Amira Elghawaby: préjugés ou souvenirs?, 2 février 2023

février 2, 2023

Non, n’allez pas croire que je suis un spécialiste de l’islam ou de n’importe quelle autre religion théiste; je ne suis qu’un citoyen qui a longtemps cru dans les vérités des élites bien-pensantes. 

«Je me souviens» comme la devise du Québec nous le rappelle continuellement, d’un élu d’Hérouxville, André Drouin, par qui tout arriva : une commission Bouchard-Taylor qui a tenté de nous faire comprendre que nous devions respecter les religions malgré leurs abus de toutes sortes sur notre crédulité; cette commission accoucha d’une vérité : en ce début du XXIe siècle, les subordonnés québécois n’aimaient plus se faire dominer par des signes religieux, surtout ceux de la religion islamique et son voile sur la tête des femmes soumises. On a même cru à ce moment-là qu’un signe religieux faisait des sermons comme le faisaient autrefois les prêtres catholiques du haut de la chaire; on a ainsi cru que les petits enfants se faisaient endoctriner à la vue d’une barrette ou d’un voile sur la tête d’un croyant! Comme si les enfants comprenaient tout ça à la seule vue d’un chapeau quelconque! Les croyances sont de toutes sortes.

Après une tentative d’une charte des valeurs par un ministre purement québécois (Bernard Drainville, le pauvre) c’est un autre ministre purement québécois (Simon Jolin-Barrette) qui, du haut de ses compétences législatives, confectionna une loi qu’il baptisa avec excès «Loi de la laïcité du Québec». À la naissance de la loi 21, des Québécois ont dit : «elle ne va pas assez loin», et d’autres, «elle va trop loin»! Qui donc disait vrai? On les a baptisés «extrémistes». La loi était donc loin de faire l’unanimité et de rassembler les citoyens, même les Canadiens.

Aller trop loin ou pas assez : n’était-ce pas ainsi reconnaître en termes de laïcité que les Québécois n’étaient pas rassasiés? Les Québécois en demandaient plus et mieux quant à l’encadrement des religions et des sectes, mais plus particulièrement contre celle de l’islam, religion nouvelle venue dans le paysage du «Québec naissant» après sa Révolution tranquille. Oui, ce nouveau paysage islamique rappelait à certaines femmes et à certains hommes notre endoctrinement d’antan, surtout par la religion catholique. Et ça, les Québécois n’en voulaient plus. Les Québécois avaient-ils inconsciemment versé dans un extrémisme où le respect des croyances n’avait plus aucune place, où le multiculturalisme à la Pierre Elliot-Trudeau, fédéraliste, devait être absolument banni, sans pour autant avoir le courage de voter «oui» à l’indépendance politique de la province?

Le melting pot québécois ne devait pas se faire : c’était le «Nous» intransigeant qui devait continuer de naître.

Nous souffrons beaucoup des religions au Québec comme au Canada, ces nations qui n’en finissent plus de découvrir la tragédie des pensionnats autochtones. Nous souffrons d’une pensée que nous refusons de voir : celle d’espérer notre monde lisse comme une lame de rasoir; nous sommes «rasoir» avec notre peur de l’autre différent de nous. Et donc, nous avons des préjugés qui nous font étiqueter de racistes, d’extrémistes. Pouvons-nous changer ce passé qui nous accable encore?

La vérité ou l’incertitude?, 26 janvier 2023

janvier 26, 2023

Le texte ci-dessous a été publié dans le périodique « Le Simplicitaire » (hiver 2023) du Groupe de simplicité volontaire de Québec.

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J’ai eu la chance l’automne dernier de voir un film japonais (« Drive my car », 2021[« Conduis mon char »], sous-titré en français), lequel film fut inspiré d’une oeuvre théâtrale d’Anton Tchekhov : « Oncle Vania ». Le scénario tourne pendant 2 heures et 59 minutes à savoir s’il est plus terrible de vivre dans l’incertitude ou de connaître la vérité. L’intrigue est fascinante et le film s’est mérité de nombreux prix. 

Ci-dessous la fameuse réplique de Tchekhov qui inspira le film et que j’ai retrouvé dans sa pièce de 1897; Sonia et Éléna discutent à savoir si un homme, qu’elles admirent toutes les deux, est ou n’est pas amoureux de Sonia :

(Sonia à Éléna)

« Tu vas me dire toute la vérité? »

(Éléna à Sonia)

« Oui, bien sûr! Il me semble que la vérité quelle qu’elle soit est quand même moins terrible que l’incertitude. … »

(Sonia à Éléna)

« Oui, oui… Non, l’incertitude, c’est mieux… Au moins, il y a de l’espoir… »

(Éléna à Sonia)

« Quoi? »

(Sonia à Éléna)

« Non, rien. »

« Oncle Vania », 

LesÉditions Leméac Inc., 1983, 

pages  76 et 77

Voilà la question fondamentale : est-ce la vérité ou l’incertitude qui est le plus terrible pour nous, humains de cette planète?

Si nous devions choisir entre la vérité ou l’incertitude, serions-nous « Sonia » ou « Éléna »? Choisirions-nous l’espoir de croire (« Sonia »), ou plutôt la connaissance de la vérité toute crue et cruelle (« Éléna »)?

Ne faut-il pas toujours choisir la vérité quand nous pensons être exploités par nos systèmes économiques, financiers ou spirituels? Ou quand nous cherchons à comprendre des intrigues ou conspirations? Bien sûr, c’est la vérité que nous voulons connaître.

Personne ne veut être dupe, méprisé, ridiculisé, considéré comme un naïf asservi. Personne ne veut être soumis à une autorité qui veut nous dominer pour nous soutirer le fruit de notre labeur quotidien, nos économies difficilement épargnées afin de vivre bien et en toute simplicité.

Dans nos sociétés de consommation où l’opulence favorise seulement quelques privilégiés, il est nécessaire que l’honnêteté de nos élites dirigeantes, en qui nous remettons toute notre confiance, soit la principale qualité reconnue pour être en position de pouvoir. 

« On le sait depuis Montesquieu : 

(c’est une expérience éternelle que) tout homme (ou femme) qui a du pouvoir

 est porté à en abuser; il va jusqu’à ce qu’il trouve des limites. » 

« Sodoma; enquête au coeur du Vatican », 

par Frédéric Martel, 

Éditions Robert Laffont, Paris, 2019

P. 256

Lorsque le peuple découvre des vérités qu’il n’osait croire, quand des publicités enjôleuses enlèvent leur excitant voile pour nous dire « je t’ai bien eu », quand nous devons déchanter face à nos institutions bien-pensantes qui nous garantissaient le paradis terrestre, nous prenons tous conscience alors que c’est l’ignorance qui s’avère le défi à relever dans nos sociétés d’abondance et trop souvent mensongères. 

Jeunes, nous aimions jouer à la cachette et nous nous en amusions; mais rendus adultes, les cachotteries, ce n’est plus drôle : les vérités cachées doivent sortir de l’ombre, sinon notre monde n’est que ténèbres et infernal. Ne l’est-il pas suffisamment déjà sans que des profiteurs exploitent davantage notre crédulité?

