 2016, page 58

Le Québec, le Canada et la démocratie, 31 août 2016

août 31, 2016

La démocratie est à naître; toujours.

Ce constat m’est venu graduellement au cours des dernières décennies. J’écoutais hier soir une entrevue avec Gabriel Nadeau Dubois et ce génie est venu éclairer encore davantage ma lanterne sur ce constat que la démocratie est à faire tous les jours de notre vie économique et sociale.
S’il est vrai que nous vivons dans un pays libre, un pays de libertés, il faut nécessairement créer cette démocratie, cette anarchie où le respect de tout un chacun soit l’âme et le cœur de cette organisation sociale et économique.
Nous ne vivons pas en démocratie; mon expérience dans le monde de la coopération depuis Claude Béland (coopératisme Desjardins) m’a soumis à la fausseté de nos organisations qui se vante de ce qualificatif de « démocratique »; beaucoup plus autocratique pour certaines, oligarchique pour d’autres, théocratique ou monarchique pour plusieurs autres; la démocratie ne vit tout simplement jamais avec ces cliques qui la neutralisent constamment sous différentes stratégies de communication viles et malveillantes.
Évidemment, le système de rémunération et d’exploitation capitaliste fait problème, car les meneurs en intelligence de ces systèmes (capitaliste, politique, économique, social, financier) sont pratiquement tous atteints de cupidité morbide et comme dirait l’autre, « the sky is the limit ». Même les religions cherchent le ciel et sa béatitude: l’Utopie par dessus toutes les utopies.
La sagesse n’est pas au rendez-vous d’un vivre heureux; c’est la passion, c’est la démesure, c’est l’atteinte d’un niveau de vie sans limites matérielles qui ne cesse de motiver l’ambition de tout un chacun. Nous sommes tous de cette race, de cette bêtise, nous sommes tous de cette animalité humaine et géniale qui ne sait se rassasier!

Faire naître la démocratie est un devoir et non un espoir (inspirer de ce génie Nadeau-Dubois et bien d’autres sages). Nous devons toujours travailler par devoir et non par espoir. Nous devons toujours faire par devoir et non par espoir. Notre finalité ici bas est d’aimer, et aimer est un don, un devoir. C’est par amour que nous devons faire ce qui se doit. Le devoir de rendre ce qui nous a été prêté.

Nous les avons fait rire pour vrai. 21 août 2016

août 21, 2016

L’autre jour, il faisait une journée d’été québécoise merveilleuse; pas de vent, un soleil radieux et chaud, occasionnellement tempéré par de beaux cumulus tout blancs jamais menaçants.

Il m’était venu l’idée d’initier au baseball les enfants syriens arrivés en février dernier lors d’une mauvaise tempête de neige mouillée et sale. Ma femme et moi avons donc amené trois des cinq enfants âgés de dix, huit et six ans au terrain de balle du Parc Pie XII de Trois-Rivières; là, avec des balles et bâtons appropriés, à ma grande surprise, nous les avons fait rire pour vrai!

Pas des rires jaunes comme mes patrons d’antan qui se trouvaient drôles sur leur trône; pas des sourires de complaisance ou polis pour faire semblant ou pour faire plaisir à l’autre. Non. De vrais rires d’enfant qui jouissent d’un plaisir partagé d’attraper une balle qui n’a de cesse de rouler et de fuir.

C’était bon à entendre. C’était beau à voir. Ils s’amusaient, riaient, jouissaient de la vie douce et agréable sans culpabilité et avec beaucoup, beaucoup d’énergie et d’enthousiasme.

Toujours attentionnée, ma femme avait préparé de belles tranches de melon d’eau pour assouvir une soif certaine après l’effort d’apprendre la bonne adresse pour frapper la balle, pour courir les buts et celle d’attraper ces chandelles que je leur ai frappées pour terminer ce premier entrainement au baseball.

Moi qui voulais les initier au beau sport du baseball, nous avons plutôt réussi à les faire rire pour vrai! Quelle surprise pour nous! Quel plaisir! L’hiver prochain, nous patinerons sur l’étang du Parc Pie XII lorsque les canards auront quitté le pays et que la froidure nous obligera à composer avec elle de nouveaux jeux; j’espère que nous ferons encore rire Hananne, Abire et Mohamed.

