L’éternité du temps, 16 mai 2022

mai 16, 2022

Me voici vieux; j’ai commencé à flirter avec cette prison

Je refuse de m’enfermer dans cette close maison

Je ne regarde plus de la même manière

Ni le monde, ni le ciel, ni la Terre

J’oublie de regarder, j’ai arrêté de voir

C’est malgré moi que baisse mon percevoir

Je dois forcer ma vue qui ne perçoit plus

Que ce passage du temps qui fuit et qui fut

J’enrage de me voir dépérir, de me voir mourir

Alors je dis non à M. le Juge d’entrer dans cette prison

Le juge ne dit rien; comme toujours il se tait

Je fais à ma tête, je fais donc ce qui me plaît

J’essaie de m’aimer avant de plaire aux autres

J’essaie de me plaire avant d’être condamné pour mes fautes

Je refuse d’être vieux, j’aime mieux la liberté

Aller voir ailleurs encore et encore, et m’envoler

Me dépêtrer de tous ces carcans du temps

Qui m’étouffent de la somme des ans

Ah! Que je hais ces âges qui nous font vieux

Il faut dire « non » à cette prison, car il y a mieux

Il y a la vie, il y a ma vie qui n’attend plus

le passage du temps pour être vécue.

Il faut dire « non » à la prison pour la liberté de l’éternité 

Oui, l’éternité c’est notre présent et notre passé

L’éternité c’est maintenant

il n’y a plus d’âge, il n’y a plus de temps

Desjardins: sauveur du monde, 15 mai 2022

mai 15, 2022

J’apprends par le journal que deux Caisses Desjardins de Québec (dont la mienne) ont fait (mai 2022) une remise de 110 000. $ à sept salles de spectacle de la ville de Québec; l’intention serait aussi d’améliorer la culture de certains citoyens en manque de fonds! 

Ces Caisses ont-elles consulté les membres et obtenu leur assentiment? Aucunement; pas un instant!

Ces Caisses considéreront-elles cette générosité débordante comme une ristourne aux membres et à des non-membres?

Faut-il s’attendre à ce que le Mouvement Desjardins au complet emboîte le pas à ces deux Caisses de Québec et verse des millions à toutes les salles de spectacle de toute la province? Et que penser des églises catholiques qui s’écroulent partout au Québec par manque de fonds? Desjardins ne va-t-il pas les sauver du pic de démolition?

Avec l’argent des sociétaires exploités par leur coopérative financière, l’autorité en pouvoir se sent le coeur sur la main pour sauver la culture du Québec en manque de liquidité. 

Au nom de quoi au juste nos dirigeants se croient-ils légitimés d’être aussi généreux envers des citoyens qui ne sont peut-être même pas membre de Desjardins! Desjardins se prend pour le « Bon Dieu » des banques, la banque du peuple et des gouvernements laxistes : après le Christ Sauveur du monde, voici Desjardins, la banque Sauveuse des moribonds!

Desjardins a perdu l’âme de ses fondateurs Dorimène et Alphonse Desjardins : il épouse depuis Claude Béland celle d’une banque caritative pour aider les dénués de la communauté. Nos dirigeants se prennent pour des disciples du communisme économique égalitaire; sont-ils tombés dans cette potion totalitaire, qui seule se croit capable de rendre ce monde paradisiaque?

Mais qu’est donc devenu l’assemblée générale des membres soi-disant souveraine à la distribution des trop-perçus, ces « trop donnés » par tous les sociétaires durant l’année financière? Quand les membres exercent-ils réellement leur pouvoir décisionnel au partage des profits financiers qui leur sont soutirés? Si des oligarques s’autorisent avant la fin des opérations annuelles à donner aux nécessiteux de la ville, une récolte importante des affaires bancaires capitalistes, qu’ont à dire les exploités, ces membres en règle de la coopérative?

Il y a des limites à se prendre pour le « Bon Dieu », surtout quand on ne l’est pas. Dorimène et Alphonse Desjardins ont inventé une coopérative financière non pas pour faire la charité à tout un chacun, mais pour que les sociétaires de la coopérative se prennent en main, et en retirent eux-mêmes les bénéfices de leur exploitation. 

La générosité d’une coopérative financière doit être parcimonieuse, raisonnable et de bon aloi : 110 000. $ à des propriétaires de salles de spectacle et la culture, ce n’est ni parcimonieux, ni raisonnable, ni de bon aloi : c’est de l’inacceptable favoritisme et d’une complicité douteuse.

