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Éric Savail, Gilbert Rozon et les autresssss, 20 octobre 2017

octobre 20, 2017

La parole est d’argent, le silence est d’or ! N’est-ce pas que cette maxime a été inventée pour les victimes de harcèlement et d’intimidation au travail ?

À lire ce qu’ont fait les deux hommes du milieu artistique québécois, il semble vrai d’affirmer que tout le monde en parlait, mais tout le monde se taisait devant les titres d’honneur et de pouvoir de ces messieurs, ainsi que devant leur fortune personnelle. Quant aux victimes réelles, elles sont comme en état de contumace, c’est-à-dire qu’on ne les connait pas, mais le fait qu’elles n’osent se montrer, les condamne déjà aux yeux des spectateurs qui voient leurs « grands » être placés au pilori d’horribles accusations de méfaits psychologiques, physiologiques, et même sexuelles. Rappelons-nous que ces victimes auront toujours le fardeau de la preuve et que sans le concours d’une vraie police de la surveillance des mœurs, nul ne pourra échapper aux ogres de la puissance.

Même si des preuves devaient inculper les fortunés, les victimes, elles, seront à jamais blessées, et les cicatrices toujours apparentes ; elles paieront très cher les gestes qu’elles auront subis, ainsi que leurs dénonciations aux yeux de tous contre ces « vedettes » et ces « puissants ». Malheureusement, elles ne sortiront pas grandies de l’abus de pouvoir qui les aura écrasées.

Je connais le domaine du harcèlement, de l’intimidation, de ce que j’ai appelé « la violence morale au travail » ; je l’ai étudié spécifiquement et vécu durant de nombreuses années dans différents milieux de travail. La meilleure solution à cette bêtise des femmes et des hommes de pouvoir demeure celle du maquilleur et coiffeur Marco Berardini : fuir, quitter ces lieux mafieux où tout le monde sait et se tait. Il faut quitter pour « protéger sa santé » m’a déjà avoué une collègue de travail. L’important devient de « savoir s’aimer » avant tout ; elle n’avait pas tort. J’ai alors refoulé ma colère… avant de dénoncer quelques années plus tard, pour payer à mon tour en intimidations et incivilités de tout genre et finalement être congédié « pour cause ». Les astuces des employeurs sont multiples pour se départir de celles et ceux qui ont du caractère, même après plus de 25 ans de loyaux services.

Oui, la violence morale au travail est passée dans les mœurs comme un droit de gérance des responsables hiérarchiques (j’en ai des preuves écrites de personnes qu’on appelle avec révérence MONSIEUR le PRÉSIDENT ou MADAME la PRÉSIDENTE) ; des armées d’avocats sont en attente pour répondre aux commandes des fortunés présidents qui exigeront que ces petites et petits David apprennent à distinguer entre ce droit de gérance et la violence morale au travail. Les preuves n’étant que sur la parole de l’un (Goliath) contre l’autre (David), la justice sera bien vite rendue en faveur du puissant Goliath comme nous l’avons maintes et maintes fois lue dans les journaux.

Mais imaginons que la victime reçoive un gain quelconque avec des preuves accablantes et un montant d’argent (des centaines de milliers de dollars) en dédommagement de tous les tourments endurés ; que croyez-vous que « l’autre » justice dira ? On entendra dire qu’elle a eu ce qu’elle cherchait, et elle sera stigmatisée à jamais auprès des autres employeurs éventuels. Un doute planera sur « l’affaire », et l’agresseur sauvera la face devant de telles accusations plus ou moins fondées ou sinon piégées par une victime qui cherchait la vengeance et l’argent.

L’injustice est universelle et les victimes des hommes et des femmes de pouvoir de ce monde seront toujours les plus faibles : l’humilité n’étant pas la vertu des puissants, elle doit être celle des faibles et ainsi, les sauver. L’éloge de la fuite est d’ores et déjà confirmé.

C’est Madame Brigitte Breton qui a partiellement raison dans son éditorial du 19 octobre 2017 dans « Le Nouvelliste » page 14 :

« … si les présumées victimes doivent recourir aux journalistes pour mettre fin à une situation intenable et aux médias sociaux pour obtenir un “semblant” de justice, on n’a rien gagné. »

et de poursuivre Mme Breton :

«…Le harcèlement continuera de faire des ravages si les gens continuent notamment dans leur milieu de travail de feindre de ne rien voir et de ne rien dire par calcul ou par couardise. …Il faut mettre fin à cette complicité silencieuse et le moyen d’y arriver ne doit pas être de bafouer la présomption d’innocence et de se faire justice soi-même. On ne règle pas un problème ainsi. On le déplace. On risque de détruire injustement des réputations. »

Je dis « partiellement raison », car Mme Breton n’apporte pas de solution ; elle espère que le fait de voir maintenant des hommes dénoncer changera les choses et fera tourner le vent. Elle espère ainsi que les comportements changeront puisque les entreprises veilleront à ne pas ternir leur réputation, personne ne voulant prendre le risque de se voir condamné sans procès…

À vivre d’espérance, il n’y a jamais de réelles actions qui font la différence. J’ai lu de nombreuses politiques de grandes entreprises qui, en réalité, n’ont toujours été que des vœux pieux. Voilà la réalité : de nobles intentions pour seulement bien paraître. Même la loi du Québec (première au monde, dit-on) contre le harcèlement psychologique n’a pas renversé ces soi-disant « droits de gérance » en vrais « abus de pouvoir » et vraies « méthodes d’intimidation » pour faire démissionner et faire partir ailleurs celles et ceux qu’on n’aime plus. Les intimidations et les incivilités sont encore là d’excellents moyens bien connus dans les milieux patronaux pour faire fuir les employés qui dérangent et qui sont protégés par leurs conditions de travail.