C’est beau des enfants qui rient. Tous les rires des enfants sont vrais…

La maison; ma maison, mon chez-moi 30 juillet 2016

juillet 30, 2016

N’entre pas qui veut chez moi; mais sont bienvenus celles et ceux que je veux qu’ils y entrent et qu’ils viennent s’y réchauffer et s’y sentir comme chez eux.

J’ai de la place chez moi; suffisamment d’espace pour ressentir l’importance de penser! Oui, penser exige de l’infini, de l’illimité : plus vous percevez l’immensité, plus vous comprenez la nécessité de combler le vide. Et ce vide se comble par celles et ceux qui sont bienvenus chez nous.

Ma maison est une oasis de paix, d’amour, de vie, de plaisir, de joie, quelques fois de peine et de misère, souvent de beauté et de travail. La maison est tout ça; le lieu de rassemblement où la vie s’actualise, se réalise, où la mort rôde en sourdine, toujours en dessus ou en dessous de la vie.

La maison, ma maison, mon chez-moi, c’est ça.

Nous avons tous un chez-soi : ce lieu sacré ou nul ne vient sans y être invité, respecté, parce qu’aimé. Je la garde belle et propre ma maison, mon lieu sacré; pour moi d’abord, mais aussi pour toi, l’invité, l’aimé.

Jusqu’à la fin des temps, je la veux ainsi ma maison : belle et propre; pour moi et les autres. Tous les autres.

La planète est ma maison dans ce bel univers de vie, dans ce cosmos de mystères. Nul n’y vient sans s’inviter à aimer tout un chacun.

« Vers une culture industrielle respectueuse, 10 avril 2016

avril 10, 2016

Je vous présente ci-dessous le mémoire que je compte présenter en avril 2016 au BAPE (Bureau d’audiences publiques sur l’environnement) contre le projet « Énergie Est » de TransCanada Corporation.

Il est trop long pour la présentation orale, mais il sera tel quel pour le Bureau.

______________________________________

Bureau d’audiences publiques sur l’environnement :

Projet « Énergie Est » de TansCanada Corporation.

par François Champoux

Avril 2016

 

« Vers une culture industrielle respectueuse »

« Respecter, c’est reconnaître que l’autre existe, qu’il a des droits et que notre petite personne n’est pas souveraine…. c’est laisser vivre l’autre……, c’est apprendre à vivre avec l’autre, à discuter, à négocier. »

 « Treize verbes pour vivre » Marie Laberge, p. 83, 84

 

Prologue

Madame,

Monsieur,

Je vous remercie d’écouter.

Je suis un citoyen contribuable qui observe quelque peu et parfois, je m’insurge. Quand je le fais, je trouve que j’ai souvent pris trop de temps à me soucier de notre environnement et de celui de mes concitoyens.

Cependant, je constate que notre société québécoise est MAINTENANT avenante et engagée vers un environnement de plus en plus sain et agréable, un environnement qui reconnaît qu’il y a beaucoup à faire encore par nous tous, industries, citoyens et gouvernements, pour améliorer encore davantage; la vigilance permanente devient alors notre mot d’ordre à tous.

Je précise ici que lorsque je parle de l’industrie, je fais référence à toutes les formes d’entreprises qui exploitent la nature au sens large de celle-ci, c’est-à-dire toutes les occasions d’affaires que les cerveaux humains organisent pour une économie prospère et des gains financiers aux actionnaires.

Aujourd’hui, avec l’expérience des erreurs du passé, je me présente à vous tous, gens de l’industrie et des gouvernements, pour dire ceci :

« Poursuivons nos efforts récents vers une culture industrielle respectueuse de nos milieux de vie. »

 

La pyrrhotite

Je lisais dernièrement que c’est plus de 4000 familles qui auraient été touchées par la catastrophe de la pyrrhotite; ici, en Mauricie, les dommages de cet abus de confiance causés à l’environnement, et surtout aux êtres humains, sont tout simplement incalculables!

Je cite une des victimes :

« … les drames continuent de se multiplier, lesquels entraînent des coûts sociaux aussi grands qu’inchiffrables » (Marc-Olivier Gagné, Le Nouvelliste, 29 mars 2016, p. 17).

