Avons-nous le droit d’être hors-la-loi?, 22 février 2020

février 23, 2020

« La Justice n’existe pas; c’est pour cela qu’il faut la faire » (Alain, philosophe).

Qu’est-ce que l’honnêteté? Les délinquants n’ont pas tous 18 ans, mais ils ont tous besoin d’aide. La malhonnêteté vient aussi de nos édiles, des adultes qu’on dit matures. Certains communiquent avec les journaux et les policiers lesquels se prêtent aux fantasmes des puissants, et tous s’amusent aux frais des contribuables.

Ils nous démontrent par l’absurde que nous avons le droit d’être hors-la-loi. Peu importe ce qu’ont coûté aux citoyens les niaiseries d’un maire bouffon, celui-ci nous dira certes que le blocus des autochtones coûte beaucoup plus cher que le sien. Mais le maire farceur a-t-il compté combien coûtent les pollutions des sables bitumineux, des énergies extractives et le système capitaliste?

L’actuelle crise nous interpelle toutes et tous et remet totalement en question notre civilisation, son mode de vie et de gouvernance par la force. Jusqu’où chacun de nous pouvons-nous aller dans l’irrespect des lois? La désobéissance à la loi peut-elle s’exercer? Pouvons-nous le faire de bonne ou de mauvaise foi, individuellement ou en groupe? Qui peut honnêtement dire qu’il n’a jamais désobéi à la loi? Qui? Que celui qui n’a jamais péché lui tire la première pierre.

Être hors-la-loi par intérêt égoïste serait vilain et répréhensible; et pourtant, nous le sommes tous pour cette seule raison, et la loi nous condamne dès que sa force constabulaire nous y prend. Mais être hors-la-loi pour des considérations altruistes, n’est-ce pas ainsi que notre monde s’est aussi bâti? Que penser de la dénaturation complète du coopératisme qu’ont réussi à ériger Claude Béland et le Mouvement Desjardins? Un vol bien orchestré de l’œuvre humaniste et anarchiste de Dorimène et Alphonse Desjardins.

Les manifestations pacifiques contre des injustices, des abus de pouvoir ou des actions inciviles de certains profiteurs ont fini par nous les faire reconnaître. Elles avaient été nécessaires et hors-la-loi pour nous sensibiliser au bon sens et à la retenue. Ce n’est pas facile de garder l’équilibre; celui-ci est toujours instable. C’est l’abus qui nous fait chuter.

Le capitalisme sauvage détruit la planète depuis plus de 250 ans par ses démesures de tout acabit, et aucune infraction n’est imposée par les puissants qui laissent de plus en plus tout faire. On déréglemente pour les amis du pouvoir et leur liberté d’exploitation débridée, mais on condamne le peuple asservi.

Quand la crise sera terminée, l’autre crise se poursuivra en silence pour ne pas nous réveiller. Et les bouffons, puissants de leurs dogmes coercitifs, continueront de bâillonner le peuple et de détruire sans limites ce que la Nature nous procure.

On appelle anarchisme « l’ordre sans le pouvoir » et capitalisme « le pouvoir et l’ordre ».

Échange avec M. Jean-Pierre Girard, 21 février 2020

février 21, 2020

Bonjour M. Jean-Pierre Girard, (chargé de cours en entrepreneuriat collectif à l’École des sciences de la gestion de l’UQAM, et auteur de «Claude Béland: la coopération en action»)

Jai lu avec beaucoup d’étonnement et dinterrogations votre hommage à Claude Béland dans le journal « Le Devoir » (voir texte à la toute fin) à la suite de son décès le 24 novembre dernier.

Je me suis empressé de lire certains passages de votre livre sur la coopération; si je ne mabuse, il ny a pas de référence à lanarchisme dont est issu la coopération, le coopératisme.

Claude Béland, considéré comme très compétent en coopération, ne devait certes pas connaître lui non plus la source même du coopératisme. Tous les sociétaires des Caisses populaires ont beaucoup souffert de son passage à la tête du Mouvement Desjardins comme président de celui-ci. Il a constamment ignoré et jeté à la poubelle le judicieux conseil que lui avait donné Raymond Blais : « ne te prends pas pour le président! » Il nous la lui-même rappelé ironiquement dans son autobiographie (FIDES, 2015). Quelle grande capacité de prêches avait Claude Béland!

Permettez-moi de vous recommander la lecture du livre de René Croteau : « Un patrimoine défiguré et dénaturé : le mouvement Desjardins 1997 – 2003 », Multimonde, 2004. Je lai retracé à ma bibliothèque municipale ainsi que sur Internet à ladresse ci-dessous.

Bonne lecture,

https://books.google.ca/books?id=JLZL9yoYeaQC&pg=PA108&lpg=PA108&dq=Pauvre+coopération,+dixit+Laurent+Laplante&source=bl&ots=E7FqoMygX2&sig=ACfU3U25X1XcCIKz3dN7LX5bd_HNlmXPWg&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwiy88C2ne_mAhWjdd8KHZbZDbMQ6AEwAXoECAoQAQ#v=onepage&q=Pauvre%20coopération%2C%20dixit%20Laurent%20Laplante&f=false

 

Réplique de M. Girard,

Bonjour, vous avez le droit à votre opinion, cependant, à moins d’être masochiste, je ne vois pas pourquoi Claude Béland aurait été reconduit à 2 reprises (1994 et 1997) si tous les membres des caisses, pour vous citer,  avaient tant souffert de sa présidence! Comme je l’ai écrit dans un ouvrage publié en 2001 (Gagnon Alain-G. et Jean-Pierre Girard (dir.) (2001) Le mouvement coopératif au cœur du XXIe siècle, Ste-Foy, Presses de l’Université du Québec, 313 p.

(, la réussite exceptionnelle de Desjardins comme institution coopérative tient à sa capacité de s’adapter à la société qui l’a vue naître. Trouver le point d’équilibre entre le passé et le futur est un défi constant pour la présidence de cette organisation qui évolue dans un marché hyper-compétitif).

Depuis quelques années je suis membre du CA d’une caisse à Montréal qui est confrontée à une concurrence de tout les instants des grandes banques. En outre, elle doit composer avec des règles venant tant de l’autorité des marchés financiers que d’accords internationaux qui, en toute honnêteté, forcent trop souvent les institutions coopératives comme Desjardins à adopter des dispositions propres aux banques à capitaux. C’est malheureusement la même logique qui s’applique aux grandes mutuelles françaises. Je le constate de visu, car je vis maintenant en France et agit comme consultant dans le domaine socio-sanitaire.

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Bonjour M. Girard,

Je ne vous l’ai pas fait dire :

« En outre, elle doit composer avec des règles venant tant de l’autorité des marchés financiers que d’accords internationaux qui, en toute honnêteté, forcent trop souvent les institutions coopératives comme Desjardins à adopter des dispositions propres aux banques à capitaux. »

Et c’est exactement la défaite que Claude Béland a chantée tout au long de sa présidence : l’adaptation au capitaliste triomphant. Celle-ci aura été à la mondialisation « des boys de Chicago » (son autobiographie de 2015) : le capitalisme néolibéral. Où était rendue sa préoccupation des membres comme celle qu’a dû démontrer Dorimène et Alphonse Desjardins contre ce même capitalisme sauvage du XIXe et XXe siècle?