Il faut dénoncer ces « combinaisons » lesquelles, depuis Claude Béland, se multiplient trop souvent chez Desjardins. Ne pas dénoncer de telles libertés financières prises par l’autorité seule, c’est cautionner son abus de pouvoir drapé dans la toge du coopératisme.

Cette façon de faire n’est pas de la coopération : c’est de la pure exploitation de la crédulité des sociétaires qui ne peuvent se braquer contre ces abus de confiance de l’autorité.

Rappelons ici cette maxime qui devrait servir de prière avant chaque séance des conseils d’administration : 

« Le pouvoir tend à corrompre, le pourvoir absolu corrompt absolument. »

Lord Acton (1834 – 1902)

Impératif: neutraliser Poutine, 1er mai 2022

mai 1, 2022

Un maître du monde menace d’utiliser l’arme nucléaire dont il est dépositaire en quantité supérieure. Supérieure ou non en quantité, si cette arme est utilisée, elle est l’annonce de l’agonie du monde, car sa qualité destructive est universelle, transfrontalière et immonde.

Depuis les années 1980, la science a élaboré les scénarios apocalyptiques de l’utilisation de l’arme nucléaire, même pour une « petite » guerre. L’énergie nucléaire et ses affres sont d’une capacité destructive incommensurable. Lisons :

« Au cours d’une guerre nucléaire, les explosions proches du sol expédieraient de grandes quantités de poussière dans l’atmosphère et les explosions qui se produiraient au-dessus des villes ou des forêts provoqueraient la formation brutale de gigantesques quantités de fumées lourdes de suies provenant des incendies. Les nuages de particules fines s’étendraient très vite… absorbant et diffusant la lumière du soleil, et refroidissant… ainsi la surface de la Terre. Les températures pourraient baisser très rapidement… au-dessous de zéro… pendant des mois… déclenchant ainsi un hiver nucléaire.   

Une telle guerre représenterait une catastrophe sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Les retombées radioactives, l’affaiblissement du système immunitaire des [humains], la maladie, l’effondrement des services civils et en particulier du service médical menaceraient une grande proportion des survivants.

Une large proportion des rescapés des conséquences immédiates de la guerre mourront vraisemblablement de froid, de faim, de maladies et de l’effet des radiations. …La guerre nucléaire pourrait donc amener dans son sillage une destruction de vies sans précédent dans toute l’histoire de l’homme sur la Terre et mettre ainsi en péril l’avenir de l’humanité. »

Déclaration commune du Vatican, 

janvier 1984,

signée par 18 savants du monde entier,

incluant 3 scientifiques de l’URSS

Il est donc impératif de neutraliser Poutine qui ose menacer de détruire la vie sur la planète. 

Neutraliser ne veut pas dire le tuer, car sa mort par assassinat ne signifierait pas une fin de la folie : les humains, l’homo sapiens, nous sommes tous de dangereuses bêtes qui peuvent facilement perdre la raison, détruire et tuer. Le plus difficile demeure de maintenir l’équilibre et de construire : construire sans arrêt la paix et éliminer la violence qui tue.

Les maîtres du monde qui souhaitent détruire et tuer doivent impérativement être neutralisés, sinon ce sera une longue agonie de la vie sur Terre.

L’important est de faire entendre raison à la folie humaine qui prend des proportions suicidaires déclarées et… démesurées.

Que la paix soit avec nous, mais pour ce faire, il faut y voir pour vrai : maîtres du monde, neutralisez vos maîtres fous.

Guy s’appelait « La fleur », 25 avril 2022

avril 25, 2022

Voilà! C’est fini : la rose s’est fanée.

Comme la vie, elle est partie

voir ailleurs pour être meilleure.

Et oui; tout ça, le temps d’une vie…

C’est la vie!

Guy a joué toutes ses parties.

« J’aurai tout donné »  

nous a-t-il dit de nous souvenir.

Et comment qu’il a tout donné :

l’hiver comme l’été,

Ti-Guy faisait pousser sa fleur.

Il ne faut pas pleurer,

il nous a tant réjouis…

il nous a tant fait vibrer, éclater, sauter!

Ti-Guy « La fleur » s’est amusé

à toujours faire de son mieux 

il faut continuer de jouer.

C’est à notre tour de tout donner.