La vérité est le corollaire de l’ignorance : c’est à cause de notre ignorance sur tout que nous cherchons toute la vérité, rien que la vérité : par exemple, sur notre santé, sur les mystères de la vie et de la mort, sur la fidélité, sur la souffrance, le pouvoir, l’argent, la violence, sur les belles paroles, sur l’hypocrisie révélée, sur les religions, sur l’amour, la générosité de certains, sur la destruction de notre planète jusqu’à sa disparition, etc.. « L’ignorance est un défaut de connaissance » : il faut  combler ce défaut par une juste recherche de vérité. Oui, c’est un travail éternel…

N’est-ce pas que pour un adepte d’une humanité saine, l’esprit de Tchekhov dans cette interrogation sur la vérité ou l’incertitude doit être primordial et permanent? 

Qu’en pensez-vous?

Même si toute vérité n’est pas bonne à dire, il y a des secrets qui, lorsqu’ils sont découverts, provoquent souvent l’écroulement d’institutions qu’on croyait solides comme le roc.

Notre vieil ami Socrate nous aurait certes confirmé que le plus terrible est de demeurer dans l’ignorance et que pour notre quiétude et notre prospérité, il valait mieux choisir de connaître la vérité malgré tout, et d’ouvrir nos yeux!

C’est vraiment dans notre intérêt premier que nous devons chercher la vérité, sortir de nos incertitudes (ou convictions trop certaines…), et nous interroger sur la nécessité des choses que ce curieux monde d’abondance nous offre.

Personne ne peut ignorer cette vérité millénaire de Socrate qui se savait ignorant! Le tout pour notre simple bonheur quotidien. L’exploitation de notre crédulité doit avoir une fin que seule la raison sait et doit éradiquer.

40 – 55 Trois-Rivières: d’inutiles destructions, 15 janvier 2023

janvier 15, 2023

Quand vous mangez une pomme, vous la détruisez utilement pour votre santé; celles et ceux qui exécutent cette destruction savent combien est utile à leur bien-être cette destruction d’une pomme par jour.

Il y a des destructions utiles et d’autres inutiles, et même complètement aberrantes. Comment faire pour bien juger? Au risque de paraître simpliste ou contradictoire, j’avancerais cette raison-ci : le respect de la vie. Autrement dit, il faut se demander avant (et non après) si ma destruction respecte la vie.

Car sur cette planète-ci, la Terre, la grande distinction cosmique sur des millions d’années-lumière à la ronde, c’est la vie.

Si j’avais un trésor ou simplement un capital vital à protéger, n’est-ce pas que je ne l’exposerais pas telle une proie à saccager? 

Ici, à Trois-Rivières, ça fait des dizaines d’années qu’on prend la Nature (la Terre) au service sans bon sens d’une économie industrielle dévastatrice. 

Madame, monsieur, c’est assez : plus aucune omelette ne justifie de poursuivre ce carnage des terres nourricières qu’on prend pour des oeufs à casser. 

Personnellement, le dernier clou dans ce cercueil de la destruction inutile m’a été révélé par l’édification des logements pour la communauté autochtone près de l’UQTR. Je ne suis pas raciste, dois-je le préciser; tout le contraire. Mais quand on protège et entretient prioritairement un circuit de courses automobiles et qu’on détruit des parcs forestiers comme s’ils étaient une pomme à récolter ou des oeufs à briser, je ne peux me taire contre cette sottise. Une forêt et sa faune, c’est beaucoup plus long à faire revivre. Si seulement elles peuvent avoir la chance de revivre… 

Quand des prétextes tuent la vie à long terme, les prétextes sont tout simplement mauvais, erronés, inacceptables.

Il faut apprendre de nos erreurs, et ce, au-delà de notre orgueil. Reconnaître nos erreurs est grand, car c’est le commencement de la sagesse.

Aucune personne du haut de ses compétences supérieures ne peut justifier par une mode économique quelconque la destruction de la vie! Aucune. Nous avons assez détruit à Trois-Rivières; nous avons assez tué. Il faut cesser de chercher des raisons savantes pour justifier la destruction de la vie. Que nos élus sachent arrêter l’infamie.

Je le répète : on n’est plus au temps révolu de l’acceptabilité sociale de la destruction de la vie : briser la chaîne de la vie sans en assurer sa suite est un non-sens. Pour tout esprit moderne, le temps de la destruction gratuite est plus que périmé.

La vie est sacrée: on ne touche pas au sacré sans commettre une faute grave envers la Nature, laquelle, on le sait, est plus grande et puissante que l’humain.

« Le respect de la vie, c’est le fondement même de l’éthique. »

Albert Schweitzer par Théodore Monod dans : 

« Et si l’aventure humaine devait échouer »

Pages 49 et 50

Editions Grasset et Fasquelle, 2000

Le livre de poche

« Tout le monde sait que Desjardins n’est plus une coopérative! », 6 janvier 2023

janvier 6, 2023

C’est ainsi que m’interpella l’ancienne présidente du conseil d’administration de la Caisse Desjardins de La Tuque. Je fus évidemment surpris d’une telle affirmation!

Oui, tout le monde, sociétaires comme non-membres de Caisses Desjardins mettent aujourd’hui en doute les fondements historiques «coopératifs» des actuelles Caisses Desjardins, depuis la restructuration opérée par Claude Béland et confirmée dans la controverse, le 4 décembre 1999 par un vote de quelques délégués désignés à cette fin, laissant dans l’ignorance et sans voix l’ensemble des 5 millions de membres aptes à voter sur une décision aussi fondamentale et fondatrice.

Mais alors, pourquoi les hautes instances de Desjardins, ainsi que les gouvernements successifs du Québec maintiennent-ils cette «institution bancaire» dans ce flou constitutionnel d’une coopérative qui appartiendrait toujours à ses membres si ce n’est plus vrai depuis plus de 22 ans? 

Dites-moi, Desjardins, dites-moi, M. le président Cormier, êtes-vous ou n’êtes-vous plus une coopérative? Selon vous, dirigeants du Desjardins actuel, êtes-vous toujours une vraie coopérative et pourquoi le seriez-vous toujours?

L’ex-présidente de la Caisse de La Tuque a-t-elle raison ou non? Qui dit vrai?

L’ambiguïté constitutionnelle qui persiste depuis le passage de Claude Béland à la présidence de Desjardins ne devrait-elle pas être finalement et franchement éclaircie? Quel statut les personnes faisant leurs affaires bancaires chez Desjardins doivent-elles porter : membres ou simples clients de banque? Sociétaires ou simples exploités capitalistes? Si Desjardins relève d’une loi provinciale du Québec (L.R.Q., c. C-67.3) portant le nom de «Loi sur les coopératives de services financiers», ne faut-il pas convenir, contrairement aux dires de l’ex-présidente de la Caisse de La Tuque, que Desjardins est toujours une coopérative? 

En ce début de l’année 2023, c’est la question que je soumets au peuple du Québec et ses dirigeants, afin qu’une fois pour toutes, nous sachions officiellement si «oui», chez Desjardins, nous faisons affaire avec une vraie coopérative financière qui appartient à ses membres, ou si c’est «NON».

Personnellement, j’ai plusieurs raisons de penser que Desjardins ne serait plus une coopérative comme l’ont fondé Dorimène et Alphonse Desjardins; Desjardins serait devenu une patente financière «communo-capitaliste» ou une banque «socio-communo-capitaliste» dirigée par une oligarchie avec les pleins pouvoirs décisionnels, soutenue légalement par une Loi provinciale du Québec et son bras de contrôle: l’Autorité des marchés financiers du Québec (AMF). 