Le coopératisme a complètement été dénaturé dans une adaptation totalement oligarchique et capitaliste. Croire que Desjardins est encore une coopérative tient d’une illusion bélandiste. Il était un « maître » en plaidoirie, et très fier (de son titre d’avocat), ne l’oublions pas.

Nous avons été trop nombreux à nous faire duper par ce « grand » orateur. Il était le président… et les capitalistes de l’Union régionale de Montréal l’ont bien utilisé à leur fin.

Et la disparition du réseau vaillamment construit par des bénévoles a débuté sous son long règne pour plaire aux intéressés capitalistes de Montréal (surtout) qui lui disait quoi dire et quoi faire, car les accords de Bâle (Suisse) et les agences de notation n’allaient pas financer à petit prix ces succursales trop nombreuses et trop autonomes (à leurs yeux) partout sur le territoire du Québec. Combien de fois ai-je entendu parler des « petites Caisses » de façon péjorative ? Même Claude Béland relate ces épines dans son livre de 2015 (pages 146 et suivantes).

Claude Béland l’a avoué à une émission de Gérald Filion : « Je n’ai pas eu le choix. » : il n’a pas eu le choix de cette transformation (je reste poli) au détriment des valeurs de la coopération et du coopératisme; autonomie, altruisme, décentralisation des pouvoirs décisionnels. Et il a réussi de façon flamboyante : Desjardins est une réussite financière et bancaire, mais ce n’est plus une coopérative. Laurent Laplante du journal « Le Devoir » a écrit un éditorial où il ne mâchait pas ses mots : « Pauvre coopération » dixit Laurent Laplante, le 20 janvier 2000 (http://www.cyberie.qc.ca/dixit/20000120.html).

En province, on parlait de l’établissement de monopoles par les fusions des Caisses; en situation de monopole, les membres n’ont certes pas été des gagnants des belles paroles de Claude Béland.

« Desjardins, c’est comme les banques », disaient les membres au temps de Claude Béland. « Desjardins, c’est plus qu’une banque », répliqua la gouvernance de Montréal.

Aujourd’hui, que disent les membres avec les fermetures de leurs services de proximité? J’entends encore Guy Cormier dire (lors de la crise des guichets automatiques en 2018) que Desjardins avait suffisamment fait sa part en région et que c’était au tour des banques ! Son esprit de coopération est totalement contaminé par celui des néolibéraux capitalistes, car chez Desjardins l’adaptation ferme plus que jamais ses services, et chez nous, en Mauricie, c’est sans appel que nous disent les dirigeants bien rémunérés (plus de 150. $ l’heure) et leurs employés-cadres aux bonis aux rendements bien gagnés.

Ne manquez pas mon blogue (adresse ci-dessous); il regorge d’observations qui mettent en doute le caractère « coopératif » de Desjardins depuis le long règne de Claude Béland.

 

 

Réplique de M. Girard,

Mais qu’est-ce une coopérative? On parle d’une propriété collective, d’un pouvoir non basé sur le capital, d’un partage des résultats basé sur l’usage (et non le capital) et, TRÈS IMPORTANT et non reconnu par plusieurs lois coops dans le monde, mais heureusement, reconnu dans les lois québécoises (coop et coopérative de services financiers), un patrimoine inaliénable. Je reconnais que sur la seconde dimension, la centralisation a enlevé un sens à la parole des membres, mais sur les 3 autres dimensions, Desjardins reste intégralement une coopérative. J’ai co-dirigé en 2015 une étude sur la démutualisation avec plus de 25 cas dans 4 pays, j’en parle en connaissance de cause.

http://canada.coop/sites/canada.coop/files/files/documents/fr/2015_coop-dcm_report_fre_final_web.pdf

 Sauf erreur, les parts n’ont pas été converties en actions, Desjardins n’est pas sur le marché boursier et en aucun cas, dans un contexte de liquidation, le solde de l’actif ne pourrait être partagé entre les membres. Si vous avez des preuves du contraire, je veux bien réviser mon appréciation. Enfin, me basant sur le cas de ma caisse, près de 500,000$ est retourné sur une base annuelle auprès des organismes du territoire –dons, commandites et Fonds d’aide au développement du milieu. Ces ristournes collectives sont sous la responsabilité d’un comité que je préside et je prie de me croire, que cela ne se fait pas dans un contexte de rubber stamping! Si vous connaissez une banque qui à l’échelle locale avec la collaboration de ses clients, retourne une telle somme au milieu souvent dans un seul esprit de solidarité, de nouveau, m’en informer, je réviserais volontiers mon analyse.

Par ailleurs, la mise en tension Montréal et reste du Québec est un cul-de-sac. Si les caisses de Montréal devaient se soustraire de la prise en considération de la concurrence féroce, elles seraient simplement laminées.

 

 

Rebonjour M. Girard,

Avec l’argent des membres, on peut faire des dons et commandites au monde entier et s’enorgueillir comme une ristourne collective tout en avançant fièrement que pas une banque ne ferait ça.

Une banque est une banque et personne ne lui reprochera d’être ainsi : une banque existe pour générer du capital au profit de ses actionnaires. C’est d’ailleurs le conseil que je donnais aux sociétaires mécontents lorsqu’ils me menaçaient de quitter la Caisse où je travaillais et d’aller dans une banque : je leur disais : « n’oubliez pas d’acheter des actions de votre banque si vous espérez qu’elle vous remette le fruit de son exploitation des clients. »

J’ai demandé à ma Caisse Domaine-du-Roy (Roberval) pourquoi les « ristournes dites collectives » n’étaient pas votées en assemblée générale annuelle comme les autres (le projet de partage aux membres qui d’ailleurs ne comprend pratiquement toujours qu’une seule proposition). La réponse que j’ai reçue a été mon exclusion radicale (sans avertissement) et arbitraire (sans faute avérée) en avril dernier (2019) de la Caisse! Vous, qui êtes sur le C.A. de votre Caisse, vous connaissez sûrement les règlements de régie interne 4.6 (saine conduite) et 4.7 (réprimande, suspension, EXCLUSION); depuis 2010, c’est ma 6e exclusion pour avoir essayé de faire vivre adéquatement la démocratie coopérative du Mouvement Desjardins (dimension supposée incluse dans la nouvelle constitution bélandiste du 4 décembre 1999)!

Vos arguments sont en eux-mêmes des preuves que Desjardins n’est plus une coopérative, mais une nouvelle patente plus capitaliste, plus communiste, plus oligarchique, que coopérative en son âme et en ses réalisations.