Quand vous arroserez vos fleurs

pensez à celles qui ne durent 

qu’une enfance, qu’une vie de fleurs

si vite passée dans cette humanité

et qui nous donne tant de bonheur à ne pas rater.

Ti-Guy était bon en démon!

Le diable Lafleur, un démon blond 

doué pour le hockey,

« Il faut essayer pour le savoir »

Oui, il a vraiment essayé…

Toute sa vie!

C’était son secret : « essayer pour voir »

c’est maintenant notre secret à tous :

essayer pour savoir,

toujours essayer; arroser les fleurs

pour faire pousser « La Fleur » de notre Petit prince…

Philippe Giroul: une belle et grande voix s’est éteinte, 16 avril 2022

avril 17, 2022

Le 12 avril dernier, la nature a perdu une belle et grande voix : celle de M. Philippe Giroul, enseignant retraité du Québec et défenseur de cette nature qui ne peut toujours pas se faire entendre et écouter autrement que par les écologistes et les citoyens qui alertent.

Philippe Giroul a tenté depuis des décennies de donner à cette nature qui souffre, une voix qui crie silencieusement son désarroi. Il a réussi à faire taire les canons de l’armée canadienne située à Nicolet, laquelle ne se gênait pas pour tirer ses obus dans le fleuve Saint-Laurent sans autre souci de leur entraînement militaire. La famille Gentes de Nicolet a payé cher en 1982 la négligence de l’armée canadienne lorsqu’un obus ressemblant à une bûche a été jeté dans un feu de camp; son explosion causa la mort de Pierre Gentes. 

Il a été découvert depuis que plus de 300 000 obus furent tirés dans le lac Saint-Pierre par la Défense nationale sise à Nicolet et que plus de 8000 de ceux-ci n’avaient pas explosé! Philippe Giroul a entrepris d’éveiller les autorités à leurs responsabilités; sans lui, où en serait rendu ce respect de la nature et des citoyens? 

Philippe Giroul travaillait sans relâche et sans attendre la reconnaissance de personne pour obtenir des résultats à ses alertes. Il savait que c’est toujours très long avant d’obtenir une réelle écoute des autorités : il faut être tenace et confiant en soi pour savoir éclairer celles et ceux qui doivent ouvrir leur cœur et leur raison à plus de respect de cette nature qui n’a pas de voix et qui se meurt plus que jamais.

En tant qu’enseignant des petits enfants et des adolescents, Philippe Giroul a donné toute sa patience et son amour pour faire de nous tous des adultes matures qui savent respecter cette nature pour que nous puissions en jouir sans en abuser. L’équilibre est toujours à chercher et toujours difficile à maintenir, surtout en ces temps de guerre fratricide où les obus tuent plus que jamais des victimes innocentes de la bêtise de certaines autorités qui sont sans respect autant de la nature que de ses enfants.

Merci à M. Philippe Giroul d’avoir su être persévérant pour la cause du respect de la nature, cette nature dont la voix demeure trop silencieuse à sa souffrance laquelle pourtant est de plus en plus la nôtre si nous continuons à faire la sourde oreille à ses appels à l’aide.

L’inutile loi 21, 13 avril 2022

avril 13, 2022

La loi 21 est une atteinte directe à la Révolution des Lumières et à notre Révolution tranquille. L’évolution de l’esprit humain prend ainsi un tournant dangereux depuis l’instauration du code de vie à la municipalité d’Hérouxville.

Ces Révolutions historiques doivent suffire à consacrer la liberté de conscience à tous et la séparation des Églises de l’État.

Cette évolution de l’esprit humain face aux mystères de la vie et de la mort n’a pas encore été bien enseignée à tout un chacun : il ne sert à rien d’enfoncer de force dans la tête de quiconque, ce en quoi il doit croire. Chaque personne chemine dans sa foi et nul n’a le monopole d’une vérité à suivre sous menace quelconque. Si une loi impose une foi, nous ne sommes plus en démocratie et comme société, nous reculons. C’est l’histoire qui nous l’enseigne.

La charte du Québec des droits et libertés nous invite justement à ce respect entre nous. C’est ce respect qui doit être notre seule loi, sinon notre intolérance renaîtra.

L’évolution prend du temps; la vie est là pour la permettre au rythme de chaque chose et chaque être. Laissons la vie faire son œuvre, et surtout, que l’homme ne force pas la nature : qu’il la respecte. S’il veut la conquérir, qu’il apprenne d’abord à la respecter.