Les «membres» ne seraient que des figurants, et leur « assemblée générale annuelle » ne serait qu’« apparence démocratique » n’ayant plus aucune souveraineté légale. Les dirigeants, maintenant grassement rémunérés depuis 2005, assument seuls la direction (référence, une lettre de l’AMF datant du 13 novembre 2014) sous la haute direction de Lévis-Montréal, elle-même mise au pas par les agences de notation financière mondiales. Cette patente «communo-capitaliste» ou cette institution «socio-communo-capitaliste» est au service d’elle-même et du gouvernement du Québec par sa Loi provinciale toujours en force à cette fin.

Le 4 décembre 1999, les membres des Caisses se sont fait « Hara-Kiris » par l’intermédiaire de quelques délégués réunis à cette ultime fin, afin de voter cette nouvelle constitution, cette nouvelle structure décisionnelle qui, aux dires mêmes de son auteur, Claude Béland et son « comité de révision des structures », «plaçaient les intérêts supérieurs du Mouvement Desjardins au-dessus de toute préoccupation et garantissait ainsi l’avenir de Desjardins» (« Desjardins Express » numéro 4, octobre 1999). Claude Béland a ainsi fait passer la propriété de la coopérative de ses membres, vers le C. A. du Mouvement Desjardins. C’est ainsi que l’AMF interpréta la Loi lorsque nous avons cherché à comprendre pourquoi on nous délestait de nos actifs, et pourquoi l’assemblée générale des membres n’était plus souveraine sur les décisions unilatérales des C. A. des Caisses.

Dans les faits, les membres n’ont plus aucun pouvoir s’ils en ont déjà eu! Ils ne le savent pas officiellement, contrairement à la déclaration de l‘ex-présidente de la Caisse de La Tuque, mais ils devraient le savoir officiellement par le Gouvernement du Québec et le Mouvement Desjardins lui-même par la voix de son PDG bien rémunéré, Guy Cormier. 

Qu’en pensez-vous? Savez-vous que Desjardins n’est plus une coopérative qui, légalement parlant, le serait toujours par la « Loi sur les coopératives de services financiers » du Québec, mais dont la propriété et les décisions opérationnelles seraient maintenant assumées par le seul C. A. du Mouvement et non plus par les membres en assemblée générale annuelle?

« L’obligation de subir nous donne le droit de savoir. »

Jean Rostand, biologiste

Desjardins philanthropique; laxisme éhonté de nos institutions?

décembre 29, 2022

L’Autorité des marchés financiers du Québec (l’AMF) ainsi que la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec (CDPDJQ) font-elles preuve d’un laxisme éhonté?

Depuis quelques années, Desjardins a versé dans l’exploitation de la crédulité de ses membres : celle d’un altruisme sans borne! Ainsi, au nom de la coopération envers les nécessiteux du système, Desjardins, nouvelle administration, fait preuve d’une générosité qui dépasse les limites du bon sens avec l’argent qui doit revenir aux membres. Pourquoi?

Le Mouvement Desjardins dans son entièreté devient de plus en plus une organisation philanthropique où les trop-perçus prennent des chemins officieux de l’entraide; dans le système coopératif érigé par Dorimène et Alphonse Desjardins au début du XXe siècle s’est installée graduellement une corruption qui fait de Desjardins une oeuvre de charité pour des organisations économiques qui manquent de liquidités.

C’est une pure perversion du coopératisme envers laquelle il est de plus en plus dangereux de s’offusquer tout simplement parce que plusieurs y trouvent de plus en plus leur intérêt financier personnel! La loi du silence s’installe et un laisser-faire vient empoisonner toute la société.

Je l’ai personnellement expérimenté auprès de mon « Groupe de simplicité volontaire de Québec » (GSVQ) auquel je suis membre en règle depuis février 2020, et qui a bénéficié en 2021-2022 d’une subvention en provenance de la Caisse d’économie solidaire Desjardins (CÉSD). À la suite de ce « don » de la Caisse, et sans que les membres l’apprennent officiellement, la direction du GSVQ a cessé de réclamer la souscription annuelle à ses membres! De plus, une publicité de la Caisse est venue gangrener l’essence de notre organisation au sein même de notre journal semestriel, « Le Simplicitaire »

Il est même possible que des élus de plusieurs niveaux de gouvernance du Québec profitent du « Desjardins philanthropique » : à la MRC de Maskinongé, la direction s’est prêtée à faire la promotion de Desjardins; un doute sérieux s’est installé. D’autant plus que lorsque les citoyens ont exprimé leurs légitimes soupçons, des colères immodérées de la part du préfet ont pu confirmer qu’il y avait là anguille sous roche! Il faut au moins le demander à celles et ceux qui doivent en répondre en toute honnêteté, car ces situations sont absolument inacceptables.

En 2009, l’AMF a été informée de l’utilisation de fiers-à-bras pour intimider les membres à la période de questions lors de l’assemblée générale annuelle de la Caisse Desjardins de Trois-Rivières; l’AMF n’a eu rien à redire à la suite d’une plainte formelle déposée auprès de l’ombudsman du Mouvement Desjardins. Comment interpréter un tel laxisme?

Quelques années plus tard (2018), la CDPDJQ fut expressément informée d’un abus de pouvoir contre la liberté de parole envers les membres des Caisses par les règlements de régie interne (RRI) 4.6 (saine conduite d’un membre) et 4.7 (réprimande, suspension, EXCLUSION). Là aussi, cette commission québécoise n’a rien eu à redire malgré la présentation d’un dossier étoffé. Les banques menacent-elles d’exclusion leurs actionnaires qui posent des questions dérangeantes? 

Le Québec bascule insidieusement dans une corruption systémique alors même que nos institutions démocratiques se taisent lamentablement en face du géant financier Desjardins qui sème la peur et la soumission. Le Québec recule et s’enlise affreusement par ce laxisme éhonté de nos propres élus et dirigeants rémunérés à la surveillance de malversations des sources de fonds de la « coopérative » Desjardins. Notre démocratie devient une autocratie, un totalitarisme, une dictature. 

Les membres Desjardins et les citoyens de toute allégeance sont tenus à un « code de bonne conduite »; il n’est pas question d’en déroger et de mettre en doute ce code : c’est le « faites ce que je dis…, obéissez et taisez-vous»! Oser penser par soi-même est très mal vue. Si quelqu’un ose contester les bonnes intentions de l’altruiste coopérative financière, le courroux des élus autant de la fausse Coop que de nos institutions gouvernementales québécoises saura nous tenir silencieux. La connivence est manifeste, cousue de fil blanc!

Dorimène et Alphonse Desjardins ont été les précurseurs de la Révolution tranquille du Québec;  malheureusement, Claude Béland et ses acolytes de la Fédération des Caisses de Montréal et de l’Ouest du Québec auront défiguré et dénaturé (référence à M. René Croteau, ex-directeur général de la Fédération de Lévis des Caisses populaires Desjardins:  » Un patrimoine coopératif défiguré et dénaturé; le Mouvement Desjardins 1997 – 2003, Éditions MultiMondes) notre plus belle réalisation économique canadienne-française. Les citoyens du Québec sont maintenant à genoux devant ce géant financier, devenu faussement coopératif, altruiste et philanthropique.

Leurrer les peuples, d’une manière ou d’une autre, ne fait qu’un temps : au Québec, l’Église catholique s’est éteinte malgré sa puissance financière et ses cathédrales érigées partout sur son territoire; que deviendra ce Desjardins philanthropique d’ici peu? 