Merci de reconnaître la centralisation des décisions; cette dimension vécue par les membres était le fer de lance de la nouvelle constitution de Claude Béland dont il était très fier : « La fin d’une culture autonomiste au profit d’une culture de la solidarité », nous a-t-il révélé dans son livre de 2015 (page 143). Je n’avais jamais entendu ces termes de toute sa présidence. C’est là un poignard dans le cœur même (pour ne pas dire comme bien d’autres, dans l’âme) de ce qu’est une coopérative. Pour moi, l’autonomie, c’est le diamant de la création : perdez votre autonomie et vous êtes au seuil d’une disparition. N’est-ce pas que le papillon « Desjardins coopérative » s’est métamorphosé en une nouvelle patente plus capitaliste, plus communiste, plus oligarchique que coopérative avec l’œuvre de Claude Béland et ses amis de Montréal? Honnêtement comme vous dites, il faut le reconnaître: l’œuvre de Claude Béland donne le Desjardins d’aujourd’hui.

Je vous invite encore une fois et en toute modestie à lire mon blogue, plus particulièrement les textes suivants, lesquels ne sont pas La Vérité, mais une recherche sincère de celle-ci :

  Lettre à Guy Cormier, président et chef de la direction Desjardins; 23 février 2019

  Guy Cormier : boni au rendement pour 2019; 27 décembre 2019

  Est-ce un aveuglement volontaire; 24 décembre 2019

  Desjardins et la Coopération; 15 décembre 2019

  Claude Béland : la fin du moyen; 3 décembre 2019 

  Capital Régional et Coopératif Desjardins : la vérité recherchée, 19 septembre 2018

Il ne faut pas hésitez à démissionner de votre poste sur le C.A. de la Caisse si vous considérez ne plus êtes membre d’une coopérative comme il me semble vous commencez à le reconnaître…

Au fait, à combien est rendue votre rémunération comme membre du C.A. de la Caisse?

 

 

Réplique de M. Girard,

Bonjour, à mon regret, il me semble que nous sommes dans un dialogue de sourds. Vous ne m’avez en rien démontré qu’eu égard à la propriété, au partage des résultats et au patrimoine inaliénable, Desjardins trahit ces règles fondamentales de l’identité coopérative. De plus, mon expérience à ma caisse est de toute évidence fort différente de la vôtre : le fonds d’aide au milieu est voté à l’AGA. Je le sais, je présente le dossier, non comme employé, mais comme élu!

Enfin, je connais de nombreux cas partout au Québec ou ce fonds a eu un impact structurant sur le milieu que ce soit en soutenant financièrement des coops d’habitation intergénérationnelles, des coops de santé, des coops d’aide à domicile, des programmes d’aide à l’intégration des immigrants, des CPE et tutti quanti. De nouveau, si vous connaissez un seul cas de banque s’engageant de façon aussi désintéressée dans le milieu, je serais plus qu’heureux de l’apprendre!

 

 

Bonjour M. Girard,

Comme je vous le disais, avec l’argent soutiré des membres, c’est-à-dire avec l’usufruit des marges bénéficiaires (revenus d’intérêts sur les prêts aux membres moins les frais d’intérêts payés sur les épargnes) et les revenus des charges administratives (très semblables depuis le règne de Claude Béland à la structure « forfait » des banques) Desjardins distribue les ristournes des membres non plus aux membres prioritairement, mais en dons et commandites de toutes sortes et à tout vent (vous les avez nommés), qu’ils fassent ou non des affaires avec Desjardins.

Comme le dit la publicité de Desjardins :

« L’argent au service du développement humain Chez Desjardins, nous considérons l’argent comme un levier qui favorise l’autonomie et le développement des personnes et des collectivités. »

Anecdote : lors d’une assemblée générale annuelle, je pose cette question :

Et la clinique médicale qui a reçu le don que vous venez de nous annoncer, est-elle une clinique publique ou privée?

Après un long silence, le gérant de dire sèchement :

Privée!

Les membres (environ plus de 1000; ils étaient venus voir le spectacle d’un humoriste, pas pour entendre les élus parler des chiffres de la Caisse) ont fait « Hummmm » dans l’aréna!

J’ai eu une conversation téléphonique par la suite avec le président de la Caisse et je lui ai demandé si la clinique « privée » en question faisait des affaires avec la Caisse ou la Banque Nationale; il n’a pu me répondre avec certitude! Mais à sa grande satisfaction, il m’a dit que grâce à la Caisse, les citoyens de la ville (Louiseville) avaient maintenant des heures de « sans rendez-vous » durant la semaine.

Pourquoi les membres de la Caisse paieraient de leurs ristournes des médecins du réseau de la santé pour offrir à tous les citoyens (membres ET non-membres) des heures d’ouverture pour du « sans rendez-vous »?

S’il vous plaît, ne me dites pas que je parle à une personne sourde ni incompétente en gestion financière. Je vous ai souvent écouté à l’émission de Joël Le Bigot et vous avez avec justesse dénoncé ce que font les banques et Desjardins avec leurs forfaits qui exigent la tenue de sommes importantes au compte d’opérations afin d’éviter des frais d’administration. Il y a même des sommes importantes à maintenir (2500. $/mois) pour pouvoir utiliser un carnet de caisse; mon forfait de 1000. $ pour 7 opérations/mois n’avait plus priorité car je voulais garder mes carnets : je devais donc maintenir 2500. $!

Mais je vous laisse le dernier mot : oui, grâce à Desjardins, plusieurs canards boiteux financièrement et même des organisations gouvernementales reçoivent les argents des membres pour survivre. Ce n’est pas à Desjardins à faire le travail du gouvernement ou d’un gouvernement, et je suis certain que Dorimène et Alphonse Desjardins ne seraient pas d’accord avec Claude Béland et ses successeurs bien rémunérés… Comme l’a dit Claude Béland en 2011 à l’émission de Gérald Filion :

« Desjardins va trop loin ».

Ça lui a valu des réprimandes de la haute direction du Mouvement et on l’a boudé pour ça.

Et si vous refusez de me dire votre rémunération comme dirigeant de votre Caisse, s’il vous plaît au moins lisez mes textes sur mon blogue et dites-moi si je dis une seule fausseté; je corrigerai immédiatement. Et ne me parlez pas des banques pour justifier le vol des ristournes des membres issues des TROP-PERÇUS aux membres.

Merci

 

 

Réplique finale de M. Girard,

Cher Monsieur, tel que mentionné dans mon message précédent, l’échange s’arrête, le dialogue semble impossible. Pour votre information, dans ma vie de tous les jours, en tout respect pour l’institution, Desjardins est loin d’être le centre de mon univers. Je travaille essentiellement en développement international partageant mon temps entre l’Amérique, l’Europe (ou je me trouve) et l’Afrique: avec le soutien financier d’un riche pays européen et d’autres partenaires, par diverses stratégies plaçant la personne au cœur de nos actions (indépendamment de ses croyances, de son ethnie, de sa richesse, de son orientation sexuelle ou autres), et avec une formidable équipe de collaborateurs de 7 pays que j’ai montée et que je dirige, on tente de contribuer du mieux de nos actions à l’amélioration de l’accès à la santé de la population de 2 pays africains et l’atteinte des objectifs du développement durable, selon l’agenda 2030 des Nations unies.

C’est un robuste antidote à voir la vie en noir et donne un formidable sens au quotidien.