Telle est l’évolution de la Révolution des Lumières, laquelle reste encore à réaliser par la raison et le contrôle de nos passions, nos impulsions, de notre émotion du moment. 

Au Québec, il est fini ce temps où les religions pratiquaient leur ingérence politique au sein même du gouvernement; la Révolution tranquille a fait son œuvre et notre charte de 1975 l’a consacrée. Lisons-la et tenons-nous-y. Il est totalement inutile de nous redonner des dogmes avec une loi 21 qui condamne et exclut comme autrefois les religions persécutaient, terrorisaient, condamnaient et même excommuniaient celles et ceux qui osaient penser selon leur propre conscience. Souvenons-nous de ce Jean Jaurès pour qui il était possible de s’opposer aux religions ayant des prétentions politiques, s’opposer au cléricalisme, à l’injustice, sans être antireligieux. Jaurès refusait d’imposer par la force sa propre évolution.

L’histoire nous a tant appris (et encore aujourd’hui par cette guerre fratricide entre l’Ukraine et Moscou) que l’évolution humaine prend du temps à se réaliser; il faut l’apprendre sinon nous répétons nos erreurs. Oui, je reconnais que le chemin de l’évolution spirituelle est éternel puisque nous ne savons pas et que nous ne saurons jamais.

La laïcité de l’État du Québec existe sans la loi 21, et ce, depuis presque 50 ans. Les Québécois savent respecter la liberté de conscience de tout un chacun pour une paix réelle ni imposée ni relative ni fictive. La paix est toujours le résultat du respect de l’autre et de sa différence : jamais le fruit d’un autoritarisme ou du totalitarisme. 

Tous les Québécois doivent avoir la foi en soi, être de vrais démocrates, respectueux de notre charte et la faire vivre tous les jours de labeur que la vie nous impose, sans exclure personne à ce travail quotidien : inutile d’y ajouter les pesanteurs d’aucune guerre. 

N’attendons pas la perfection : elle n’est pas de ce monde.

« On vous entend, mais l’on ne vous écoute pas », 8 avril 2022

avril 8, 2022

John Emerich Edward Dalberg-Acton, dit Lord Acton (politicien britannique d’origine anglo-allemande et gênoise) vécu de 1834 à 1902. Selon Wikipédia, son influence fut majeure dans les discussions concernant le rôle du libéralisme et du modernisme au sein de l’Église catholique. Il est connu pour sa fameuse formule:

« Le pouvoir tend à corrompre, le pouvoir absolu corrompt absolument. 

Les grands hommes sont presque toujours des hommes mauvais. »

Cette citation qui traversa maintenant deux siècles d’histoire moderne devrait être écrite en grosses lettres noires sur fond blanc dans toutes les salles de conseils municipaux et des enceintes de tous les gouvernements des pays. Il me semble que l’ONU devrait proposer cette citation à tous les pays membres, afin d’inspirer nos « grandes » et nos « grands » à plus de transparence, d’intégrité, de retenue.

Mais cela suffirait-il? L’ »hommerie » disparaîtrait-elle? Ou du moins, pouvons-nous penser que nos « grandes » et nos « grands » deviendraient plus nombreux à être « bons » plutôt que « mauvais »?

Aujourd’hui, parmi nos femmes et nos hommes politiques qui pourront être considérés « grands » dans quelques années, il y a ceux qui décident sciemment de détruire l’environnement au nom d’une économie commerciale à sauver d’une catastrophe annoncée. La façon de faire en 2022 ne peut être pensée autrement que celle qui a toujours été privilégiée depuis la révolution industrielle, c’est-à-dire, « On fonce droit devant ». On poursuit de la même manière, même si cela va nous tuer, nous disent certaines autorités. N’est-ce pas là un suicide incluant des millions d’homicides?

Ici, à Trois-Rivières, le premier magistrat a exprimé le 6 avril dernier sa blessure émotive d’avoir été considéré un « écoblanchisseur » lorsque des écologistes lui ont demandé de ne pas donner son aval à un projet de destruction de terres humides (projet d’expansion de zones commerciales près des autoroutes 40 et 55). Il faut savoir qu’à Trois-Rivières, la municipalité n’en est pas à ses premières destructions des terres humides autorisées par le gouvernement du Québec et son ministère de l’environnement pour favoriser le développement industriel libéral et moderne.