Ainsi se vivent des climats de guerre intestine au travail qui durent des mois voire des années avant qu’ils n’éclatent ; c’est alors la destruction de tous, mais surtout des victimes. Ça pourrit les milieux de travail depuis des dizaines d’années (la loi contre le harcèlement psychologique date de 2004), où les faibles doivent péniblement gagner leur pécule. J’ai connu ça pendant des dizaines d’années chez tous mes employeurs, des plus coopératifs aux plus capitalistes ; les mafias ne sont pas toutes italiennes ou russes !

« Chut ! on ne parle pas de ces affaires-là ! »

La justice des hommes sera toujours imparfaite ; c’est pour cela qu’il faut la fuir (malheureusement pour tous), et ce, même si le philosophe Alain nous confirme que « la justice n’existe pas ; c’est pour cela qu’il faut la faire. » Faire la justice, c’est faire l’amour ; ce que les femmes et les hommes n’arrivent jamais à faire adéquatement. Ce serait-là un passage à l’acte qui ferait vraiment tourner le vent de bord. L’art d’aimer en gestion d’entreprise doit s’apprendre. Quand les hommes vivront d’amour, il n’y aura plus de misère… » (Raymond Lévesque).

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De la transparence; 8 octobre 2017 (décembre 2015)

octobre 8, 2017

Bonjour Docteur,

Je fais maintenant partie de la dernière tranche statistique des systèmes de recherche. Je fais tout en mon possible pour ne pas prendre des médicaments, mais j’en prend quand même (un peu)… Je fais tout en mon possible pour faire ma petite course 3 fois par semaine; je vérifie mon alimentation et mon poids tout en trichant de temps à autres, et je vis dans une petite ville qui a tous les services « Santé » (ou presque) à la portée de main. Cependant, je m’entête à les garder loin de moi afin de maintenir ma santé selon ma philosophie de vie, celle de la «  Simplicité volontaire » développée depuis plusieurs décennies ici au Québec par le Docteur Serge Mongeau. Je suis toujours perfectible, mais jamais je ne serai parfait.

Dans une clinique médicale ou une coopérative de santé, si les responsables des services para-santé quittent pour d’autres cieux plus cléments à leurs yeux, ces entreprises survivront sans trop de réels problèmes; mais si ce sont un ou des médecins qui vont voir ailleurs pour une ou des meilleurs conditions de travail (ou pour quelqu’autres raisons que ce soit), la clinique ou la coopérative sera en danger de mort. Rien de moins.

Perdre son meilleur joueur dans n’importe quelle équipe, tue l’âme de celle-ci. Même si nul n’est irremplaçable, il est faux de prétendre que de perdre son âme n’empêche pas la vie de continuer: c’est la mort à plus ou moins brève échéance. D’ailleurs, vous êtes à même de le constater au plan politique: voyez ce qu’il arrive à Option Nationale avec le départ de  M. Jean-Martin Aussant, le leader fondateur…

Ne devient pas «  leader » qui le veut; il faut avoir les talents, les connaissances et la personnalité.

Dans tout projet, l’argent est la ressource « naturelle » et indispensable numéro 1. Je qualifie l’argent de ressource « naturelle » car toutes la nature peut être transformée en fruit financier: l’économie est l’art de répondre de façon « profitable » aux besoins d’une société. C’est la racine grecque du mot qui nous l’apprend. Et le mot « profitable » ne signifie pas seulement au point de vue financier: c’est très souvent au point de vue santé, confort, amélioration de ce qui est, que les «  profits »  s’enregistrent. Mais si Jean Rostand nous met en garde contre les avancées de la science, il nous met en garde aussi contre nous-même et nos cerveaux très puissants d’imagination, de créativité; comme je vous disais, les coopératives de santé sont peut-être la bonne réponse d’aujourd’hui pour donner les bons services et soins de santé aux citoyens du Québec, mais le gouvernement (qui laisse se privatiser à qui mieux-mieux le système d’antan) manque royalement de transparence, financièrement parlant, vis-à-vis les contribuables. Nous sommes les innocents et ignorants de tous les dessous fiscaux et financiers qui assument la facture, laquelle gonfle et gonfle sans que nous sachions vraiment tous les dessous du système et les trucs des acteurs.