Desjardins: imposition d’un « voeu de silence » aux membres!, 24 décembre 2022

décembre 24, 2022

Depuis 2010, les sociétaires des Caisses Desjardins sont tenus par deux règlements de régie interne (RRI) de la « coopérative » de faire « voeu de silence » vis-à-vis des politiques administratives du Mouvement Desjardins. Voeu d’obéissance quasi dogmatique, les RRI 4.6 et 4.7 imposés par Monique F. Leroux ordonnent aux sociétaires des Caisses de garder leur langue si des politiques de la « coopérative » ne leur plaisent pas. 

C’est par la menace d’exclusion arbitraire et radicale que l’autorité d’une Caisse Desjardins impose ce « voeu de silence » aux membres Desjardins. Les RRI 4.6 et 4.7 mis en force par Monique F. Leroux dans toutes les Caisses Desjardins sont sans appel et exigent que tous les sociétaires obéissent aveuglément à l’autorité.

L’article 4.6 indique explicitement aux membres que leurs critiques vis-à-vis les dirigeants « Desjardins » pourraient être retenues contre eux et considérées comme des « paroles offensantes », entraînant leur exclusion définitive de leur Caisse. Lisons cet article 4.6 :

« Un membre de la Caisse ne doit pas se conduire d’une manière offensante.

Une conduite est considérée comme « offensante » lorsqu’elle se manifeste par des comportements, paroles, actes ou gestes hostiles qui portent atteinte à la dignité ou à l’intégrité psychologique ou physique d’un employé, d’un dirigeant, d’un membre de comité ou d’un membre de la Caisse ou qui sont néfastes à l’environnement dans lequel la Caisse exerce ses activités. »

Avec un tel libellé à l’encontre des membres, la moindre intention de réclamer plus de respect envers la doctrine du coopératisme devient offensante et donc sujette à être considérée comme une conduite qui maltraite la bonté et les bonnes volontés des dirigeants de Desjardins; il n’est plus possible d’oser interroger les décisions des directions sans risquer que la direction brandisse l’article 4.6 des RRI des Caisses Desjardins.

Chez Desjardins on est plus que jamais dans l’infaillibilité papale présidentielle!

C’est donc à leur risque et péril que les membres des Caisses « coopératives » Desjardins osent, depuis 2010 et Monique F. Leroux, dire : « Oh là! Desjardins; tu vas trop loin!» On se croirait sous la tutelle d’un Vatican de la Coopération et de ses points de doctrine considérés comme des vérités absolues et incontestables. 

Dans cette institution de pouvoir, cette maxime de 1748 prend du galon :

« C’est une expérience éternelle que tout homme (ou femme) qui a du pouvoir

 est porté à en abuser; il va jusqu’à ce qu’il trouve des limites. »

« Esprit des lois », 

Charles Louis de Secondat, baron de Montesquieu

Quand lira-t-on une lettre publique d’excuses de la part du gouvernement du Québec ainsi que de l’Autorité des marchés financiers (AMF) du Québec? Si François Legault avait demandé à L’AMF de regarder de plus près ce qui se passait dans cette coopérative financière lors de la vente frauduleuse des renseignements personnels de tous les membres en 2018, c’est peut-être bien le Mouvement Desjardins au complet qui se serait écroulé! Aujourd’hui, le Mouvement est sur des œufs, et sa fragilité est plus que jamais perceptible pour qui sait regarder, lire et écouter les dirigeants qui, par de tels RRI, confirment leur peur de leurs propres membres!

Quelle banque capitaliste menace ses clients et actionnaires d’exclusion? Desjardins: un géant aux pieds d’argile qui craint ses sociétaires comme un enfant qui s’écrase devant son tuteur.

Pour avoir fait de graves erreurs de jugement dans l’évaluation des plaintes des membres des Caisses Desjardins du Québec, pour leur fausse perception de l’oeuvre de Dorimène et Alphonse Desjardins, et pour avoir laissé se dégrader jusqu’à l’abus de pouvoir et financier des présidents, tout le Mouvement Desjardins est aujourd’hui en péril. Il doit déclarer officiellement que depuis Claude Béland et son oeuvre machiavélique achevée le 4 décembre 1999, Desjardins n’est plus une coopérative. 

En réaction au capitalisme sauvage qui submergeait les sociétés réduites à subir la révolution industrielle qui balayait tout sur son passage, l’anarchisme du XIXe siècle a créé le coopératisme, le syndicalisme et tout ce « spirit » du « self-help » d’où viendrait le contre-pouvoir afin de balancer le déséquilibre flagrant qu’imposait le capitalisme vainqueur aux peuples affligés et sans plus réel pouvoir pour faire respecter leurs pénibles conditions humaines .

Le RRI 4.7 de Monique F. Leroux réduit au « Silence pénitentiel » les sociétaires des Caisses : lisons ce second règlement de la honte pour une entreprise qui ose se dire encore une coopérative :

« En cas de non-respect de l’article 4.6, 

le conseil d’administration donne au membre au moins un avertissement verbal ou écrit pour lui permettre de s’amender, sauf si des dérogations répétées ou la gravité de la conduite reprochée justifient le conseil d’agir sans cet avertissement. 

Si le défaut persiste, s’il y a des dérogations répétées ou une inconduite grave, 

le conseil d’administration peut alors suspendre ou exclure le membre en respectant la procédure prévue par la Loi. »

Comment un membre peut-il vraiment se soustraire d’un règlement aussi pervers dans son énoncé?

S’ils n’étaient pas déjà décédés, les fondateurs des Caisses populaires Desjardins auraient certes renié leur oeuvre. L’actuel Mouvement Desjardins est un désastre de coopération et de l’oeuvre coopérative difficilement érigée par Dorimène et Alphonse Desjardins au début du XXe siècle et détruite de main de « maître » par l’avocat Claude Béland et ses acolytes de la Fédération de Montréal et de l’Ouest du Québec durant les années 1990. Tous furent reconnus d’angéliques coopératrices et coopérateurs et leur nom trône tristement sur des édifices du Québec ou ailleurs pour les commémorer.

Je dis « tristement », car l’histoire ne retiendra pas le massacre et les malhonnêtetés intellectuelles et financières perpétuées contre les sociétaires exploités et abusés dans leur crédulité.

Que Desjardins cesse de leurrer le peuple du Québec, qu’il cesse de se dire une « coopérative »  avant que les membres lui infligent par la force des choses de dévoiler la vérité que ni le gouvernement du Québec ni l’Autorité des marchés financiers du Québec n’ont eu le courage de dire à la face des membres, purement exploités et encore endoctrinés dans leur foi d’antan, alors qu’ils n’ont plus un mot à dire sans risquer d’être excommuniés comme de vulgaires mécréants.

Lettre à un ami croyant Desjardins IIe, 18 décembre 2022

décembre 18, 2022

Bonjour cher croyant Desjardins,

Je me dois de revenir sur votre perception de l’oeuvre d’Alphonse Desjardins et son épouse, Dorimène; vous m’écriviez ceci le 15 décembre 2022 :

« Je suis favorable à la coopération comme levier économique des communautés locales et soutien aux familles. C’était la mission de Desjardins au départ. Effectivement, cette mission a été trahie par les successeurs. 