Est-ce l’industrie qui a reconnu son erreur? Ou n’est-ce pas plutôt les citoyens contribuables qui ont sensibilisé les auteurs et les gouvernements que certaines gens avaient erré et ainsi abusé de la crédulité de personnes bien intentionnées?

Aujourd’hui, après toutes ces années de souffrances, le système profite encore du malheur des uns pour exploiter la catastrophe et ainsi doubler, tripler, quadrupler les revenus de l’erreur ou de l’abus de confiance, le tout au profit de l’industrie et de ses actionnaires. Qui sont les têtes de Turc? Ce sont les sujets de Sa Majesté qui deviennent des objets de servilité sans aucun réel pouvoir de dire NON à l’exploitation éhontée, sinon par des procédures judiciaires lourdes et interminables sans aucune garantie de dédommagement complet.

À Bécancour

À Bécancour, les citoyens contribuables n’en finissent plus de protéger leur environnement. Je pense à celles et ceux qui se sont levés péniblement pour sauver leur propriété des explorations et de l’exploitation des gaz de schiste. Je pense à nous tous qui avons difficilement réussi à fermer la centrale nucléaire Gentilly II, dont les braises bleues fluo continuent toujours de répandre leur terreur fukushimaienne. L’erreur nucléaire n’est plus à démontrer; l’erreur pétrolière non plus; et ce, depuis au moins l’Exxon Valdez en 1989.

À Shawinigan et en Mauricie

À Shawinigan, de graves menaces de violence et même d’attentat envers des citoyens qui voulaient s’opposer à un projet dit « économique » ont détruit le savoir-vivre de bon aloi.

Imaginez que l’on vous traite de cons, de morons, d’ostie de retraités, d’ostie de baby-boomers, qu’on invite les citoyens à s’attaquer à votre propriété privée et même à votre personne en proposant de « vous achever tout de suite »! C’est ce que rapportait avoir lu l’éditorialiste du journal « Le Nouvelliste » de Trois-Rivières ce mardi 2 février 2016 sur les réseaux sociaux, au sujet du projet de Nemaska Lithium à Shawinigan qui vient de recevoir 14 millions de nos taxes et impôts. Rendu à ce niveau de civisme, aussi bien dire qu’à Shawinigan, la guerre civile est déclarée. En sociologie on appelle ça une société anomique, c’est-à-dire une collectivité où il y a destruction insidieuse de ce qu’on appelle les règles élémentaires de la civilisation.

Depuis quelques années, les nombreuses cheminées industrielles, autant à Shawinigan qu’à La Tuque, ont cessé de cracher leurs déchets toxiques. On respire beaucoup mieux, partout en Mauricie depuis peu, mais ces décennies extrêmement polluantes n’ont pas fini de tourmenter nos santés individuelles sous bien des aspects, dont on ne soupçonne même pas toutes les ramifications.

Sur la magnifique rivière Saint-Maurice, je me souviens de cet héroïque combat contre l’industrie du papier qui pouvait polluer à qui mieux mieux la rivière et l’atmosphère. Celle-ci n’avait qu’à brandir les gros salaires aux employés pour vite faire oublier, par nos élites dirigeantes, les poissons et l’environnement. Il fallait exploiter nos richesses naturelles au moindre coût financier, sans considération du coût humain et environnemental. Qui ne se souvient pas du film documentaire « L’Erreur boréale » de MM. Robert Monderie et Richard Desjardins?

Ces batailles pour sauver l’environnement, la faune et les citoyens ont été longues et pénibles. On a fini par sortir les pitounes de notre rivière, mais on n’ose pas regarder le fond de celle-ci.

Voici qu’une autre industrie, pétrolière celle-là, voudrait risquer une pollution, à nos frais, sur nos terres et toutes nos rivières. Elle ne s’appelle pas « B P » comme dans le golfe du Mexique, mais elle menace très sérieusement nos écosystèmes ainsi que le golfe du Saint-Laurent.