Dorimème et Alphonse Desjardins avaient compris ça à la fin du 19e siècle, et c’est par une formule coopérative qu’ils ont répondu aux besoins financiers de leurs concitoyens en prenant bien soin de leur rappeler que c’était par la pratique de la vertu (l’épargne d’argent, dans leur cas) qu’ils obtiendraient les richesses dites «  financières ». En fait, Dorimène et Alphonse n’ont pas inventé la roue; Rockfeller, et combien d’autres, l’avaient aussi compris; la différence avec la coopérative financière de Dorimène et Alphonse Desjardins c’est que l’usufruit de la pratique de la vertu (de l’épargne) et des affaires (business) reviendrait en très bonne partie aux sociétaires membres de la coopérative et non à un capitaliste brillant, entrepreneur et exploiteur. Avec le temps (l’usure du temps), les capitalistes et les coopérateurs sont devenus d’excellents organisateurs de la société, mais un équilibre s’est brisé, car le sytème est devenu vicié, et, disons le, sauvage: le «  jamais assez » , l’insatiabilité a pris le dessus, l’hommerie a surclassée l’humanité. La Commission Charbonneau nous a encore donné un autre exemple où la collusion et la corruption font doucement mais allègrement leur chemin respectif pour soutirer la ressource naturelle la plus importante (l’argent) des nobles projets, laissant ceux-ci à leurs meilleures intentions (mission et objectifs) avec de moins en moins de ressources pour les accomplir. C’est l’histoire du monde.

Le Mouvement Desjardins ne fait pas exception à cette dérive où nous constatons la démesure dans leur propre «  coopérative »; Desjardins n’est plus une coopérative: une oligarchie qui, par une pseudo démocratie, élit ses dirigeants avec souvent moins de 1% de ses membres au scrutin. Pour eux, tous les bénéfices de la coopérative (ou presque) reviennent à la coopérative pour assurer la survie de celle-ci, en prenant soin de bien se rémunérer AVANT: employés (à commission), dirigeants, et haute direction du Mouvement (à commission elle aussi): aujourd’hui, la coopérative financière Desjardins se sert AVANT de servir ses membres. Pour eux maintenant, tous les bénéfices leur reviennent, alors que pour Dorimène et Alphonse, alors que pour un vrai coopérateur, les fruits de la vertu (quelqu’elle soit) doit toujours retomber sur la personne, le coopérateur, le membre, le sociétaire, et de ce fait, sur la collectivité, la société. Parler ainsi aujourd’hui, c’est se déclarer dinosaure, incompétent; ce que je ne suis pas.

Perdre de vue cette très vieille leçon socratique donne inévitablement ces simulacres d’organisation où l’on retrouve des personnes qui, avec le temps, profite du système au détriment des premiers à servir, des premiers à qui doit répondre économiquement parlant, le besoin d’un outil coopératif ou autre. C’est malheureusement la nature humaine de s’en remettre trop à soi: il y a un « jamais assez », une insatiabilité de l’animal humain qui prend le dessus sous plein de considérations, toutes plus ou moins vraies, mais souvent sophistiques et douteuses.

En avril prochain, ça fera 3 ans que notre patron nous n’accordera pas d’augmentation sur nos échelles salariales; Desjardins l’a sûrement inciter à cela car cette coopérative est son financier et sa situation financière est au bord de graves difficultés. Nous n’avons aucun pouvoir de négociation ni de réclamation; nous n’avons qu’à nous taire et à conjuguer avec ça: ce que nous faisons, tout en continuant à gagner notre pécule avec la même qualité de travail à rendre professionnellement à nos clients qui sont aussi des patients. Loin de moi l’idée de me plaindre; je suis suffisamment nanti par la vie pour continuer à vivre heureux malgré cette situation. Cependant, l’injustice est là et est à dénoncer socialement parlant, car tout déséquilibre finit par causer des chutes où les blessures peuvent être majeures et entraîner de graves révoltes. L’Histoire nous l’a tant et tant enseigné.

Le Nouvelliste de Trois-Rivières doit lui aussi chercher à faire naître le débat de société qui pourrait encore s’élever à la suite de votre sortie dans la rubrique « Carrefour des lecteurs »; un regroupement de médecins de Québec (par le Dre Isabelle Leblanc) dénonçait la démesure de vos propres augmentations de salaire (voir page 19 édition de samedi 12 décembre 2015) qui nous fait découvrir des dessous fiscaux douteux sur votre profession. J’ai personnellement dénoncé le salaire de P.K. Subban dans cette même rubrique (carrefour des lecteurs) l’automne dernier: avec ces 9 millions par année, Subban gagne 1,000. $ de l’heure à toutes les heures du jour et de la nuit, 365 jours par année. Ça va lui permettre de faire des dons à Ste-Justine ou ailleurs, mais là n’est pas son rôle de faire le philanthrope ni au Mouvement Desjardins. Les déséquilibrés chanceux se dénoncent eux-mêmes par leur « généreux » dons, mais ça ne rend pas la société plus juste pour autant. et ça ne vous accorde pas les soutiens nécessaires à la pratique de votre métier de soignant des humains.

Le philosophe Alain déclarait: « La justice n’existe pas; c’est pour cela qu’il faut la faire. » Oui, il appartient à chacun de nous de faire la justice par l’entremise de nos élus, nos gouvernements et aussi par notre droit fondamental à la libre expression: sans celle-ci, c’est souvent la dictature comme nous le vivons chez Desjardins: la dictature des plus fortunés.