Comment redonner le sens de l’entraide communautaire à la clientèle qui était celle des caisses des origines, qui étaient les Canadiens français, victimes d’une discrimination économique qui avait fait d’eux une communauté de revenus modestes, pour ne pas dire de pauvres. Le mouvement Desjardins a accompli beaucoup dans cette voie, et il a grandement profité de la bienveillance des paroisses et des sous-sols d’église pour ce faire. » 

Je conçois très bien que les Desjardins aient voulu orchestrer un véritable levier économique aux Canadiens français aux prises avec une société qui n’arrivait pas à se moderniser comme le reste des citoyens anglophones de l’Amérique du Nord. 

Mais de là à penser qu’ils ont voulu redonner le sens de l’entraide communautaire, comme si le fait de faire affaire avec la Caisse populaire avait d’abord un sens caritatif, philanthropique, généreux envers toute la communauté, même celles et ceux qui ne croyaient pas en l’oeuvre coopérative du « Commandeur » et qui continuaient à faire leurs affaires bancaires avec les banques à charte fédérale. J’en demeure sceptique. 

J’ai un doute quant à cette orientation prioritaire d’Alphonse Desjardins du fait même des ristournes aux membres (individuelles et non pas collectives) selon l’utilisation qu’en ferait durant l’année financière chaque membre particulier. Je pense que Dorimène et Alphonse Desjardins étaient certes de bons catholiques pratiquants, mais ils savaient aussi que « Charité bien ordonnée commence par soi-même ». 

Il faut se rappeler que pour être membre d’une Caisse populaire, chaque personne devait débourser en « Capital social » le fameux 5,00 $ qui pouvait représenter une somme plus ou moins importante au début du XXe siècle pour chacun des sociétaires; l’investissement de ce 5,00 $ devait rapporter au bout du compte à ceux-là même qui prenait le risque de perdre cet « investissement » au même titre que les capitalistes qui pouvaient investir dans du capital-action d’une entreprise quelconque pour espérer en retirer un profit. Desjardins ne parlait pas des profits de la Caisse, mais bel et bien des trop-perçus financiers, dans ce même esprit capitaliste qui, par l’esprit coopératif de son oeuvre bancaire différente, redonnerait le fruit financier de l’exploitation bancaire des sociétaires à ces sociétaires mêmes de la Caisse. Et non pas à la collectivité directement, mais à la collectivité indirectement. 

Je pose ainsi la question suivante à tous : 

croyez-vous que si Desjardins avait dit à ses contemporains : « Venez déposer vos économies difficilement épargnées à la Caisse populaire et nous redonnerons le RSI (Retour Sur Investissement, votre RSI) à la communauté, à votre paroisse, à votre village, à votre quartier de ville », croyez-vous, dis-je, que les Canadiens français auraient embarqués dans son aventure?

Il y avait des assemblées générales annuelles des membres pour décider du partage des trop-perçus et celui-ci se faisait entre les membres selon leur utilisation de leur coopérative. C’était là la promesse de départ d’Alphonse et de Dorimène Desjardins et c’est parce qu’ils ont tenu leur promesse du partage des trop-perçus avec les sociétaires (les « actionnaires » de la coopérative bancaire) (et non pas avec toute la communauté) que les Desjardins ont connu le succès de leur création coopérative. Il ne faut pas oublier non plus qu’une coopérative est une entreprise démocratique où doivent se décider entre les membres les questions plus spécifiques ou politiques quant à la direction de l’entreprise. 

Une coopérative, contrairement à ce qu’en ont fait Claude Béland et ses amis de Montréal le 4 décembre 1999, n’est pas une entreprise oligarchique ou communiste, où seulement quelques délégués (ou initiés) prennent les décisions fondamentales au nom de tous les investisseurs.

C’est ce que j’ai découvert avec la Caisse d’économie solidaire Desjardins (présidée par Gérald Larose jusqu’en 2020) laquelle remet la totalité du trop-perçu soutiré de l’exploitation de ses 21 000 membres, à seulement quelques « membres-entreprises » choisies par des employés de direction et deux membres du conseil d’administration. En 2021, c’est 1,6 M qui a été ainsi remis à 301 entreprises (dont le journal Le Devoir qui se proclame faussement 100 % indépendant) : ceci représente 1,4 % de tout le «  membership »! Je rappelle que la publicité de Desjardins dit qu’elle a remis des ristournes à 97 % de ses membres!

Il faut donc s’interroger à savoir si les ristournes collectives, les dons, les commandites, les subventions, les argents en provenance de différents fonds constitués pour toutes sortes de bonnes oeuvres, font aussi partie des « ristournes » à des personnes, « OUT » comme « IN », de la coopérative?

Les discours des dirigeants Desjardins sont aujourd’hui d’une telle grandeur d’âme envers le Québec qu’il faut se demander quand donc les sociétaires des Caisses (lesquelles se disent toujours « coopératives ») votent sur ces partages de leurs trop-perçus distribués à tout vent par la direction des Caisses. 

C’est exactement ce que je chercherai à connaître au printemps 2023 à ma Caisse d’économie solidaire Desjardins où j’ai réussi difficilement à devenir membre en avril 2022. On me dit que lors de l’assemblée générale annuelle, les membres votent pour donner au complet leurs ristournes personnelles à quelques « membres-entreprises » considérées « socialement responsables »  selon Gérald Larose qui m’a recommandé de lire l’histoire de cette Caisse en 2020 (ce que j’ai fait en partie). 

J’espère pouvoir participer en personne à cette assemblée générale si la direction de la Caisse ne m’exclut pas avant par ses règlements de régie interne 4.6 (saine conduite d’un membre) et 4.7 (réprimande, suspension, EXCLUSION), règlements implantés dans toutes les Caisses par Monique F. Leroux en 2010. Depuis 2011, j’ai été exclu 6 fois en 8 ans des Caisses où j’étais membre depuis des décennies pour avoir prononcé des « paroles offensantes » envers Desjardins et ses dirigeants! Ma faute : avoir posé des questions dérangeantes à mes dirigeants en assemblée générale annuelle. Exemple de questions dérangeantes : quelle est la rémunération de mes dirigeants? Elle était de 150. $/l’heure en 2015; depuis cette réponse obtenue du président de la Caisse Godefroy (Centre-du-Québec), il ne m’est plus possible d’obtenir l’heure juste sur cette rémunération : l’information est maintenant bien cachée.

L’altruisme a ses limites; même Mère Teresa sait ça! Et l’altruisme avec l’argent des autres a des limites très basses, plutôt parcimonieuses pour ne pas dire absolument inexistantes.

Pour faire la charité avec l’argent qui ne nous appartient pas, toute organisation doit obtenir l’assentiment officiel de ses membres (ses concitoyens) : assentiment officiel en ce sens que celui-ci est obtenu après délibérations et explications complètes et détaillées auprès des pourvoyeurs des fonds. Rien de moins. Si ce n’est pas ça, si c’est comme Desjardins se permet de le faire présentement et comme nous en sommes toutes et tous témoins, c’est un abus de pouvoir flagrant et dégradant, c’est un vrai vol, une défalcation au grand jour sous des représentations fallacieuses et des manoeuvres politiques faussement démocratiques auprès de pratiquement moins de 1 à 2 % des membres des Caisses (en assemblée générale annuelle), propriétaires de la coopérative financière. 

Desjardins n’est pas une entreprise de charité; Desjardins n’est pas un gouvernement régional qui distribue la récolte de ses taxes et impôts aux plus nécessiteux ou pour la collectivité.