-30-

 

 

Bonjour M. Girard,

Dommage; si vous avez besoin de consultation additionnelle ou d’une aide au Québec pour vos travaux humanitaires, n’hésitez pas à communiquer à nouveau avec moi. C’est avec empressement que je vous répondrai au meilleur de mes connaissances de membre Desjardins de la base.

Les premiers gagnants d’une coopérative doivent être ses membres et non la coopérative; et ce n’est pas égoïste de penser ainsi : une coopérative n’est pas une forme de gestion communiste, oligarchique et dictatoriale, mais bel et bien démocratique et intéressée : un outil économique pour les humains qui cherchent à mieux s’organiser. C’est par l’autonomie des gens qui participent à la coopérative que la collectivité est gagnante et non pas par l’enrichissement de la collectivité que les gens sont gagnants. L’amélioration des conditions de vie d’une collectivité passe par l’apprentissage et la pratique de la vertu : il faut montrer à pêcher le poisson…, et non pas le donner à tout vent.

« … car je ne cesse de vous dire que la vertu ne vient point des richesses ; mais, au contraire, que les richesses viennent de la vertu, et que c’est de là que naissent tous les autres biens publics et particuliers. »

Platon

Très probablement que Dorimène et Alphonse Desjardins (le commandeur) connaissaient Platon (Socrate), car ils furent les promoteurs de cette vertu de l’épargne pour un Québec exploité et abandonné.

Je sais que je vous ai beaucoup apporté et que vous n’avez pas été sourd à la considération différente que je vous ai bien démontrée. Les simples sociétaires que nous sommes, membres exploités des Caisses Desjardins sont devenus la source de la puissance financière du Mouvement Desjardins qui se plaît à faire des dons et des commandites avec les ristournes des membres, et ce, pour se faire la belle jambe; c’était le vœu et la vision de Claude Béland : que son président en devienne le « grand patron » et qu’il règne comme un sauveur. Il a gagné. Et je lui ai bien dit en 2016 dans les commentaires qu’il m’a demandés sur son autobiographie chez FIDES.

Vous savez, c’est comme ça partout aujourd’hui au Québec et même au Nouveau-Brunswick (UNI coopérative financière à charte fédérale) et en Ontario.

Comment appelez-vous une organisation où un collège électoral d’à peine 256 personnes fait le choix d’un président tel un pape qui sera le décideur et porte-parole d’une vérité infaillible? Pour moi, c’est une religion, une secte, ou une oligarchie, une autocratie digne des histoires d’horreur bien connues que le monde a endurées au fil des siècles, particulièrement en Russie au XXe siècle. Ce n’est certainement pas une démocratie participative et absolument plus une coopérative à la Dorimène et Alphonse Desjardins.

Quel leurre ce Mouvement Desjardins, et ce, depuis plus de 30 ans.

J’ai débuté la lecture de votre texte : http://canada.coop/sites/canada.coop/files/files/documents/fr/2015_coop-dcm_report_fre_final_web.pdf

Ça m’a donné l’idée d’informer l’ONU de ce qu’est devenu le Mouvement Desjardins au Québec depuis le passage de Claude Béland; elle sera peut-être sourde à mes informations, mais elle aura été informée : libre à elle de faire l’autruche. Quant au Mouvement Desjardins, si ses malheurs continuent de s’accumuler, il faudra bien un jour qu’il sache se sortir la tête du sable avant que tout son corps ne soit enseveli.

François Champoux

https://francoischampoux.wordpress.com/

P.S. N’hésitez pas à publier nos courriels pour démontrer l’importance des dialogues et du respect de la différence pour comprendre un point de vue. Claude Béland n’a pas su écouter la différence…

 

 

Hommage à Claude Béland, décédé le 24 novembre 2019,

par Jean-Pierre Girard, chargé de cours en entrepreneuriat collectif à l’École des sciences de la gestion de l’UQAM, et auteur de «Claude Béland: la coopération en action»

26 novembre 2019, IDÉES, Journal « Le Devoir »

Déjà de nombreux commentateurs se sont prononcés sur l’héritage laissé par Claude Béland au Mouvement Desjardins. Sans nier son apport à ce grand complexe coopératif durant sa présidence, qui s’est étendue de 1987 à 2000, en s’attardant à son parcours de vie émerge un idéal d’une société plus juste, celle de démocratiser l’économie, de partager la richesse.

Dès sa tendre enfance, son contexte familial l’amène à être au diapason des besoins des autres enfants de la maison et à ne pas être tourné vers ses seuls besoins. Lors de ses études au collège Jean-de-Brébeuf dans les années 1940, par ses engagements étudiants et ses écrits, le jeune Claude témoigne d’une sensibilité au collectif.

Il est perméable à l’influence de son père, Ben Béland, comme le disait l’expression de l’époque, « homme d’affaires » engagé sur une base bénévole dans la fondation de la Caisse d’Outremont et du regroupement des caisses de Montréal. Claude fait d’ailleurs ses premières armes comme caissier à cette caisse.

Par la suite, dans les années 1950, fraîchement muni de son diplôme d’avocat, il développe une expertise en droit commercial et coopératif. Il met ainsi son savoir au service des chauffeurs de taxi et va aussi appuyer la coopérative de travail de l’imprimerie Harpell à Sainte-Anne-de-Bellevue. Ce travail se fait à l’occasion sur une base pro bono ; Claude Béland ne compte pas son temps.

Il sera également des premiers pas de la Fédération des caisses d’économie au début des années 1960 jusqu’à son intégration dans le Mouvement Desjardins au tournant des années 1970-1980. Sur une période d’un peu plus d’une vingtaine d’années, il facilite ainsi la naissance de ce regroupement francophone de caisses qui se constituent principalement en milieu de travail et veille à l’intégration des caisses anglophones, les credit unions. Il participe au Sommet de la coopération organisé en 1980 par le gouvernement Lévesque.

Parallèlement, avec l’idée d’exposer le plus grand nombre de personnes aux vertus de la coopération, il amorce une carrière d’enseignant à l’Université de Montréal et, question de combler un vide de connaissance, rédige coup sur coup un ouvrage d’initiation au coopératisme et un autre sur les procédures des assemblées délibérantes, mécanisme essentiel à la vie démocratique, qui, au fil du temps, va prendre son nom : le code Béland !

Ses convictions dans la coopération, il ne les limite pas à la grande organisation financière originaire de Lévis, mais souhaite les partager. Ainsi, peu de temps après son élection à la tête du Mouvement Desjardins, en 1987, il convainc les dirigeants des autres réseaux coopératifs et mutualistes de s’engager dans une grande réflexion sur l’apport de ces formes d’entreprises collectives au mieux-être des citoyens, qui donnera lieu aux états généraux de la coopération en 1992 et à l’adoption d’un manifeste sur la coopération.

Si, durant ses années au Mouvement Desjardins, il délaisse pour des raisons évidentes l’enseignement, il ne refuse jamais une invitation à aller rencontrer des étudiants. Habile communicateur, il sait faire passer le message. Je le vois encore en 1994, devant un groupe d’une cinquantaine de mes étudiants à l’UQAM, ravis d’avoir accès à ce prestigieux invité.