J’ai souvent l’impression que nous sommes revenus au temps des rois et des cardinaux qui avaient tous les pouvoirs; aujourd’hui, les rois et les princes de l’église sont les financiers, les riches qui imposent leurs vues et visions de ce que doit être la bonne société. Entre un hockeyeur et un médecin, je privilégierai toujours le médecin dans sa rémunération; le malheur c’est qu’avec des salaires de 9 millions par année, on bénit des augmentations dites de « rattrapage » de 40 %  pour justifier de mirifiques salaires aux médecins. Entre un docteur et un éboueur, les écarts salariaux sont énormes; pourtant si l’un et l’autre cessent de nous rendre leur service, la société risque gros en terme de déséquilibre.

Bon; il me faut arrêter ce laïus.

J’ai retracé une petite genèse de notre système de la santé du Québec; je vous la soumets: elle n’est pas la vérité; qu’une réflexion à méditer. (http://lequebecunehistoiredefamille.com/sites/default/files/famille_pdf/10_01_2013/la_castonguette.pdf)

Merci encore de me lire.

« Ce n’est pas des richesses que vient la vertu, mais c’est de la vertu que viennent les richesses et tous les autres biens, pour les particuliers comme pour l’État. »
Platon, «Apologie de Socrate. Criton» Flammarion 1997, p. 109

Adieu Monsieur Drouin, 27 avril 2017

avril 27, 2017

Voici que depuis le décès du conseiller André Drouin d’Hérouxville, « Le Nouvelliste » de Trois-Rivières a jugé pertinent de diffuser des opinions de lecteurs qui veulent ressusciter son discours alarmiste d’antan sur les personnes aux croyances musulmanes. Il faut remercier M. Drouin d’avoir alerté les gouvernements du temps sur le danger que nous avons cru courir avec l’avènement en masse au Québec des femmes voilées et leur conjoint musulman ; il faut cependant constater l’erreur magistrale que nous avons tous commise en croyant que cette alarme était fondée. De vrais Québécois pure laine avaient déjà commis de plus graves attentats que ceux attendus par le port du voile ou celui de la pratique religieuse musulmane.

Je pense que la majorité des Québécois d’aujourd’hui ont reçu cette alarme comme une vraie peur, laquelle s’est révélée complètement fausse. Elle est devenue avec le temps un constat d’erreurs, lequel a permis une meilleure réflexion sur notre éducation tendancieuse reçue. La peur de l’autre avait fait son œuvre et le gouvernement a dû calmer les citoyens mal informés sur des dangers qui étaient complètement inexistants.

Merci à M. Drouin d’avoir alerté les gouvernements du temps, mais ce temps est révolu et les Québécois avisés sont maintenant sous d’autres cieux, plus nuancés, plus colorés, moins sombres. Oui, les gouvernements ont encore été avertis, et nous sommes rassurés de savoir qu’aucune religion ne viendra plus jamais diriger le pays du Québec. Charbonneau et le chef sont bel et bien morts, et les abus de pouvoir réprimés selon nos lois civiles.

La vie de tous les jours bien que jamais facile n’est pas totalement pénible ; elle a son lot de difficultés à conjuguer. La dangerosité de vivre ensemble avec l’étranger que nous sommes tous vis-à-vis de l’autre n’est plus à démontrer, mais elle n’est pas à craindre non plus. Sans risquer cette « dangerosité », aucun chaleureux rayon de vie ne sera possible. Souvenons-nous que nous sommes toutes et tous les artisans de ce bien-vivre ensemble. Cette responsabilité nous incombe à tout instant, peu importe nos croyances religieuses ou non religieuses.

Il faut établir le dialogue nécessaire au respect de chacun ; sans cet effort à bien communiquer, à la recherche de la lumière, nous demeurons dans le noir.

La prudence dans nos propos demeure à cultiver ; c’est là le plus grand enseignement que nous a laissé le conseiller Drouin, et l’Histoire du monde nous a tant enseigné cette vertu de la tolérance et celle du respect.

« Que celui qui n’a jamais péché lui lance la première pierre. »

100 % poussière, 7 mars 2017

mars 7, 2017

Quand il m’arrive de penser aux mystères de la vie et de la mort, je n’oublie pas de me rappeler que je suis poussière et que je retournerai un jour à cet état vulgaire de la matière. Oui, je ne suis que 100 % grossière matière brute, et pourtant, de cet amalgame plus ou moins adéquat, l’esprit de l’humain est reconnu comme pouvant générer une logique des idées menant à mieux, menant à du meilleur.

Il y a un hic cependant : du 100 % poussière que nous sommes, il ne surgit pas nécessairement 100 % de génie, il ne surgit pas 100 % de conscience logique à ces mystères de la vie et de la mort. Nous sommes avec nos capacités intellectuelles à la recherche permanente de la compréhension du tout, laquelle n’est pas 100 % logique ni finie ; si elle l’est, ça dépasse l’entendement.

La découverte de nos limites doit nécessairement nous faire saisir aussi les limites de nos institutions.