Ce n’est pas d’hier que nous pataugeons dans ce cul-de-sac existentiel; l’humain qui veut vivre au paradis terrestre se ferme les yeux et les oreilles pour croire encore qu’on peut réussir là où nous avons raté jusqu’à maintenant. On nous chante qu’on nous entend, mais en réalité on ne nous écoute pas. L’écoute, ai-je défini un jour, « c’est recevoir avec intérêt la différence. » Les « grands » et les « grandes » se croient toujours au-dessus de la mêlée. Ils savent des choses que nous ne savons pas… 

Steven Guilbeault, ministre de l’environnement canadien, sera certes considéré aujourd’hui comme un « grand » ayant dit oui à la production additionnelle d’un milliard de barils de pétrole au Canada; demain cependant, qu’en dira l’histoire? Nos « grandes » et nos « grands » se préoccupent-ils vraiment de l’avenir?

Les mains « propres », 1er avril 2022

avril 1, 2022

Ce sont les savants qui nous ont dit d’apprendre de nos erreurs. 

L’un d’eux, Jean Rostand, biologiste, nous aurait laissé cette citation à méditer :

« Dans toute solution à un problème, il y a le germe du futur problème à résoudre. »

Ce n’est donc pas d’hier que nous devons douter des autorités qui ont toutes les autorisations pour détruire l’environnement au nom du progrès commercial.

L’humanité sait s’y prendre pour détruire et reconstruire; il semble que c’est sans fin : on détruit et l’on reconstruit depuis des millénaires. Reste cependant à se demander si la prochaine destruction sera finale et qu’il ne sera plus possible de reconstruire! Certains savants pensent qu’on s’approche de cette ultime fin : il y a plus de 50 ans, le Club de Rome nous avait éveillés à ce cul-de-sac existentiel : « Halte à la croissance! » nous avait-il alertés.

Mais l’humain demeure un rêveur, un conquérant : il balaye sous le tapis cette inquiétude. Et à Trois-Rivières, on ne fait pas exception; pas encore, semble-t-il. On peut avoir un doute raisonnable, car la décision de détruire des terres humides n’est pas encore officiellement prise par l’autorité locale.

Oui, les sermons bienveillants des autorités se multiplient pour justifier la destruction au nom bien évidemment d’une nécessité commerciale vitale. Mais certaines autorités reconnaissent maintenant qu’il faut se laver les mains avec plus de précautions si, demain, nous voulons continuer à chanter. 

Je lis présentement le deuxième livre d’Edward Bernays : « Propaganda; comment manipuler l’opinion en démocratie »: lisons :

« La manipulation consciente, intelligente, des opinions et des habitudes organisées des masses joue un rôle important dans une société démocratique. Ceux qui manipulent ce mécanisme social imperceptible forment un gouvernement invisible qui dirige véritablement le pays.

Nous sommes pour une large part gouvernés par des hommes dont nous ignorons tout, qui modèlent nos esprits, forgent nos goûts, nous soufflent nos idées. … Cette forme de coopération du plus grand nombre est une nécessité pour que nous puissions vivre ensemble au sein d’une société au fonctionnement bien huilé.

… Ce livre se propose d’expliquer la structure du mécanisme de contrôle de l’opinion publique, de montrer comment il est manipulé par ceux qui cherchent à susciter l’approbation générale pour une idée ou un produit particulier. »

Ce livre de Bernays ne date pas de 2022, mais de 1928! Il a servi au nazisme, aux cigarettiers et à nombre d’entreprises de relations publiques. Comme quoi les spécialistes des communications pour manipuler l’opinion publique ont plus d’un siècle d’expérience pour nous faire dire « OUI » à ce qui est devenu aujourd’hui inacceptable : la destruction de l’environnement.

Ce 30 mars dernier, à l’Hôtel de Ville de Trois-Rivières, on se serait cru en 1928 : la présentation de la destruction des terres humides semblait tellement insignifiante qu’on se demandait pourquoi s’insurger. Et pourtant, des savants le disent : il faut cesser la destruction. Ailleurs au Québec, des villes importantes ont pris le virage de la cessation de la destruction.

La Ville de Trois-Rivières, ses conseillers municipaux, son premier magistrat et son officier commercial ont les mains propres : la destruction de l’environnement, comme dans le bon vieux temps, peut se faire : toutes les autorisations ont été obtenues du grand frère provincial : Trois-Rivières a la permission de détruire encore une fois ses terres humides.