Le pédagogue n’est jamais loin ! Il prend la craie et résume au tableau de façon magistrale le modèle coopératif par les « 4 P » : une propriété collective ; un pouvoir ne s’appuyant pas sur le capital, mais sur la règle « d’un membre, un vote » ; un partage des résultats basé sur l’usage et non le capital détenu et un patrimoine inaliénable. Le message est limpide !

Dans son essai L’évolution du coopératisme dans le monde et au Québec (Fides, 2012), il démontre la tension permanente tout au long de l’histoire entre les forces de solidarité, de mutualité et qui oeuvrent pour le bien commun, et celles nourries par la quête de pouvoir, de contrôle au bénéfice d’un nombre restreint.

Même s’il reconnaissait que les dernières avaient tendance à dominer, il gardait foi en un avenir meilleur. La clé ? L’éducation à la solidarité, au bien commun, à une citoyenneté active. Peu de gens le savent, mais au cours des dernières années de sa vie, il appuyait un organisme engagé dans la promotion de la philosophie auprès des jeunes. On ne pourra lui reprocher d’avoir manqué de cohérence dans cet engagement exemplaire en faveur d’un monde plus juste qui s’est étendu sur une vie !

La loi 21 sur la laÏcité: du vrai populisme, 18 février 2020

février 18, 2020
Bonjour, M. Jean Panneton, prêtre,
J’ai de nouveau lu votre opinion dans le journal « Le Nouvelliste » (Trois-Rivières, Québec, Canada) du lundi 17 février 2020 sur « La vraie nature de la laïcité ». (voir le texte ci-dessous: une juste interprétation partiale d’une loi populiste)
Je vous confesse que je n’ai pas lu comme vous la loi votée sous bâillon sur la laïcité du Québec le 16 juin 2019; je n’en ai retenu que l’abus de pouvoir du gouvernement caquiste sur notre propre Charte des droits et libertés; c’est quand même flagrant : interdire à certaines personnes de porter des signes religieux ostentatoires lors de la prestation professionnelle parce qu’elles sont en position d’autorité devant des enfants! Est-ce bien des adultes qui crient « au scandale » ou des enfants qui n’en peuvent plus de voir des signes religieux? J’ai passé toute ma jeunesse devant des religieux en autorité ecclésiastique, doctrinale et éducationnelle; jamais il ne m’est venu à l’esprit de faire la promotion de l’enseignement catholique. Au contraire : bien que je sois d’une intelligence respectueuse, membre de la vaste majorité non supérieure comme on l’attribue à une minorité de personnes honorifiques, jamais il ne m’est venu à l’esprit de croire que l’Église catholique était la seule vraie religion, et que toutes les autres étaient des fausses.
C’est avec l’écriture des Chartes canadienne et québécoise qu’il m’a été révélée l’importance pour un vivre ensemble et en paix, de respecter chacune et chacun dans leur croyance, dans leur foi. Et avec le temps, je me suis détaché de l’enseignement de toutes les croyances religieuses. Ce n’est pas la vision d’un signe religieux qui m’a créé un problème une fois adulte, mais bien l’endoctrinement à des dogmes tous plus ou moins douteux quant à leur valeur morale et humaine.
Certaines personnes peuvent vouloir la fin des religions, mais il m’apparaît tout simplement illusoire de se braquer contre la puissance de la croyance, laquelle nous anime tous par notre seule capacité à penser et à imaginer : l’intuition est déjà là une source importante de découverte et de compréhension de ce monde, du mystère de la vie et de celui de la mort. Personne ne peut empêcher les humains de penser, d’imaginer; on n’est plus au temps des monarques qui imposaient leurs lois et leurs visions.
Quant à la loi 21, c’est une loi opportuniste, simpliste et superficielle qui ne fait qu’éteindre un feu (la rage des citoyens contre l’Islam et leur dogme de la femme soumise à l’homme, vieille croyance aussi catholique d’un temps révolu) et qui ne va pas au fond du vrai problème de vraiment établir la séparation de l’État et des religions. Je ne mentionnerai que l’actuel et toujours droit des religions de ne pas payer leur juste part des redevances financières sur leurs imposantes infrastructures immobilières. Pourquoi la loi sur la laïcité du Québec demeure-t-elle silencieuse sur cet aspect financier très important quand on parle de neutralité de l’État, ses pouvoirs financiers sur les citoyens pour établir une société « juste » (le plus possible) tout en maintenant des droits envers des organisations religieuses? Qu’est-ce qui justifie cela? J’ajouterais la complaisance de l’État à financer la religion catholique dans ses activités doctrinales (basilique du Cap) et celui de ne pas retirer les signes de la religion catholique dans les enceintes publiques. Pourquoi? Pourquoi restons-nous silencieux sur ces attributs? Que craint l’autorité de l’État? Est-ce toujours le courroux d’un Dieu tout-puissant ou celui d’une élite et ses droits d’antan?
Vous voyez que si j’avais lu la loi 21, je n’aurais rien lu sur ces gratuités foncières envers les religions, mais que j’aurais lu les interdictions lesquelles m’auraient fait perdre mon emploi et m’auraient rendu un citoyen au crochet de la société, incapable de payer ses impôts et taxes, obligé de renier ma foi dans mon habillement ou le port d’un signe religieux (une croyance quelconque) pour gagner ma vie. N’est-ce pas exagéré tout ça? N’est-ce pas irrespectueux de la Charte québécoise et même celle canadienne?
D’ailleurs, je ne pense pas, comme vous l’affirmez, que ce soit au Conseil de la magistrature d’établir des règles traduisant les exigences de la laïcité de l’État et d’assurer leur mise en œuvre; dans une démocratie qui se respecte (et qui n’impose pas comme une dictature, mais qui sait faire vivre les débats), n’est-ce pas au gouvernement de débattre et de faire les lois que les citoyens jugeront par la suite dans leur vécu si elles font une œuvre de paix, de justice et de respect? Le pouvoir de la magistrature est celui d’interpréter les lois et de statuer sur leur fondation selon le respect ou non de nos lois fondatrices : les chartes ou la constitution du pays.
Grand bien vous fasse que le journal « Le Nouvelliste » publie vos réflexions; personnellement, il me refuse ce débat démocratique, car il n’ose publier mes réflexions sur ce sujet et bien d’autres. Ce journal se dit pourtant un gardien de notre principale valeur démocratique de la société du Québec. Permettez-moi d’en douter ou de penser qu’il a peur lui aussi comme les autorités de l’État (municipales ou provinciales).
N’hésitez pas à lire mon blogue (adresse ci-dessous) et de me répondre (frschampoux@gmail.com); je suis très ouvert aux débats démocratiques et je ne crains plus les courroux des dieux.

 

Élu comme béni-oui-oui, 14 février 2020

février 14, 2020

Voici qu’à Trois-Rivières des citoyens relancent l’idée de la nécessité d’avoir des partis politiques municipaux pour notre ville de région. On nous dit qu’avec ça, le bon fonctionnement de notre ville serait sur les rails et que tous les élus s’entendraient sur des valeurs et des priorités communes.

À mon humble avis, c’est bien mal connaître l’humain. Certes un parti politique peut pour un certain temps rallier des gens avides de pouvoir et pour des causes particulières, mais cette avidité n’en sera que plus excitée lorsque dans la vraie vie politique, des choix devront de toute façon s’exercer.