Il faut apprendre et comprendre, que « Respecter, c’est reconnaître que l’autre existe, qu’il a des droits… c’est laisser vivre l’autre……, c’est apprendre à vivre avec l’autre… », sinon, sans respect, c’est la guerre contre l’industrie et leurs voraces cupidités financières. « La vie est un combat », nous a appris Darwin, et sans respect et coopération, ce combat sera permanent envers les industries de mort.

Même l’armée canadienne

Qui ne se souvient pas des obus dans le Saint-Laurent que l’armée canadienne s’amusait à tirer sans se préoccuper de l’environnement et de leurs dégâts évidents? C’est incroyable la pénibilité de l’évolution de l’être humain pour comprendre ses erreurs et son insouciance.

C’est un petit groupe de citoyens de Pointe-du-Lac qui a réussi, après 9 ans de combat médiatique, à faire battre en retraite la « Pax canadian army » pour qu’ils arrêtent de tirer des obus sur le lac Saint-Pierre. Par contre on m’informe qu’au Centre d’essais et d’expérimentation des munitions de Nicolet (CEEM), on continue à expérimenter 10 000 munitions par an sur les terrains de l’île Moras. Ce qui se traduit par la production de 5 millions de munitions par an à Le Gardeur par l’américaine General Dynamics. 30 % de ces engins destructeurs s’en iraient à travers le monde sans aucun contrôle.

Ce petit groupe de citoyens a risqué la dérision pour faire arrêter la bêtise humaine. Là aussi, il a fallu mort de personnes pour écouter les sonneurs d’alertes.

Pourtant, certaines entreprises changent de voie

Il y a pourtant des entreprises qui ont compris et qui ont réduit à presque néant leur pollution et leur dangerosité. Pourquoi certaines autres n’évolueraient pas vers cette sagesse, et qu’elles continueraient à vivre dans le passé?

L’avenir n’est plus à ces formes d’énergie polluante et sources multipliées de catastrophes environnementales, sociologiques et humaines; c’est vital pour nous tous, citoyens contribuables. L’avenir est dans l’innovation et le recyclage de l’énergie solaire. Nous le comprenons de plus en plus et le consensus s’établit graduellement. Il faut investir et apprendre à capter l’énergie solaire et continuer à réduire considérablement l’impact écologique des énergies fossiles. Quant à l’énergie éolienne, elle doit continuer d’évoluer vers plus de respect de la nature, tout en cherchant à la mixer avec l’énergie solaire. L’éolien n’est pas vraiment l’avenir.

L’arrachement

La catastrophe environnementale de Lac Mégantic à l’été 2013 a arraché la vie à 47 personnes; il n’est pas nécessaire de mentionner tous les drames familiaux et sociaux inutilement vécus par cette erreur humaine, mais elle doit nous enseigner une fois pour toutes. Si cette bombe avait été l’œuvre d’une attaque ennemie, nous serions en guerre pour cause de terreur et d’irrespect de la vie.

Nos sociétés doivent apprendre MAINTENANT à s’arracher aux dangers industriels qui ne respectent pas la vie. Que penser de cette catastrophe de Bhopal dont l’immensité de la tragédie demeure toujours aujourd’hui inchiffrable? C’est MAINTENANT l’heure de changer et d’évoluer.

Les catastrophes environnementales n’ont pas toujours lieu ailleurs. La pyrrhotite, Lac Mégantic, les pollutions puantes et désolantes sur nos terres et nos rivières des industries de tout genre sont encore monnaie courante, et ce sont toujours des initiatives citoyennes qui alertent et qui ouvrent les yeux et les cœurs, les oreilles et les cerveaux des industries et des gouvernements pour favoriser l’évolution.

L’économie d’un pays ne tient pas seulement à l’exploitation de ces richesses terriennes et fossiles; elle tient surtout à leur utilisation intelligente, respectueuse et responsable de tous les citoyens contribuables et leur environnement de vie; c’est notre premier ministre du Canada, Justin Trudeau, qui vient finalement de le reconnaître! Au cours des 70 dernières années, on a toujours choisi les solutions faciles au nom d’une soi-disant efficacité pour augmenter notre confort; résultat : des maladies industrielles qui ont raccourci bien des vies humaines et d’autres vies aussi… Cette gestion de courte vue économique doit être corrigée. Et c’est MAINTENANT qu’il faut s’arracher à cette erreur plus que séculaire; il faut commencer MAINTENANT, car il est déjà très tard.