Se pourrait-il cependant qu’un doute surgisse, que les mains ne soient pas assez propres et que la pandémie mortelle resurgisse? Jean Rostand peut-il encore faire comprendre qu’il y a toujours un germe d’erreur dans nos vieilles solutions de croissance? Ne faudrait-il pas plutôt récupérer de nos infrastructures vieillissantes et ainsi éviter de détruire pour rien? 

Aujourd’hui, être « vert » c’est difficile; il faut apprendre de nos erreurs, s’efforcer de récupérer et même cesser d’être archaïque. Avoir les mains propres ne suffit plus : elles doivent être exemptes de tous germes, sinon… 

L’information de la désinformation, 22 mars 2022

mars 22, 2022

Il est remarquable de découvrir comment l’humain peut vendre un réfrigérateur à un Esquimau.

On peut d’abord engager un Esquimau pour vendre les réfrigérateurs aux Esquimaux; ça rend la vente de l’appareil plus crédible et tout le monde achète les yeux fermés… ou presque.

Ensuite, on peut faire croire qu’il faudra nettoyer l’endroit où sera installé le réfrigérateur et que cette opération nécessaire s’appellera « décontamination » du terrain. C’est là qu’on rasera tout ce qui dérange.

On peut même expliquer qu’en tant qu’expert de l’appareil à construire et à installer, on a examiné très scrupuleusement toutes les options possibles qui s’offraient à l’autorité pour décider : personne au monde ne connaît mieux le dossier que les experts. Rien ne sert de s’offusquer ou de tergiverser davantage : le choix de faire la guerre et la décontamination était nécessaire. Quand l’autorité nous dit que c’est ce qu’il fallait faire à tout prix, pourquoi nous faudrait-il douter de ces gens? Et pour qui nous prenons-nous de penser qu’en tant qu’Esquimaux, on aurait pu ne pas avoir besoin de réfrigérateurs : qu’on aurait pu s’en passer facilement et vivre quand même très décemment et confortablement? De plus, tout le monde n’a-t-il pas droit à la modernité?

L’autorité qui décide que la construction d’une cathédrale est nécessaire pour notre cardinal considérera qu’il n’y a pas de prix pour la gloire de notre seigneur. Et la construction se fera aux frais du peuple qui s’agenouillera et priera Dieu de le bénir et de sauver son peuple choisi… Il remerciera l’autorité d’avoir construit si beau et si riche; il le méritait bien… le peuple!

Ça fait des millénaires que l’autorité vend des réfrigérateurs aux Esquimaux; tout le monde connaît l’information, la formule éprouvée tellement de fois. Certains appellent ça « faire virer l’économie »; d’autres, l’usage de la « langue de bois » pour expliquer. Oui, l’information est tellement bien connue aujourd’hui qu’on est obligé de l’appeler « désinformation » pour faire comprendre à l’autorité l’erreur qu’elle fait depuis toujours : vendre des réfrigérateurs à des gens qui peuvent s’en passer. L’erreur est tellement grosse que plus personne ne la voit. On se promène avec des 4 roues motrices sur des routes complètement planes et dégagées, on bâtit des amphithéâtres comme les anciens le faisaient pour faire manger des chrétiens par des lions (on créera bien des spectacles pour divertir le peuple…), on fabrique des trottoirs bizarres même là où aucun piéton ne marche, et quoi d’autre encore?

N’y a-t-il pas des limites à exploiter la crédulité du peuple? Et cette limite n’est-elle pas maintenant atteinte? C’est ce que nous disent d’autres experts…

Continuons à nous désinformer les yeux fermés, on disparaîtra comme certains peuples qui actuellement se tuent et se détruisent pour mieux exister!

Comment définir le mot désinformation : on pourrait dire que c’est apprendre des vérités douteuses sur un sujet une fois le fait accompli et qu’il ne sert plus à rien de connaître la vérité cachée.

Et avez-vous remarqué quand on apprend la désinformation? On l’apprend justement au moment du fait accompli! C’est là un indice qui ne ment pas. Durant la période qui précède le fait accompli, les experts récoltent l’information qu’il ne faudrait pas que nous sachions, car si nous savions ce qu’ils savent avant que le fait soit accompli le peuple pourrait avoir bien des choses à dire et à proposer qui mettraient ainsi en péril l’objectif poursuivi. Alors « top secret » sur l’information : on sortira la désinformation au bon moment. Et alors on fera la guerre qu’il faudra avec les armes nécessaires d’information de la désinformation.