La lecture du nouveau code d’appartenance chez une communauté autochtone de la région du Centre-du-Québec m’a fait sourciller et fait faire ce constat déplorable et désolant, mais bien réel que l’exclusion était très vivante en notre pays du Québec et du Canada ; des lois québécoises et canadiennes semblent bénir l’exclusion pour des considérations raciales et de pureté de celle-ci. Ai-je bien lu ? Je le crains. Lisons ce que rapporte le journal « Le Nouvelliste » dans son édition du 6 mars 2017 :

« Radiation de 186 membres de la liste de la communauté autochtone. Le conseil de bande souhaite ainsi préserver les origines génétiques des Abénakis. »

« On regardait la généalogie des membres et on voyait qu’on commençait à diluer beaucoup la race. …l’administration du conseil de bande soutient que le financement accordé par le fédéral était dilué en raison du trop grand nombre de membres non statués. “C’était illogique, car c’était les membres statués qui doivent bénéficier des services” a ajouté le directeur général de Wôlinak. »

De quoi parlons-nous ici ? De traditions et de cultures ou de génétique et de race humaine ? Parlons-nous de diversité et de logique de la nature des femmes et des hommes ou d’une gestion administrative et financière d’une communauté qui craint sa perte d’identité ? Entre le code de vie d’Hérouxville et le code d’appartenance de Wôlinak, vivons-nous une saine humanité de citoyens avides de vivre ensemble et en paix ?

Les sujets de discordes ou de division peuvent se compter par millions : ils sont probablement aussi nombreux qu’il y a d’humains sur la planète, et donc, l’exclusion par les uns et par les autres est un danger qui nous guette tous en tout temps dans nos sociétés et institutions. Rappelons-nous le peuple allemand et sa phobie envers les juifs ; rappelons-nous le Mouvement Desjardins qui instaurait en 2010 deux règlements de régie interne en vue d’exclure celles et ceux qui pouvaient tenir des propos offensants sur Desjardins et ses dirigeants ; pensons à ce Trump qui refait l’histoire par ses décrets présidentiels au nom de la sécurité des citoyens de son pays. Sommes-nous au seuil d’une nouvelle bêtise qui réduira en poussière des millions de victimes innocentes pour strictement rien ?

« L’exclusion est une violence », nous dit Paul Ricœur. Les sociétés québécoises et canadiennes seraient-elles des lieux qui favorisent par ses lois la violence, le racisme, l’eugénisme et la guerre ? Quand l’intransigeance et l’intolérance font loi, la guerre qui tue est latente, même au Québec !

L’obsolescence programmée et les imposteurs, 26 février 2017

février 26, 2017

Je ne sais pas depuis combien d’années l’obsolescence programmée est officiellement connue des critiques économiques, mais je peux citer un texte d’Erich Fromm que je viens de trouver à la bibliothèque lequel a été écrit en 1976 ! Lisons :

« Un grand nombre de phénomènes contemporains, comme la fabrication de produits neufs dont la détérioration est prévue dès l’usine, la production de produits de luxe inutiles, sinon nocifs pour l’acheteur, la divulgation de publicités où se mêlent un peu de vérité et beaucoup de mensonges, fait partie de cet usage du faux pratiqué par notre société, et qui n’est sanctionné que dans les cas extrêmes. La valeur réelle des marchandises est occultée par la valeur que suggèrent la publicité et le nom ou le prestige du fabricant. Comment pourrait-il en être autrement dans le système où la production est asservie au profit, où ce qui compte n’est pas la meilleure utilité pour l’être humain des objets fabriqués, mais le profit maximum que l’on en retire ? »

Ainsi, lorsqu’on paye 1000. $ un produit de « haute » technologie, il faudrait toujours avoir à l’esprit que celui-ci a coûté des vétilles à son fabricant et qu’il a prévu son obsolescence dans souvent moins de cinq ans. Votre argent difficilement gagné et économisé sera ainsi siphonné dans les profits des financiers et compagnies dont la valeur boursière est des plus grandes sur le marché.

L’exploitation de notre crédulité renforce notre illusion à la liberté et au bonheur dans ces choses à gros prix ; lorsque nous constatons la supercherie, la « bébelle » est là, devant nous, quasi inutile, ne donnant presque rien de ses performances publicisées comme le bonheur ou la liberté garantis, et nous constatons trop tard les dommages sur notre compte bancaire et notre indépendance financière.

Écoutons la suite d’Erich Fromm :

« En politique, la grande imposture de notre siècle s’est nettement précisée à travers des événements comme les scandales du Watergate et la conduite de la guerre au Vietnam, avec toutes ses déclarations mensongères sur la “victoire proche”, l’usage ouvert de faux, de reportages falsifiés sur des attaques aériennes, et ce que nous savons de l’imposture politique n’est encore que la partie visible de l’iceberg. »

À lire Fromm de 1976, comment peut-on penser que l’avènement de Donald Trump soit une catastrophe qui s’en vient ? Trump, Trudeau, Harper, Couillard, Chrétien, Bouchard, Landry, etc., sont une suite identique à ces dominos qui ne sont qu’une bande de manipulateurs qui tombent et se remplacent afin de toujours bien exploiter ce que certains appellent la classe moyenne laquelle est en réalité, le peuple entier asservi au dieu « argent  = bonheur ».

Faut-il maintenant laisser ce Trump faire de lui-même un Hitler afin que pour la seconde fois en 70 ans nous répétions « Jamais plus » ?

Pouvons-nous empêcher cette répétition stupide de l’Histoire ? Je pense que oui. Cette façon tient d’abord par ce rappel historique, et, disons-le, millénaire, de notre bêtise à nous croire d’une race supérieure. Quand la réalisera-t-on cette race soi-disant supérieure qui sait aimer son prochain comme soi-même si ce n’est pas maintenant, avant qu’une autre fois, il soit encore trop tard ? C’est maintenant ou jamais. La capacité de l’humain d’apprendre de ses erreurs d’antan doit nécessairement aboutir à ce monde de paix et de respect sinon il faut oublier ce rêve de supériorité : il demeurera faux et illusoire.