Nous ne voulons plus des environnements de mort créés par les dictatures industrielles et financières sans considération des peuples et des nations. Le passé doit être garant de l’avenir et notre passé mauricien doit nous enseigner les avantages à changer. Nos gouvernements doivent se revendiquer de cette sagesse humaine et universelle, et l’industrie doit être le moteur de cette prouesse économique et environnementale à réaliser.

Le peuple a été berné depuis la révolution industrielle par bien des dieux. Il faut que nous soyons tous conscients du début de ce temps nouveau qui arrêtera finalement la destruction sournoise de nos environnements de vie. Finie la suprématie de la seule finance : la primauté revient à la Nature, la planète, l’environnement qui sont la source de tout : ce sont leur conjugaison qu’il faut d’abord respecter. La Nature n’est pas sans risque, mais ses risques sont bien moindres que ceux de l’industrie et sa chimie. Le génie humain doit MAINTENANT pousser davantage sur des solutions environnementales, globales et innovantes de l’exploitation des richesses naturelles.

 

Soyons donc réalistes!

« Ne doutez jamais du fait qu’un petit nombre de gens réfléchis et engagés peuvent changer le monde.

En réalité, cela s’est toujours passé ainsi.

Margaret Mead

Les retombées économiques de tout projet ne doivent plus être considérées que sous leurs seuls aspects financiers de courte vue; elles doivent être d’abord sociales et qui dit “ sociales ” dit société, dit collectivité, dit environnement et donc, respect dans son ensemble de la globalité de la nature, incluant la faune et les humains, et le tout à long terme. Voilà la vraie croissance économique qu’il faut promouvoir et rechercher.

Ici, à Trois-Rivières, le ministère de la Santé et des Services sociaux avec la complicité de la direction de la santé publique, et de quelques élus veulent ajouter du fluor à notre eau potable; qui a intérêt à ce gaspillage des fonds publics et à cette pollution par un produit toxique de l’industrie? Il n’y a pratiquement rien de profitable pour nous contribuables, à cette mascarade soi-disant de santé publique.

Il faut s’arracher à ce réflexe des solutions faciles qui ne font qu’amplifier les problèmes collatéraux, et reportent à plus tard les solutions pour de saines habitudes de vie. Depuis la révolution industrielle, il faut s’interroger et répondre à savoir si cette qualité de vie a vraiment été en s’améliorant. Rien n’est moins certain! Déjà, en 1968, le rapport Meadows par le Club de Rome faisait cette prise de conscience qui aujourd’hui se fait de plus en plus pressante. Elle nous dit de nous servir de notre intelligence avant d’accroître davantage la destruction, sinon notre ambition deviendra folie, et elle nous détruira nous aussi. Soyons réalistes : sommes-nous sur la voie du bonheur ou sur celle d’un arrachement à celui-ci?

Conclusion

L’information et la désinformation

La vérité est toujours à chercher; constamment, sans arrêt. Elle est souvent dans le passé trouble et réel des catastrophes subies et vécues par le peuple qui paye toujours les erreurs de jugement et les ambitions cupides et démesurées de certains.

Nous savons avec certitude maintenant que le risque zéro est impossible, que la catastrophe arrivera assurément à 100 % et qu’elle sera, comme toujours, à nos frais. Ça, c’est la réalité. La mort viendra.

Prenez les risques d’une Nature puissante, ajoutez-y l’erreur humaine et ses technologies faillibles, et vous obtenez là la recette infaillible d’une catastrophe. C’est là une autre définition de cette réalité.

L’information pour atteindre La Vérité et La Connaissance vient de personnes compétentes qui parfois font aussi malheureusement de la désinformation. Je me fie alors à Jean Rostand qui concevait que dans toute solution à un problème, il y a le germe du futur problème à résoudre : il faut donc rester vigilant et ne plus multiplier les sources problématiques. S’il est vrai que le passé est garant de l’avenir, un changement de mentalité s’impose donc à notre économie et à l’industrie.