Avez-vous imaginé voter pour un béni-oui-oui qui vous garantira l’absolue loyauté à un maître maire comme certaines villes ont dû composer il n’y a pas une décennie?

Les dangers de corruption des partis politiques au pouvoir ne sont plus à démontrer et la société parfaite demeurera un mythe éternel. Ça n’empêche pas qu’il faille y travailler sans relâche! Une vraie démocratie (toujours imparfaite) exige les débats transparents sur les intérêts de chacun pour faire naître l’intérêt du bien commun. La formule est à la fois simple et complexe; sans débat et élaboration des idées qui soutiennent une position, les décisions demeurent souvent mystérieuses et d’intérêt douteux pour la collectivité.

Il faut toujours choisir le moindre des maux qui n’est jamais d’une claire évidence. L’actuelle formule municipale sans les partis politiques demeure cependant la meilleure à faire vivre adéquatement. C’est le rôle d’un maire, et là doit apparaître son leadership.

La vigilance et l’indépendance des élus demeurent notre meilleure garantie pour limiter cette dangereuse corruption qui ne cesse depuis toujours de vouloir pénétrer nos appareils de gouvernance du bien commun : le pouvoir financier et celui de diriger le peuple. L’oligarchie est toujours le danger à éviter et l’organisation de l’appareil gouvernemental d’une collectivité en parti politique devrait être bannie à tous les niveaux.

L’Histoire nous a bien enseigné que les tyrans « preachers » naissent au sein des groupes qui n’ont pas le pouvoir et le courage de lui dire « NON » quand il le faudrait. Un conseil municipal doit toujours composer avec l’héritage du précédent pouvoir. Alors, que les conseillers actuels s’organisent pour laisser un meilleur héritage aux générations qui s’en viennent. Voilà l’ultime projet que les citoyens et les élus doivent avoir en tête et sur leur table de travail en tout temps, tout en gardant éloignés les corrupteurs de tout acabit et leur trafic d’influence financier.

La pollution n’est pas qu’écologique et la démocratie ne tient certainement pas dans la fabrication de partis politiques; bien au contraire. C’est là un faux débat et une perte de temps.

La provocation de l’anglais, 14 février 2020

février 14, 2020

Il est remarquable de lire les noms de certaines entreprises qui ne craignent pas de provoquer nos esprits en s’affichant en grosses lettres anglaises sur leur édifice d’affaires. Évidemment, l’imagination ne manque pas pour ne pas dire qu’elle déraille totalement pour court-circuiter nos méninges françaises. On peut même dire qu’il pleut des mots et phrases anglaises sur le Québec qui redevient noyé de « franglais » tout nouveaux.

Les réseaux sociaux en sont totalement pollués et la paresse intellectuelle sollicitée par ces bidules électroniques fait croître par l’exponentiel l’usage de l’anglais autant écrit que parlé. Le Québec recule aux années 50 du siècle dernier.

Je demeure surpris quand je lis « Bureau en gros » à côté d’une « business » au nom anglais bien affiché sur sa bâtisse. Pourquoi « Staple » a-t-il choisi d’afficher cette marque de commerce (« Bureau en gros ») à connotation bien française sur la terre du Québec? Pourquoi tant de respect envers nous et notre pays, alors que d’autres commerçants se foutent totalement de nos lois qui semblent très permissives?

« Staple » est encore plus respectueux et intelligent que certains de nos ambitieux québécois-amaricains-internationaux. Quand même inouï et exemplaire ce respect envers nous, français d’Amérique, qui perdons à nouveau notre fierté linguistique.

Le Frère Untel doit pleurer sur tous les efforts qu’il a mis pour que nous soyons plus respectueux envers nous-mêmes et fiers de soi, comme peuple fondateur par notre langue parlée et écrite. La fierté au Québec est ailleurs : elle est à l’international nous disent les ambitieux affairistes trifluviens, pour ne pas dire qu’elle est chez l’oncle Sam, émigrée aux « USA ». Lui, il l’a l’affaire! YES. C’est en anglais qu’on réussit au Québec.

Bizarre toute cette négligence après autant d’efforts pour nous respecter un peu plus.

La science; notre erreur mutuelle, 9 février 2020

février 9, 2020

Je n’arrive plus à vraiment trouver le coupable : ni les gens qui en appellent à la retenue des innovations qui nous rendent la vie tellement belle et oisive ni les gens qui en appellent à cette science « infaillible » qui nous précipite de plus en plus dans le gouffre d’une planète invivable.

Vous l’avez remarqué comme moi : c’est toujours la science et notre intelligence qui sont la cause de notre perte. N’est-ce pas là le paradoxe le plus épouvantable de l’existence humaine? Saint-Paul disait : « Car je ne sais pas ce que je fais ; le bien que je veux, je ne le fais pas; mais le mal que je hais, je le fais » (Épître aux Romains, 7:15). Voilà bien le propre de cet animal prétendument raisonnable : on veut bien utiliser notre raison, mais il semble toujours qu’elle occasionne des dommages collatéraux! Que faire?

Nous n’allons quand même pas arrêter de penser, ou arrêter de nous reproduire, arrêter de reproduire cette sauterelle humaine qui ravage tout sans limites, et sans réussir à se rassasier. Mais en ces temps d’apocalypse annoncés, il y a lieu de s’interroger à savoir si nous ne nous détruisons pas nous-mêmes. Une espèce d’épidémie d’humains qui à leur contact cause la mort de l’autre! La science y trouvera-t-elle l’antidote nécessaire et salutaire à éviter cette catastrophe et notre disparition? Trouvera-t-elle le moyen du sauvetage in extremis d’une planète qui souffre et se meurt inexorablement à petit feu à cause de l’humain? Vivons-nous trop longtemps? Ne devrions-nous pas limiter notre existence à 50 ans ou moins?

L’irrationnel transhumanisme souhaite au contraire, nous faire vivre plus de 1000 ans, alors même que la planète ne sera plus vivable d’ici 100 ans!

Je tourne en rond avec nos capacités intellectuelles de courte vue : l’irrationalité me confond à ce cul-de-sac existentiel. Que faire, bon sens!

Dois-je implorer les dieux, le président du Mouvement Desjardins ou celui des États-Unis d’Amérique, celui de France, ou la monarque du Royaume-Uni, ou encore une enfant de 16 ans des pays scandinaves ? Je ne sais plus à quels saints me vouer pour vivre décemment et respectueusement. Même la science se contredit dans sa recherche de la vérité!

Le pire : notre système d’éducation nous montre comment bien faire les choses, alors qu’une fois formé pour le marché du travail, il faille tout mettre à la poubelle et non plus faire comme on nous l’a montré à l’école, mais bien comment le patron du système dominant nous oblige à travailler et nous comporter! « Fais ce que je dis et non pas ce que je fais. »

Drôle de monde que la science du savoir. Une science sans conscience est une conscience sans âme. L’éthique doit nous rejoindre. « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » (Rabelais). La bêtise de certains de nos dirigeants peut être inquiétante, mais nous devons nous interroger s’ils ne sont pas le reflet de notre liberté débridée.