L’Agapè, 14 février 2017

février 14, 2017

Il y a une religion que je connais un peu qui prêche l’amour ; elle n’y va pas à moitié ! Cette religion exhorte ses fidèles à aimer même ses ennemis : « Si l’un d’eux vous frappe, présentez-lui l’autre joue », demande-t-elle à ses adeptes.

L’Agapè, cette forme d’amour ultime, « divin » diraient certains, est celui que je qualifie bien humblement de « l’amour des saints ». Il incite chacun à aimer même son ennemi ! Ça dépasse l’entendement, car habituellement, on n’aime pas son ennemi ; on le déteste à vouloir le tuer, à vouloir le faire disparaître.

Une des façons de faire disparaître un ennemi, c’est de l’ignorer ; ça demande de la patience, de la tolérance, ou encore de l’indifférence ou de la retenue. Mais ça pourrait aussi demander de l’attention à celui-ci ; c’est là une forme d’amour : l’Agapè, l’amour des saintes personnes qui osent en donner à ceux qui sont en mal de quelque chose, comme justement, une « attention ».

Donner de l’attention à un ennemi qui vous déteste (et que vous détestez aussi), c’est là faire œuvre d’humanité : c’est l’œuvre qui crée des liens au lieu des guerres. Belle façon de faire disparaître un ennemi !

Les citoyens d’Hérouxville l’on vécut il y a une dizaine d’années lorsque des musulmanes se sont rendues dans leur village mauricien du Québec pour rencontrer celles et ceux qui les dénonçaient comme une tare de la société québécoise. Imaginez si Hitler avait connu l’Agapè envers le peuple juif ! N’eut-il connu que la « Philia » (cet amour de nos proches) que déjà, le monde aurait été bien mieux!

Pourrait-il y avoir encore en 2017 des gestes d’attention envers tout un chacun afin de sauver ce monde et vivre en paix ?

La dénonciation de gestes de violence et d’harcèlement est exigée par nos lois imparfaites pour faire cesser ces manques de respect, ces gestes d’incivilité, ces manques d’amour envers son prochain ; faut-il que cette dénonciation soit faite publiquement ?

Si nous désirons vivre en paix dans ce Québec, rien de mieux que d’apprendre à se parler avec respect, avec cette attention à l’autre qui, comme moi et nos lois, est imparfait. L’utilisation des médias n’est probablement pas la bonne façon de faire. La libre expression, comme nous l’a enseigné le journal « Charlie hebdo », crée souvent violence et viol, plutôt que respect de la différence ; il faut la manipuler avec doigté. L’amour entre 4 yeux c’est plus efficace et ça peut être drôlement agréable ! Enfin, ça peut être moins dangereux, moins meurtrier, plus pacifique.

Vive la paix de l’Agapè !

« Ce serait bien si le désir et la joie suffisaient à l’amour, si l’amour se suffisait à lui-même ! Mais cela n’est pas : parce que nous ne savons guère aimer que nous-mêmes ou nos proches, parce que nos désirs sont égoïstes, presque toujours, enfin parce que nous sommes confrontés non seulement à nos proches, ceux que nous aimons, mais à notre prochain, que nous n’aimons pas. »

« Petit traité des grandes vertus » André Comte-Sponville, PUF/Perspectives Critiques, première édition : janvier 1995, p. 350 – 351

Toujours en réaction aux meurtres sordides du 29 janvier dernier à la mosquée de Québec.

Les financiers dans les écoles du Québec; 13 février 2017

février 13, 2017

Que faisaient les religions dans les écoles du Québec avant 2005 ? Elles faisaient l’endoctrinement des enfants par des dogmes et des commandements de Dieu ou ceux de leurs Églises respectives afin de bien exploiter financièrement la crédulité d’une population prise en otage entre le paradis du ciel et le feu de l’enfer. Aujourd’hui, qui accepterait qu’une autre religion, grande ou petite, vienne faire valoir ses croyances à nos jeunes par le biais de cours dans nos écoles ?

En 2005, le Québec a péniblement « réussi » à sortir les religions des écoles publiques ; il a fallu troquer l’enseignement doctrinal qui envahissait depuis plusieurs décennies les écoles, par un cours appelé « éthique et culture religieuse » (ECR). Celui-ci a pris toute la place autant dans les classes du primaire que du secondaire et ce, pratiquement dans toutes les écoles publiques et privées de la province.

Mais la jeunesse du Québec n’a pas fini de se faire endoctriner par des bien pensants. Voici que la pseudo-coopérative financière Desjardins lance un nouveau concours appelé « Classe à part ». C’est ce que nous annonce un reportage du journal « Le Nouvelliste » de Trois-Rivières, le samedi 11 février dernier. Ce n’est pourtant pas d’hier que Desjardins se fait le maître des financiers dans les écoles du Québec ; il a donné la voie depuis plusieurs décennies alors qu’il devait être le seul financier à prêcher aux Québécois la vertu de l’épargne. Aujourd’hui, Desjardins ne prêche plus rien ; il fait de la publicité et oblige ses adeptes à des forfaits ! Et les banques et compagnies d’assurance ont aussi pris leur place dans ce même créneau lucratif.