Les abeilles ne parlent pas, mais les apicultrices et les apiculteurs, si; et ça bourdonne pas mal autour de nos oreilles depuis quelques années. Il y a des limites à exploiter sans vergogne et sans retenue, et ces limites sont atteintes lorsque la terreur devient maîtresse des lieux comme actuellement. Il faut repenser l’économie non plus au profit des seuls financiers néolibéraux, mais bel et bien comme elle se doit de l’être, c’est-à-dire au bénéfice de tous les citoyens contribuables, payeurs d’un sain environnement de vie pour tous et pour chacun, individuellement.

Je vous remercie de votre écoute, et de votre intelligence à dire NON à l’oléoduc Énergie-Est pour toutes ces raisons, pour tous ces faits du passé et pour des milliers d’autres que j’ai dû taire.

 

 

 

François Champoux

Trois-Rivières,

10 avril 2016

 

Des bidous pour la 55 Sud ? C’est NON. 26 mars 2016

mars 26, 2016

Et voici que maintenant ce sont trois chambres de commerce qui s’unissent pour obliger les contribuables à payer des centaines de millions pour doubler l’autoroute 55 entre Saint-Grégoire et l’autoroute 20. Il y a des terres qui n’attendent qu’à se faire acheter par le gouvernement pour devenir du bitume de qualité québécoise afin de favoriser le transport de marchandises. Qui sont les propriétaires de ces terres, avides de se faire exproprier?

Il semble que cette fois-ci, les amis au gouvernement tendent une oreille plus complaisante que l’an dernier afin de répondre un beau OUI, suivi sous peu d’une belle présentation politique journalistique et photographique. Pour le monde ordinaire, c’est NON: il n’y a pas d’acceptabilité sociale!

Cette année, presque rien d’émotif dans les arguments des tenants du projet à être financé et payé par les contribuables du Québec; mais rien non plus de vraiment solide pour justifier cet investissement : aucun exemple concret d’entreprises qui se disent en attente de cette infrastructure indispensable pour créer les emplois à la tonne et le développement vert et durable de la « Belle province » pauvre du Québec. Que des paroles sans fondement.

Souffrons-nous à ce point de congestions de la circulation entre Saint-Grégoire et l’autoroute 20? Évidemment que la route tue, mais elle tue aussi partout au Québec et sur toutes les routes du monde, qu’elles soient simples, doubles ou triples. S’il vous plaît mesdames et messieurs en affaires, un peu de sérieux pour tenter de justifier l’injustifiable.

On nous dit que le Québec est en austérité économique et sociale; la priorité ne peut donc pas être dans la voirie et des infrastructures qui demandent déjà des sommes colossales pour leur entretien, dont les qualités de construction sont depuis toujours reconnues des plus douteuses partout à l’intérieur des frontières du Québec.

Plusieurs écoles du Québec sont, entre autres, dans un état tout simplement lamentable sur tout le territoire; la santé des personnes souffrantes au Québec, ainsi que celle du personnel des hôpitaux et des écoles est aussi dans un état qui demande une attention solidaire; des sommes aussi colossales doivent y être investies et ce n’est pas de la dépense folle : c’est là du vrai investissement pour une saine prospérité du pays.

Rien ne sert de se lamenter là où la nécessité est loin d’être criante. Il y a des préoccupations humaines qui n’ont pas de « chambres de commerce » pour crier leur indignation et leur irrespect notoire; et ça dure depuis des décennies. Avec la « business » à plein, nous sommes en « route » vers une société qui perd le nord sur les vraies « affaires »; les vraies « affaires » pour le gouvernement, c’est le vrai monde et l’environnement.

S’il vous plaît fonctionnaires du gouvernement, ramenez à la raison nos commerçants justifiés de vouloir faire de la saine « business », mais très probablement inconscients des besoins plus que nécessaires de l’ensemble du peuple du Québec dans d’autres secteurs vitaux.

Après le milliard 300 millions soi-disant investi dans Bombardier et sa CSeries, c’est assez pour la business : il y a d’autres « autoroutes » prioritaires qui attendent depuis trop longtemps et qu’on a abandonnées pour plaire aux financiers capitalistes et coopératifs.