Comme sociétaires des coopératives financières Desjardins, nous sommes endoctrinés à la bonté débordante de certains dirigeants « altruistes », lesquels, trop souvent, ont pris soin préalablement d’amplement se rémunérer avant d’être véritablement généreux envers tout le monde… toujours avec l’argent des membres!

Je n’ai pas la prétention de tout savoir, mais je pense que chercher à comprendre l’actuelle déviation des fondements mêmes du coopératisme d’antan doit s’expliquer. Pourquoi Desjardins est-il devenu comme un autre bras financier du Québec (comme Hydro-Québec et Loto-Québec) et non plus une coopérative au service prioritaire de ses membres?

N’hésitez pas à me relancer, car il m’apparaît prioritaire de clarifier les fondements du coopératisme et ce qu’en font actuellement (depuis les errements de Claude Béland) les dirigeants grassement rémunérés par cette institution devenue plus communiste et communo-capitaliste que réellement une coopérative, propriété de ses sociétaires.

Francois Champoux, Trois-Rivières

Réponse du croyant Desjardins II :

Bonjour M. Champoux, 

Merci pour votre nouveau courriel. Je suis allé voir votre WordPress aussi. Votre maîtrise du sujet avec votre analyse et votre description de l’évolution et des enjeux est impressionnante. Peu de gens ont quelque chose à dire aujourd’hui sur le mouvement Desjardins qui dépasse les généralités, vous vous démarquez nettement, il me semble. Je vais prendre le temps de me familiariser un peu plus avec vos écrits avant de vous revenir. 

Bonne journée

Desjardins inc.; l’imposition de la coopération: une grave erreur idéologique de Claude Béland, 12 décembre 2022

décembre 12, 2022

Le Mouvement Desjardins fait maintenant la charité aux collectivités! Quelle grandeur d’âme cette « banque »! Évidemment, par cette « générosité » grandiloquente avec l’argent des membres, les dirigeants se gonflent le torse après s’être amplement rémunérés. 

C’est en 2015 que le responsable des communications chez Desjardins, André Chapleau, fit l’annonce que l’institution financière (qui se dit « coopérative ») pouvait dorénavant faire des ristournes collectives! Ainsi, les dons, commandites, subventions et fonds financiers de tous genres prirent officiellement racine au mépris des membres qui n’avaient pas un mot à dire. Seuls les conseils d’administration des « succursales » locales devinrent les titulaires des trop-perçus qui appartenaient antérieurement aux sociétaires. Par une douteuse manoeuvre politique, le fruit de l’exploitation des sociétaires (partage des trop-perçus) passa des mains de l’Assemblée générale annuelle des membres aux dirigeants seuls du Conseil d’administration. 

Même le président Cormier, lors de sa nomination en 2016, osa s’octroyer la modique somme de 100 millions des trop-perçus soutirés aux membres exploités, pour les distribuer comme ça, comme bon lui semblait, à celles et ceux qui en demandaient et qu’il jugeait nécessaire de privilégier.

Desjardins est ainsi devenu une patente « communo-capitaliste philanthropique » sous la fausse étiquette de « coopérative » imposée. Pire, le Mouvement Desjardins devient un autre bras financier du gouvernement du Québec tout comme Loto-Québec et Hydo-Québec. Desjardins se croit propriété du gouvernement et complice de ses politiques alors que Dorimène et Alphonse Desjardins avaient créé des coopératives d’épargne et de crédit qui appartenaient aux sociétaires et à eux seuls : les conseils d’administration de chaque Caisse étaient les fiduciaires des trop-perçus soutirés des membres, et à leur remettre à eux seuls, les utilisateurs de leur coopérative financière.

Est-ce que Desjardins est une autre Hydro-Québec? Non.

Est-ce que Desjardins est une autre Loto-Québec? Non. 

Si Desjardins est la banque du Québec au profit du gouvernement du Québec et des citoyens clients des banques à charte fédérale capitalistes, alors que ses dirigeants le disent et que cesse l’arnaque sous toutes sortes de fausses représentions « coopératives » au service de ses membres. Donner des ristournes collectives, ce n’est pas être au service des membres des Caisses Desjardins.

Si c’est le gouvernement qui dirige Desjardins, si ce sont les agences de notations européennes et américaines de la finance mondiale qui imposent leurs vues à Desjardins, qu’on cesse le leurrer les membres avec des assemblées générales annuelles bidons où il n’y a là qu’une démocratie de surface et où les membres ne décident strictement rien.

Le Mouvement Desjardins est devenu une Église, une religion qui impose ses dogmes au peuple asservit contrairement à une coopérative qui propose son idéologie et son Retour sur Investissement (RSI) aux sociétaires à servir. C’est ça une coopérative; rien de plus, rien de moins.

Ce n’est pas aux collectivités que Desjardins est redevable, mais à ses membres.

Quand on impose la solidarité aux sociétaires comme Claude Béland l’a constitué à la fin de son règne, on fait oeuvre de violence idéologique, on fait oeuvre de viol du coopératisme, on fait oeuvre de dictature communiste. Le coopératisme n’est pas le communisme. Le coopératisme se propose; jamais il ne s’impose envers qui que ce soit. Quand on propose la coopération, on invite chacune et chacun au partage, au donnant-donnant, et au respect de tout un chacun : on ne parle plus d’exploitation de la crédulité, mais du respect des personnes, de toutes les personnes dans leur intérêt premier et mutuel à la coopérative.

Claude Béland a exigé l’adaptation au communo-capitalisme par cette « solidarité imposée », en qualifiant la philosophie de gestion coopérative de Dorimène et Alphonse Desjardins de désuète à l’aube du XXIe siècle (voir son autobiographie pages 143 à 149); ce n’était rien de moins que l’abandon et le rejet du génie des fondateurs par un vulgaire retour au capitalisme sauvage et régnant du XIXe siècle, couplé à ce communisme dictatorial naissant de ce même siècle. Avec Claude Béland, ce fut le retour au règne de l’oligarchie au détriment de la démocratie des coopératives.

L’actuel Mouvement Desjardins est l’oeuvre de Claude Béland et de sa puissante clique montréalaise dirigée par Guy Bernier, président d’alors de la Fédération des Caisses populaires Desjardins de Montréal et de l’Ouest du Québec. Claude Béland fut reconnu le « pape » de la coopération, mais il en était totalement incompétent; sa force résidait dans ce don de la parole d’un Maître avocat, un vrai « preacher » des temps modernes. Il savait endoctriner et les dirigeants crédules s’abreuvaient de ses beaux sermons; ils ont eu une foi aveugle en son charisme, son sourire légendaire et sa fausse infaillibilité présidentielle.

Ce fut le commencement de la fin des Caisses populaires : Claude Béland confirma le tout en octobre 1999 par cette malheureuse déclaration lourde de sens : 

« … j’ai plus que jamais confiance en l’avenir du Mouvement Desjardins.

 … Les membres du Comité [révision des structures] ont placé 

l’intérêt supérieur du Mouvement Desjardins au-dessus de toute préoccupation. » 

Entrevue de Claude Béland 

accordée à Pierre Goulet,

pour « Desjardins express » numéro 4, octobre 1999

Quand une religion se mêle de faire de la politique, c’est l’annonce d’une catastrophe sociale, une nation asservie et dominée par une curie impropre à une saine évolution de société humaine. De même pour une institution financière d’épargne et de crédit : il ne lui appartient pas du tout de faire de la politique et d’être un gouvernement qui dirige le peuple. Ce n’est absolument pas son rôle ni de ses prérogatives, que cette institution soit sous gestion capitaliste, communiste, communo-capitaliste ou coopérative, si ce n’est que dans une participation parcimonieuse: l’argent des membres doit revenir directement aux membres pour leur utilisation de leur coopérative.