Surprenant que cette ingérence des financiers dans le monde de l’éducation au Québec n’alerte pas nos élus. On s’insurge que des pharmacies vendent des cigarettes, que des hôpitaux exploitent la malbouffe, mais on laisse faire les financiers établir leur publicité subliminale auprès des enfants ! Que viennent faire dans les écoles les institutions financières qu’elles soient des pseudo-coopératives, des vraies banques capitalistes ou autres compagnies d’assurance ? Elles ont certainement un intérêt mercantile à venir afficher leur logo aux yeux des enfants. Pourtant, la Loi sur la protection du consommateur interdit la publicité qui s’adresse aux moins de 13 ans.

Desjardins qui s’immisce déjà énormément dans le ministère de la Santé (dons extravagants et démesurés dans les hôpitaux, dons à des cliniques privées sous condition, dons et commandites à des coopératives de santé, etc.) continu son ingérence dans les villes et villages en finançant les écoles par des dons et des concours, sans parler de son nom à inscrire sur des arénas ou amphithéâtres un peu partout en province en contrepartie de beaux billets verts du Canada. Avec l’argent des autres, il est facile de faire des dons pour la communauté : et ça paraît tellement bien aux yeux d’une population crédule et captive qui n’a rien à dire.

Depuis plus de vingt ans, le Mouvement Desjardins est devenu non plus partenaire de ses membres sociétaires, mais bel et bien partenaire du gouvernement du Québec auprès des ministères de la Santé et celui de l’Éducation, et maître des villes et villages. Desjardins n’est plus une coopérative au service de ses membres ; c’est une organisation paragouvernementale au service du communautaire. On a même vu une Caisse inviter des conseillers municipaux d’un village à venir siéger au Conseil d’administration de la Caisse (Caisse Desjardins de Gentilly-Lévrard–Rivière du Chêne).

Cette institution financière est passée en douce du « spirit » du coopératisme, au « spirit » du communisme. Les membres qui étaient la FIN de la coopération de Dorimène et d’Alphonse Desjardins sont devenus un MOYEN du Mouvement et du gouvernement pour financer la Santé, l’Éducation et autres services communautaires.

Comment peut-on accepter ce laxisme néolibéral de l’État du Québec envers ses citoyens et contribuables ? N’y a-t-il pas une limite à se laisser indument exploiter par les financières et leur fausse générosité ? Si ces financiers veulent faire de la publicité avec leur budget démentiel à cette fin, qu’il la fasse en dehors de toutes les écoles du primaire jusqu’à l’université, et surtout pas sous la fausse représentation de dons ou commandites quelconque. Cette façon de faire est abusive de la part de celles et ceux qui possèdent l’argent tant convoité par tous ; l’exploitation de la naïveté des enfants et de leurs mentors est une forme d’escroquerie, une tromperie inacceptable.

Ce n’est pas comme cela qu’on investit dans l’éducation et l’instruction de notre jeunesse. Si l’on veut que nos jeunes apprennent à penser par eux-mêmes et qu’ils développent leur esprit critique et créatif, cessons de les endoctriner à leur insu. C’est là une exploitation éhontée de notre système financier québécois.

Keven O’Leary: 3 février 2017

février 3, 2017

Kevin O’Leary: ou bien une insulte aux musulmans éprouvés à Québec (Canada), ou bien un manque de jugement, ou bien une action totalement innocente; que choisira monsieur O’Leary?

 

Racistes et violents, 31 janvier 2017

janvier 31, 2017

Ces mots en titre doivent être écrits au pluriel.

Beaucoup plus jeune, il m’est arrivé, à ma décontenance, d’entendre de mes concitoyens des propos totalement racistes sur les autochtones du Québec. Plus tard, ce sont des vérités acerbes, mais complètement douteuses que j’ai entendues sur les religions différentes de l’Unique Église catholique de Rome. Il y a à peine dix ans, tous les émigrés de races plus foncées que la mienne faisaient enrager certains des miens ; de voir dans nos rues des couleurs plus opaques que le beige pâle québécois, on se catastrophait même de leurs vêtements pas du tout canadiens ! Et qui ne se souvient pas du drame de la famille Shafia ? Une horreur religieuse et féministe camouflée en crime d’honneur.

En Amérique du Nord, c’est ici au Québec seul, et pas ailleurs, que l’intimidation et le harcèlement psychologique ont tenté d’être réduit à rien par des articles dans la Loi sur les normes du travail : les articles 81.18 à 81.20 et 123.6 à 123.16 disent depuis juin 2004 que nous devons tous, employeurs et employés, faire cesser ça. Pourquoi la province de Québec et ses élus ont-ils jugé nécessaire de condamner ces gestes et paroles de haine sur nos chantiers et lieux de travail ? les droits de l’Homme n’existent-ils pas depuis bien plus longtemps?

Dans ma région mauricienne, j’ai été témoin, jusqu’à tout récemment encore, d’intimidations et de violences morales qui pouvaient tourner facilement au drame n’eut été… N’eut été quoi au juste ?