Je suis féministe, 7 mars 2016

mars 7, 2016

Oui, je suis féministe et je pense que je le sais depuis mon adolescence.

Comment comprendre que des femmes se disent non féministes? Verrions-nous des hommes renier leur masculinisme? Sûrement pas moi.

Je suis né au seuil du réveil québécois à notre distinction française et à celui du combat des femmes pour leur émancipation humaine, à ce droit de l’égalité des êtres, à l’égalité de ceux qu’on qualifie faussement du « sexe fort ».

Avec le travail acharné de ces suffragettes du début du XXe siècle, de nos Québécoises non moins célèbres comme Madeleine Parent, Simone Monet-Chartrand, Françoise Gaudet-Smith (ou Smet), Françoise David et combien d’autres dans l’ombre comme mon amie Yolande Dupont, secrétaire de la haute direction chez Desjardins, ma grand-mère Aima Duchesne, chapelière de Yamachiche, ma belle-mère Bibiane Milot, agricultrice-maraichère de St-Thomas-de-Caxton, et évidemment ma mère Liliane Carbonneau, musicienne et maître-éducatrice de 5 enfants; ces femmes ont soulevé cette lourde couverture qui cachait leur immense talent et leur grande détermination à réussir leur vie et leur contribution au bonheur et à la prospérité de cette société.

Combien de fois j’ai réalisé que sans leur exemple maternel et humain, je n’aurais pas eu la force de m’actualiser? Ce sont d’elles que nous vient notre force de personne.

Aujourd’hui, grâce à leur audace et la Révolution tranquille, la gent féminine du Québec récolte petit à petit, mais dans l’oubli des doyennes, les fruits de ce difficile travail de s’arracher à cette millénaire servitude aux hommes trop imbus de leur force physique. Les mâles ont de tout temps fait ce triste amalgame que de leur force musculaire, de leurs biceps et leur phallus résultaient la puissance de leur intelligence. Erreur : parallèle insoutenable et non fondé. Lever 150 livres au-dessus de ma tête ne confère pas à celle-ci un QI de 150!

L’autre jour, je me déclarais féministe à une belle jeune et charmante femme; celle-ci s’est empressée de me déclarer fièrement ne pas l’être, car elle était pour que la femme reste à la maison pour éduquer les enfants! « Mais là n’est pas la question, madame : vous pouvez être pour que la femme gère toute la maisonnée, la ribambelle et tout ce qui l’entoure, tout en étant féministe. L’important est que votre conjoint et vous, soyez sur la même égalité de personne quand vient le temps de prendre des décisions sur tout ce qui a trait à cette gestion de la maisonnée. » Être féministe, c’est reconnaître l’égalité entre les femmes et les hommes : fini la soumission de la femme au diktat de l’homme! Être féministe, c’est reconnaître le respect dû à la femme et sa condition d’être; c’est un devoir de l’homme en tout temps et toutes circonstances.

Se déclarer féministe, c’est se responsabiliser comme être humain, c’est se déclarer respectueux de la gent féminine, l’autre moitié de l’humanité. S’il y a un sexe « fort » sur cette planète, ne faudrait-il pas le définir autrement que de la façon dont nous le faisons depuis trop longtemps? Être femme est beaucoup plus complexe et exigeant que d’être un homme. Qui est donc ce « sexe fort » alors?

Un jour, une jeune femme m’interpela : « toi, François Champoux, tu ne sais pas ce que c’est qu’être une femme! Tu ne ressens pas la peur que nous avons lorsque nous osons simplement prendre une marche le soir dans notre quartier! » Elle avait totalement raison : j’ignorais cette peur, j’ignorais ce qu’était être Femme, traitée de haut par les machistes qui ne pensaient qu’à aliéner les fortes personnalités féminines de peur de perdre leur face de monarque parvenu.

Oui, je suis féministe et je le suis à cause de mon père qui a su me donner l’exemple de toujours respecter l’excellent jugement de ma mère. Au fond, l’un et l’autre se complétaient : la somme des parties donnait plus grande que 2. Ils savaient conjuguer leur amour conjugal! « Gagnant-gagnant » diraient certains. Ha! si nous étions tous féministes, quel plaisir, quelle joie nous aurions à vivre!