Les coups de marketing; faire rire de nous, (II) 6 février 2020

février 6, 2020

Avez-vous déjà entendu les termes « Utilisateur-Payeur » ou « Partenariat Public-Privé »? Évidemment que oui. Combien de fois nous faisons nous ramener en pleine figure ces concepts financiers qui nous font payer (contribuables), ce que des entreprises sont heureuses de nous imposer comme une nécessité! De vraies belles occasions d’affaires pour elles, qui leur font faire du « cash » facile et rapide!

Il en est ainsi de l’épandage des Bti; à Trois-Rivières, il y aurait un règlement qui nous oblige à payer un service qu’on n’a pas requis et qu’on utilise malgré nous. Les pouvoirs de taxation des villes sont sans scrupules.

Chez Desjardins, après nous avoir fourni malgré nous l’utilisation de guichets automatiques bancaires partout en province, après avoir fusionné la vaste majorité des Caisses populaires et fermé celles-ci pour raison de non-rentabilité (?), le Mouvement dit « coopératif » nous a convaincus que nous n’utilisions plus assez leur service automatisé pour justifier leur disparition ou à les faire financer par les municipalités! Tout en perdant nos infrastructures (payées par nous), il nous faut à nouveau les financer, tout en payant des frais de service qui ont grimpé de 9,5 % par année (de 2008 à 2014), alors que le coût de la vie n’atteignait que 1,74 % annuellement.

Avant même son ouverture, deux entreprises s’arrachent actuellement l’exclusivité de la location (ou de l’administration…) du nouveau Colisée de la ville de Trois-Rivières; n’est-ce pas une infrastructure qui devrait d’abord servir pour les citoyens de la ville, payée par les deniers publics et appartenir à la ville? L’a-t-on bâti pour nous ou pour l’entreprise privée? Il semble que ces dernières lorgnent la bonne affaire : le président et chef de la direction du Cirque du Soleil, Daniel Lamarre se dit bénévole sur le comité des aviseurs de l’équipe de hockey de l’UQTR, mais travail à plein pour obtenir l’exclusivité de l’infrastructure de la ville pour l’université. Pourquoi donc? N’est-il pas en train de marier l’amphithéâtre, le Colisée et le Cirque du Soleil pour le meilleur de sa « business », le tout aux frais des citoyens de Trois-Rivières?

Samedi, 1er février dernier, j’ai déneigé moi-même le sentier de patinage libre de Saint-Louis-de-France. Et quand je vais au Ciné-Campus du Séminaire de Trois-Rivières, la rue Saint-François-Xavier redevient aussi cahoteuse et navrante qu’elle l’était l’an dernier.

Moi aussi je suis un bénévole, je n’ai jamais reçu un salaire de millionnaire et je paye toujours pour utiliser des services. On m’appelle l’utilisateur-payeur-crédule. Faut-il en rire?

Il ne faut pas se surprendre des désobéissances civiles des citoyens. Claude Béland qui nous reprochait notre apathie, s’est fait dire NON par Monique F. Leroux lorsqu’il lui a demandé 100 millions afin que Desjardins garde nos infrastructures en province, qu’il redevienne une coopérative au service de ses membres, et qu’il cesse d’exploiter ses sociétaires payeurs, traités comme des contribuables pour toutes les causes municipales et provinciales (Santé, Éducation) du Québec! Mme Leroux craignait la décote des agences de notations américaines et européennes! Ça n’a pas empêché quelques mois plus tard, Guy Cormier de saupoudrer 100 millions des Trop-Perçus des membres aux entreprises qu’il juge à son goût. Où est donc rendu le danger de la décote de Mme Leroux?

Et nos journaux virés en coopératives de l’information indépendante nous passent des « Points de vue » de politiciens, universitaires et autres autorités d’entreprises privées dans la section du « Carrefour des lecteurs » pour bien nous endoctriner. On nous remplit comme des cruches d’informations dirigées au nom de la démocratie : des reportages avec photos couleur qui ne sont que pure publicité à en pleurer. Un vrai dirigisme des consciences, du lavage de cerveau comme au temps des « preachers » de toutes religions confondues, capitalisme inclus.

Depuis la période Reagan-Thatcher le mot d’ordre aura été celui de siphonner tant qu’on le peut, les citoyens contribuables par de beaux « slogans » et concepts financiers où les entreprises capitalistes, même religieuses (Basilique du Cap) et « coopératives » (Capital régional et coopératif Desjardins), sont devenues plus que jamais, les « bien heureuses » du système de la finance.

Les coups de marketing: faire rire de nous, 4 février 2020

février 4, 2020

Avez-vous déjà entendu le terme « Utilisateur-Payeur »? Évidemment que oui. Combien de fois nous faisons-nous ramener en pleine figure ce concept financier de faire payer par l’utilisateur ce que des entreprises sont heureuses de nous imposer comme une nécessité; plutôt des occasions d’affaires!

Il en est ainsi de l’épandage des Bti; la ville de Trois-Rivières aurait un règlement qui nous oblige à payer un service qu’on n’a pas requis, mais qu’on utilise malgré nous. Les pouvoirs de taxation sont infinis.

Chez Desjardins, après nous avoir fourni malgré nous l’utilisation de guichets automatiques bancaires partout en province, après avoir fusionné la vaste majorité des Caisses populaires et fermé celles-ci pour raison de non-rentabilité (?), le Mouvement dit coopératif nous a convaincus que nous n’utilisions plus assez leur service automatisé pour justifier leur disparition. Tout en perdant nos infrastructures (payées par nous), il nous fallait payer des frais de service qui ont grimpé de 9,5 % par année durant 7 années recensées, alors que le coût de la vie n’atteignait pas 2 % annuellement.

Avant même son ouverture, le Colisée de Trois-Rivières s’ajoutera à cet imposant amphithéâtre, et ensemble, ils deviendront nos principales attractions touristiques non pas en ruines, mais ruineuses pour une collectivité en déclin économique qui cherche désespérément le soleil de son cirque.

Samedi, 1er février dernier, j’ai déneigé moi-même le sentier de patinage libre de Saint-Louis-de-France. Et quand je vais au Ciné-Campus au Séminaire Saint-Joseph, la rue Saint-François-Xavier redevient aussi cahoteuse qu’elle l’était l’an dernier.

Par chance, nous sommes là, citoyens payeurs, utilisateurs ou non.

Moi aussi je suis un bénévole (pas pour le nouveau Colisée ni l’amphithéâtre, ni l’UQTR), je ne suis pas millionnaire et je paye toujours pour utiliser. On m’appelle l’utilisateur-payeur-crédule. Faut-il en rire?

Il ne faut pas se surprendre des désobéissances civiles des citoyens à qui l’on reproche leur apathie; ainsi parlait Claude Béland qui nous le reprochait alors qu’on lui demandait d’intercéder auprès de Monique F. Leroux pour que Desjardins redevienne une coopérative au service de ses membres et cesse d’exploiter ses sociétaires payeurs, traités en contribuables pour toutes les causes municipales et provinciales (Santé, Éducation) du Québec.