N’eut été la peur (bien évidemment) de toutes ces petites mafias qui tuent sans remord celles et ceux qui ne se conforment pas à la loi du plus fort. La peur de ces petits et gros caïds du coin, en collet blanc ou en collet bleu, plein de moi et de foin, capables d’imposer la loi de la jungle, leur loi bâtarde du plus fort ou du talion.

Ainsi va le Québec, ce peuple conquis de la Nouvelle-France qui, mené par la peur de l’autre, choisit de l’assassiner par toutes les manières possibles, de l’exclusion du groupe jusqu’à la mort brutale purement et simplement, afin d’affirmer son hégémonie. Que de mieux que d’écraser son prochain pour se rehausser ; quand on est petit, c’est comme ça qu’on devient gros et grand.

Les peuples racistes et violents font de tristes pays où y vivre ; ils pleurent continuellement leurs rêves, car ceux-ci virent continuellement au cauchemar. Il ne peut en être autrement quand on tue nos propres enfants ou qu’on refuse le dialogue.

C’est Albert Camus qui nous rappelle que « la fin ne peut jamais justifier les moyens. En occurrence, le bonheur ne saurait justifier tous les moyens, surtout si ces moyens impliquent le meurtre, l’exclusion radicale de l’autre. Le bonheur, comme art de vivre, est aussi un art de vivre avec les autres ».

Il faut cesser de rêver. Sortons de notre sommeil et bâtissons enfin un Nouveau-Québec, sans complexes, sans mafias, sans peur. Cette construction est urgente, plus urgente que toute autre bâtisse en béton armé.

En tout respect des victimes musulmanes de l’attentat à la grande mosquée de Québec survenu le 29 janvier 2017.

Quel triste moment québécois encore une fois !

 

« La censure a pour objectif d’occulter la vérité; la désinformation va plus loin en la déformant afin de la rendre conforme aux intérêts des gouvernements ou des groupes de pression.

La première oblige l’écrivain à décupler son génie et son imagination pour contourner la censure; la seconde, dans son stade ultime de satanisation, peut pousser certains groupes d’hommes dans une sorte de psychose collective dont le meurtre libérateur semble être la seule issue. »

Négovan Rajic, environ 1996

« La haine du mal même peut rendre les hommes méchants si elle est trop forte, trop dominante, trop seule (pour ainsi parler) parmi nos sentiments. »

Joseph Joubert

De la paille jusqu’au cerveau, 19 décembre 2016

décembre 19, 2016

Nous sommes à la veille d’une fête deux fois millénaires qui nous annonce toujours un sauveur. Mais cette année, pour celles et ceux qui votent encore libéral, il faut savoir qu’il n’y a que de la paille bien tassée dans la tête et le corps de nos élus du gouvernement : il n’y aura aucun sauveur sur notre chemin de Damas ! Arrêtons d’espérer.

Évidemment, nous sommes loin de cette affreuse et ignoble guerre d’Alep en Syrie ; mais il faudrait cesser de croire que les guerres ne se font que loin de chez nous ! C’est souvent surprenant comment des peuples mettent le feu aux poudres sans trop en être conscient.

Chez nous, les guerres se font sous-terre, et la destruction que l’on y fabrique est celle de notre paix des femmes et des hommes de bonne volonté sur cette terre de rivières aux belles eaux gorgées de vie, et celle des humus qui sentent bon les pâturages et les récoltes à venir.

Nos femmes et nos hommes politiques de paille viennent de donner encore une fois notre Terre-Mère québécoise à l’exploitation souterraine des utilisateurs pollueurs non-payeurs. Cette nouvelle loi 106 est une déclaration de guerre de notre gouvernement contre notre terre, nos élus municipaux et ses propriétaires, c’est-à-dire, nous tous, citoyens exploités et honnêtes contribuables. Permettre légalement une exploitation jusqu’à la dernière goutte de toutes les énergies fossiles de la planète, c’est rien de moins qu’attiser et d’enflammer toutes les guerres fratricides de cette terre, toutes les guerres qui décapitent femmes, enfants, familles dans d’épouvantables enfers de guerres meurtrières. Ces guerres ne sont pas de joyeux feux de paille de la Saint-Jean; ils sont l’œuvre de nos épouvantails élus aux sourires angéliques et complaisants, de Julie Boulet jusqu’à Philippe Couillard, en passant par Jean-Denis Girard, Pierre Arcand, Pierre Moreau, Hélène « les doigts dans le nez » David, et bien évidemment, Justin Trudeau aussi beau « cerveau de paille » soit-il.

Ne nous révoltons pas maintenant ; gardons nos énergies humaines pour la guerre qui vient. Notre mort annoncée sera plus héroïque, mais non moins réelle. Trop tard : nos cerveaux de paille du gouvernement élu ont bâillonné notre démocratie qui pourtant criait à tue-tête : « Non ! Ne faites pas ça ; arrêtez les guerres et protégez la paix sur terre des femmes et des hommes de bonne volonté. »

Des cerveaux de paille n’ont ni cœur ni oreilles ; que des sourires qui tuent. Ce sont nos sauveurs, mais des sauveurs-menteurs, femmes et hommes de paille d’une criminalité contre l’humanité à la hausse, organisée partout sur la planète, même ici au Québec et au Canada ! Honte à nos gouvernements complaisants à la mondialisation de la guerre des peuples.