Tout comme la religion catholique, le Mouvement Desjardins s’enfonce, depuis Claude Béland, dans ses mensonges tout en essayant de ne pas dénier sa philosophie de gestion coopérative. Desjardins doit cesser de mentir aux sociétaires, à ses membres maintenant devenus de simples clients à exploiter depuis le « virage vente » et les bonis au rendement payés aux employés, le tout initié par Claude Béland durant sa présidence. 

Les membres sont sous pression d’exploitation, pire que des clients de banque, asservis à des « succursales » qui ne sont plus des Caisses populaires, lesquelles sont maintenant toutes dirigées par le siège social DESJARDINS de Lévis-Montréal, lui-même assujetti aux agences de notation financière européennes et américaines. Voilà la réalité « Desjardins » depuis Claude Béland. L’ambition de croissance a fait périr son maître.

L’hypocrisie atteint son comble lorsque l’Autorité des marchés financiers écrit des opinions laxistes pour sauver la face à cette fausse coopérative qui ne sert plus que les « intérêts supérieurs » du Mouvement Desjardins et ses richissimes dirigeants, ces nantis du pouvoir qui prime sur le droit des sociétaires, lesquels ont été lessivés de leur propriété coopérative par Claude Béland et quelques délégués candides le 4 décembre 1999.

Il faut que cesse ce dénie et ces mensonges avant qu’une catastrophe de type « course au guichet » ne survienne comme le Québec l’a connu auprès des défuntes Caisses d’Entraide Économique au milieu des années 1980. La digue autoritaire ne résistera pas indéfiniment devant les mensonges : comme dans toute entreprise qui triche sa clientèle, la confiance s’écroulera et cédera à jamais. L’exemple de l’effondrement de l’Église catholique au Québec doit nous enseigner tout comme celle des Caisses d’Entraide Économique.

L’actuelle peur que témoigne le Mouvement Desjardins vis-à-vis ses propres membres en les menaçant d’exclusion par les règlements de régie interne (RRI) 4.6 (saine conduite d’un membre) et 4.7 (réprimande, suspension et EXCLUSION), nous démontre l’insécurité que la nouvelle constitution bélandiste du 4 décembre 1999 a fait naître au sein même da la direction des Caisses et dans toute cette institution en perdition de l’esprit de coopération. C’est là une profanation et un saccage inacceptable et complètement en dehors d’une logique de coopération et de celle de l’idéologie du coopératisme. La coopérative est ouverte à toutes et à tous nous dit Desjardins!

Claude Béland a été l’instrument du capitalisme vainqueur et celui des dirigeants capitalistes du Mouvement Desjardins; l’actuelle dégénérescence de l’oeuvre de Dorimène et Alphonse Desjardins est une preuve flagrante de la déroute de l’esprit de coopération qui ne sert plus du tout ses membres prioritairement, mais bel et bien les seuls intérêts de DESJARDINS inc.!

Lettre à un ami croyant Desjardins, 12 décembre 2022

décembre 12, 2022

Lettre à un ami croyant Desjardins

Trois-Rivières, 7 décembre 2022

Bonjour mon ami, ainsi qu’à ta conjointe,

Ce fut une belle rencontre hier soir, et j’ai retenu avec beaucoup d’intérêt les témoignages que vous m’avez faits à la suite de votre expérience « coopérative » dans votre ville natale : 5 institutions financières qui vivaient dans une petite ville d’au plus 15 000 habitants, c’était là révélateur d’une richesse financière débordante…

L’histoire de la Caisse d’Entraide Économique (CEE) fut certainement prémonitoire. Avant elle, Desjardins s’en tenait à un pourcentage de 3 % en réserve maximum pour garantir les dépôts des membres. Je ne sais pas à quel pourcentage s’en tenaient les banques à charte fédérale. Au Québec, c’était la règle, celle que j’ai connue lorsque j’ai commencé à travailler pour Desjardins en 1974. Mais avec cette catastrophe de la CEE, celle-ci grimpa à 5 % des épargnes si ma mémoire est bonne (elle peut faillir…). Mais les agences de notation internationales ne voyaient pas ça de la même façon et Desjardins qui voulait prendre de l’expansion en crédit commercial, a dû se mettre à genou devant ces décideurs financiers européens et américains : les membres devinrent les seconds, les très seconds. Le pourcentage grimpa à 8 % du crédit aux « clients » non garanti. Aujourd’hui, je ne sais plus à quel pourcentage les règlements se jouent. D’ailleurs, on n’entend plus parler de ça lors des Assemblées générales annuelles (AGA). Ça devrait être tout le contraire : on devrait connaître si notre Caisse répond aux normes ou non. Mais il semble que selon la logique financière de maintenant, c’est le Mouvement qui doit répondre de la norme et non plus chaque Caisse. Probablement parce que les Caisses ne sont plus des entités administratives autonomes comme l’a voulu Alphonse Desjardins et que depuis le 4 décembre 1999 (et Claude Béland), les Caisses et Desjardins ne sont plus des coopératives. Avec Claude Béland, ce fut un virage à 180 degrés : du coopératisme au capitalisme, de 1325 Caisses autonomes à moins de 225 environ au Québec ET EN ONTARIO (nous dit la publicité)!

Mais il y a plus que le « non dit » ou les mensonges (c’est selon); il semble que depuis le 4 décembre 1999, les AGA sont de pures mises en scène factices, laissant croire aux membres qu’ils peuvent décider du partage des trop-perçus et d’autres politiques administratives. Même l’Autorité des marchés financiers du Québec (AMF) tente tant bien que mal de maintenir la tradition, mais elle n’y arrive maintenant qu’en menaçant de poursuites judiciaires si divulgation de ses positions de contrôle! C’est ce que j’ai vécu il y a environ un an lorsque je lui ai demandé de m’expliquer pourquoi la Loi sur les coopératives de services financiers du Québec parlait toujours du Conseil de surveillance élu, alors que le siège social de Desjardins l’avait dissous.

Avec la CAQ de François Legault, gouvernement très complaisant au Mouvement Desjardins (il n’a même pas sermonné Desjardins lors de la vente frauduleuse des renseignements personnels de tous les membres en 2018), il faut s’attendre à bien des manoeuvres bizarres de Desjardins.

Par exemple, le financement des journaux au Québec, organes de la démocratie dit-on (mon oeil). Les journaux du Groupe Capitales Média (Le Nouvelliste, Le Soleil, Le Droit, La Tribune, etc.), La Presse et maintenant, Le Devoir, ne sont pas indépendants de Desjardins; autrefois, je pouvais faire publier des opinions sur Desjardins; plus maintenant. Ni au Devoir, lequel reçoit des fonds de la Caisse d’économie solidaire Desjardins, présidée jusqu’en 2020 par Gérald Larose. T’ai-je déjà invité à lire sur mon blogue le titre suivant : « Gérald Larose répond OUI aux ristournes collectives : le néo « coopératisme » Desjardins, 18 janvier 2021 »? Comme le disait ta conjointe, « Tout le monde le devine que Desjardins n’est plus une coopérative. » Il semble effectivement que seul Desjardins y croit encore afin de se servir de cette caractéristique historique pour continuer à leurrer le peuple qui ignore les dessous « bélandistes » de la fin du dernier siècle. 