Et nos journaux virés en coopératives de l’information indépendante nous passent des « Points de vue » de politiciens, universitaires et autres autorités privées dans la section du « Carrefour des lecteurs ». On nous remplit comme des cruches d’informations dirigées au nom de la démocratie : des reportages avec photos couleur qui ne sont que pure publicité à en pleurer. Un vrai dirigisme des consciences, du lavage de cerveau comme au temps des « preachers » de toutes religions confondues, capitalisme inclus.

Depuis la période Reagan-Thatcher le mot d’ordre aura été celui de siphonner tant qu’on le peut, les citoyens contribuables par de beaux « slogans » et concepts financiers comme cet autre « partenariat Public-Privé » où les entreprises privées, même religieuses et coopératives, sont devenues plus que jamais, les « biens heureuses » du système.

 

La loi 21: une laïcité d’apparence, 30 janvier 2020

janvier 30, 2020

Au Québec, on s’insurge pour un signe religieux ostentatoire auprès des enfants que l’on risque ainsi de corrompre ou de contaminer dans leur sens de la vue. Le prétexte : l’on craint, sans dire un mot, sans prosélytisme, que le signe religieux apparent fasse autorité aux yeux des enfants comme il le ferait auprès des condamnés en justice devant des juges, des policiers et des gardiens de prison affichant une foi religieuse quelconque.

On a donc fait une loi bâclée et sous le bâillon pour discriminer et exclure celles et ceux qui oseraient afficher leur foi religieuse aux yeux des vulnérables enfants. On présume et considère même que ces personnes qui affichent leur foi sont victimes d’oppression d’une autorité religieuse et qu’à ce titre, elles souffrent d’inégalité « homme-femme » en ce pays.

On est fier qu’enfin notre gouvernement mette au pas ces personnes qui n’ont pas encore compris que l’État du Québec était officiellement laïc et qu’à ce titre, l’espace public devait présenter une neutralité absolue dans son apparence.

L’apparente neutralité devait primer : mais en fait, on sauve la face et la surface, on favorise l’hypocrisie, on laisse la réalité se cacher derrière une vérité factice.

« Les empires les plus civilisés seront toujours aussi près de la barbarie, que le fer le plus poli l’est de la rouille; les nations, comme les métaux, n’ont de brillant que les surfaces. »

Antoine de Rivarol (1753 – 1801), De la philosophie moderne

[Amin Maalouf: Le naufrage des civilisations, Grasset, 2019]

La réalité est que c’est le totalitarisme et l’autoritarisme qui sont à nouveau béatifiés comme au temps d’avant la Révolution tranquille. On lève presque la main droite bien tendue en signe d’approbation à cette nouvelle servitude aveugle : une laïcité imposée de force.

Mais que fait-on de tous ces congés fiscaux accordés aux religions et religieux et leurs nombreux pignons sur rues? Pourquoi maintenir tous ces privilèges sur les impressionnants immeubles, ces châteaux à la gloire d’une divinité aléatoire et douteuse?

Un Québec laïc qui laisse faire les pouvoirs municipaux étaler leurs signes religieux ostentatoires au milieu même de leur salle respective du conseil des élus; n’est-ce pas ce qu’on appelle une laïcité à deux vitesses? N’est-ce pas une laïcité qui n’a de respect qu’envers une vieille caste encore dominante et omniprésente ?

La loi 21 n’est qu’une apparence de laïcité de l’État du Québec : comment pouvons-nous accepter de nous contenter de si peu tout en acceptant au sein même de notre société libérale l’exclusion à la Staline de nos propres citoyens? Vers quelle société allons-nous?

Une laïcité imposée, c’est imposer la docilité et refuser la liberté d’expression et de conscience. Nous rejouons de manière encore plus dangereuse l’Histoire bête de celles et ceux qui nous ont imposé cette foi d’antan au système dominant : « Crois ou meurs »!

La laïcité doit se vivre dans l’évolution des mœurs et des mentalités des citoyens; on ne peut l’imposer que dans les faits et non les apparences.

Il ne sert à rien de la forcer : il faut la proposer avec raison et non pas qu’avec l’émotion vindicative contre un triste passé encore trop près de nos mémoires.

Les religions de l’Amour, 18 janvier 2020

janvier 18, 2020

Aimez-vous Dieu? Comment faites-vous ça?

En 2014 à Trois-Rivières, un évêque menaçait d’excommunication un ancien marguillier qui osait mettre en doute l’enseignement de l’Église catholique. Les sectes et religions de ce monde n’ont jamais hésité à menacer les « hérétiques » qui refusaient d’endosser aveuglément leurs dogmes. La vérité ne devait venir que de leurs prêches et livres saints. Galilée l’aura payé cher en 1633, forcé par le Saint-Office de renier ses découvertes.

Mais au Québec, depuis une vaste réflexion du peuple, il a été convenu très difficilement que la connaissance sur ce phénomène des religions du monde devait passer par un enseignement indépendant afin de donner l’heure juste sur ces mystères : la vie, la mort et l’Amour. L’humain, cette race animale dite raisonnable, ne sait pas tout, et il cherche en permanence la vérité.

L’une de ses grandes et graves lacunes de compréhension est sa connaissance plutôt relative sur l’Amour. N’est-ce pas curieux que les grandes religions de l’Amour, n’aient pas réussi à enseigner comment bien aimer son prochain comme soi-même? Né dans la religion catholique, j’ai dû consacrer plusieurs années de recherches personnelles pour déchiffrer et acquérir les fondements et connaissances essentielles à l’harmonie amoureuse. Étais-je à ce point incapable de saisir le message du Christ? Des dizaines d’érudits, même un prêtre orthodoxe, furent consultés pour démystifier l’art d’aimer.

Aussi, je pense bien modestement que le cours d’éthique et de culture religieuse devrait faire beaucoup de place à un enseignement systématique sur l’Amour humain, non pas d’abord sur sa mécanique sexuelle, mais bel et bien d’abord sur le comment aimer son prochain comme soi-même avec affection et respect. La charité bien ordonnée ne commence-t-elle pas par soi-même? Qui a reçu à l’adolescence des notions concrètes sur la bonne façon d’aimer?  

Il est urgent au moment même où la Commission Laurent se penche sur la protection de notre jeunesse que l’on place la priorité de l’Amour là où elle n’a pas encore eu la reconnaissance qu’elle mérite. La Ville de Trois-Rivières affiche toujours dans son agora sa croyance en un dieu unique et tout puissant; craint-elle toujours le courroux de Dieu? La neutralité de l’État est loin d’être acquise; la loi 21 n’est pas le nec plus ultra en cette matière.

Si l’on veut récolter l’harmonie, le bonheur et ses richesses, il faut semer le bon grain, pratiquer la bonne vertu, et distinguer le tout de l’ivraie.

… mais la pensée qui guérit, c’est la pensée qui connaît. Cela est vrai chez Épicure, chez Lucrèce, chez Spinoza, chez Marx, chez Freud. (1)

1 « Traitée du désespoir et de la béatitude »  par André Comte-Sponville, première édition « Quadrige » PUF 1984, page 347.