Ce que vous avez connu dans votre ville natale avec la CEE fut ce que l’histoire a connu à plusieurs reprises à cause des mensonges des dirigeants de banque : des « Bank run »  ou « panique bancaire » ou ce que nous parle Wikipédia, « course aux guichets » (premiers arrivés, premiers servis jusqu’à épuisement des fonds) Desjardins a réussi à l’éviter tout au long du 20e siècle grâce à sa logique de gestion coopérative : les ristournes (Retour sur investissement : « RSI » financier capitaliste) furent au rendez-vous pour les membres. Certaines caisses audacieuses dans leur gestion trop libre ont failli y passer (ex. : Caisse Ste-Madeleine au Cap-de-la-Madeleine), mais l’expérience de dirigeants visionnaires évita le pire à ces Caisses et leurs dirigeants profiteurs et trop ambitieux.

J’ai réussi difficilement à ouvrir un compte à la Caisse d’économie solidaire Desjardins de Québec (CÉSD) en avril 2021. J’assisterai à leur AGA au printemps 2023 si la direction de la Caisse ne m’exclut pas avant, par l’entremise de ses règlements de régie interne (RRI) 4.6 (saine conduite d’un membre) et 4.7 (réprimande, suspension, EXCLUSION) mise en force par Monique F. Leroux en 2010 dans toutes les Caisses. Des RRI bien commodes pour faire taire. J’ai posé des questions en octobre à la direction lors d’une rencontre virtuelle initiée par la Caisse visant à mettre à jour ce qu’elle appelle le « projet coopératif » de la Caisse : la Caisse, par une manœuvre administrative que je veux connaître le « Comment », soustrait les ristournes individuelles à tous ses membres (21 000) pour les remettre en totalité à quelques membres privilégiés (environ 300 « membres entreprises » par année) qu’elle qualifie de « socialement responsables », dont « Le Devoir » lequel ose toujours se qualifier de 100 % indépendant! Mensonge.

À la CÉSD, la ristourne se distribue 4 à 5 fois par année : quand donc les membres votent-ils ces projets de partages à qui en demande en remplissant un simple formulaire à cette fin? 

Je ne cache pas que j’ai besoin d’aide pour confronter Desjardins et ses manigances dites « coopératives ». Lorsqu’une amie nous a témoigné ne pas recevoir de ristournes depuis plusieurs années, je pense comprendre que la manoeuvre de ma CÉSD est la même qu’à sa Caisse d’économie. 

Alphonse Desjardins n’a pas créé une entreprise de charité; à la fin du XIXe siècle, le capitalisme était sauvage et les conditions pour créer une Caisse populaire n’étaient certes pas plus faciles qu’en ce début du XXIe siècle; le génie de Dorimène et Alphonse Desjardins a fait que Desjardins n’a pas connu de «  Bank run » parce qu’il a toujours joué franc jeu avec les membres. Mais aujourd’hui, Desjardins ne joue plus franc jeu : il joue avec le feu! Toutes ces manigances doivent cesser, tous ces dons, ces commandites, ces subventions avant l’heure des projets de partage, car l’argent distribué à gauche et à droite, par en dessous et par-dessus la volonté des membres, cet argent, dis-je, appartient aux membres si Desjardins est toujours comme il le dit une « coopérative ». Sinon, qu’il cesse de se dire « coopérative », qu’il se déclare la banque du gouvernement du Québec au service des communautés, des municipalités et des ministères (SANTÉ, ÉDUCATION, MUNICIPALITÉS) du Québec. Là, nous comprendrons ses mensonges, manigances et entourloupettes financières.

En toute amitié,

François Champoux

La loi du silence, encore elle, 4 décembre 2022

décembre 4, 2022

Voilà une expression dont nous avons toujours cru qu’elle appartenait au milieu du crime organisé; erreur. La loi du silence est notre patrimoine humanitaire à tous! C’est l’hypocrisie humaine institutionnalisée par des autorités, par des « grands » de notre monde religieux, économique, financier, envers qui nous exprimons beaucoup de respect, lesquels sont trop souvent plus petits que nous. La loi du silence, c’est l’antithèse de toutes les vertus: c’est l’art de regarder ailleurs quand il faudrait dévisager et questionner.

Aujourd’hui, des noms sortent, des personnes qui représentaient la dignité, la noblesse, l’autorité ultime; des religieux qui ont consacré leur vie à ce Dieu de bonté. La nature humaine n’est pas meilleure que la bête qui l’habite.

Et surtout, ces personnes étaient les représentants des institutions qui consacraient leur supériorité et donc, l’autorité qu’ils personnifiaient. Il nous fallait toujours la respecter cette autorité, sans faillir sinon… Ils étaient le bon Dieu en personne, et la menace de l’enfer nous guettait si…

Ces personnes étaient l’autorité du monde et ils exigeaient, à leur tour, la vérité, toute la vérité, rien que la vérité! Le confessionnal était là à cette fin. Mais leur vérité à eux était hélas, bien cachée.

L’Humain ne connaît pas la vérité et aucune autorité ne peut ordonner la vérité absolue, tout en pratiquant cette loi du silence. Par chance, on n’est plus au temps des placards: l’orientation sexuelle est de nature; ce qui ne l’est pas c’est l’abus sexuel envers des êtres vulnérables.

Aujourd’hui, des sommités religieuses sont détrônées avec raison de leur piédestal : elles ont commis ces péchés mortels de l’impureté sur de jeunes âmes dont elles ont floué et brisé leur innocente jeunesse : ces sommités ne le sont plus; leur réputation est à jamais entachée : elles redeviennent de simples mortels et pécheurs comme nous tous. Abusées furent-elles (peut-être), elles n’ont su se retenir. Abuser de la vulnérabilité; n’est-ce pas ce qu’il y a de plus faible; abus sexuels sur des mineurs, incestes sur de jeunes filles sans défense, racisme systémique envers les « autres », foi absolue envers les détenteurs du pouvoir, le tout souvent au mépris de la vie même (suicide). Nous sommes devant un retour à notre nature humaine, la faillible, l’animale.

Le miroir nous est tous remis en pleine figure! Nous devons tous passer au confessionnal de l’humanité et reconnaître nos mea culpa; mais encore plus : toutes ces institutions qui, de la hauteur de leur fausse « grandeur », nous ont enseigné le bien en commettant le mal par leur pouvoir suprême, doivent, plus que jamais, faire oeuvre d’humilité, reconnaître leur faute grave et réparer.

« Se tromper est humain, 

persister dans son erreur est diabolique »

Saint-Augustin d’Hippone, 

Docteur de l’Église

On ne peut certes pas accuser tous les membres d’une institution, mais l’institution, oui. C’est elle qui place au-dessus de tout soupçon tous ses membres et qui les place en situation d’autorité absolue. Il y a des limites à ne pas franchir et il y a des limites à la crédulité; la culture du secret doit être dénoncée de toute institution. La confiance est rompue à jamais.

Ce sont les institutions qui doivent maintenant répondre devant les hommes de leur Credo et de leurs mensonges; quant aux personnes fautives, elles doivent faire face à la justice des hommes, l’imparfaite, comme toutes les « grandes » institutions du monde, surtout les « grandes » ou celles qui se prétendent comme telles. La grandeur, si elle existe, c’est dans l’humilité qu’elle doit se réaliser.