Alors pourquoi donc n’apprenons-nous pas l’information avant le fait accompli? Tout simplement parce que la désinformation doit toujours être rendue publique après le fait accompli; jamais avant : si c’était avant, celle-ci s’enrichirait d’informations importantes venant du peuple asservi, laquelle information détruirait la désinformation! Et alors le projet risquerait de ne pas voir le jour comme l’autorité l’avait planifié, elle seule, comme elle le voulait dans ses cartons.

 Vous venez de lire ce qu’il est convenu d’appeler de l’ironie et ce n’est pas drôle.

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Lisons ci-maintenant le reportage d’un journaliste du journal « Le Nouvelliste » de Trois-Rivières:

Résidences pour étudiants autochtones à Trois-Rivières: les travaux débutent… à la surprise des voisins

Les personnes habituées de se promener dans la forêt au bout de la place Henri-Weber, à Trois-Rivières, ont eu tout un choc, cette semaine, en constatant qu’elle a été en grande partie rasée. C’est que sous peu, cette section située entre la piste cyclable et la rivière Milette accueillera des résidences destinées aux autochtones venus étudier à Trois-Rivières et deux bâtiments qui hébergeront le Centre de l’amitié autochtone de Trois-Rivières, un CPE et une maternelle 4 ans.

Ce projet est en route depuis 2018, mais ce n’est qu’en 2020 que le site a été choisi. Après avoir fait des analyses de sol, qui ont d’ailleurs conclu qu’une décontamination du site sera nécessaire, la machinerie a finalement fait son œuvre la semaine dernière, coupant tout sur son passage. Le directeur général de la Société immobilière du Regroupement des centres de l’amitié autochtone du Québec (SIRCAAQ), Laurent Odjick, assure toutefois que c’est une coupe sélective qui a été faite.

«Ça peut avoir l’air d’une coupe à blanc, mais avant, on s’est promené à maintes reprises avec un arpenteur pour conserver le maximum d’arbres possibles», soutient-il.

Sept des plus grands arbres qui ont été coupés seront par ailleurs confiés à l’artiste atikamekw Jacques Newashish, qui en fera des sculptures. Celles-ci seront ensuite installées sur le site ou dans les futurs bâtiments, ajoute M. Odjick.

Ce dernier ajoute en outre que l’an dernier, plus de 3000 spécimens d’une fleur considérée comme une espèce menacée ont été relocalisés. Enfin, si la coupe s’est faite aussi rapidement, c’est pour éviter de perturber les oiseaux pendant leur période de nidification, qui débute à la fin mars, dit-il.

Bref, selon M. Odjick, tout a été fait pour que la nature soit épargnée, dans la mesure du possible. «On a l’intention de replanter autant d’arbres qu’on en a coupés», mentionne-t-il.

Si la coupe s’est faite aussi rapidement, c’est pour éviter de perturber les oiseaux pendant leur période de nidification, qui débute à la fin mars, selon la SIRCAAQ.

Manque de consultation?

Il n’empêche que pendant les travaux de décontamination, qui visent à disposer de morceaux d’un ancien viaduc enseveli sur place dans les années 80, l’accès au site, par lequel on pouvait accéder à l’Aire écologique de la rivière Millette, sera barré au public. M. Odjick indique en effet que des promeneurs seraient à risque de tomber dans les trous qui doivent être creusés. L’accès à l’Aire écologique sera rétabli une fois les travaux terminés. Le sentier sera refait et puisqu’il longe un ravin, un garde-fou sera installé.

Un citoyen qui a contacté Le Nouvelliste a toutefois déploré que les résidents du quartier aient été avisés très tardivement de l’arrivée de la machinerie. Un accroche-porte a été distribué au cours des dernières semaines, un délai qu’il juge très court. Les coordonnées de la SIRCAAQ y figuraient, de même que celles du conseiller du district de La Vérendrye, Dany Carpentier.

Contacté par Le Nouvelliste, ce dernier mentionne son appui au projet depuis le début. Toutefois, à l’époque, le secteur ne faisait pas encore partie de son district.

«Je ne connaissais pas les gens du quartier, je n’ai pas fait de porte-à-porte. Et puis j’avais d’autres combats à mener, notamment avec le dossier de l’église Sainte-Marguerite. Mais dans ma perception, dans ce bout de quartier, les gens sont principalement locataires, il y a beaucoup d’étudiants. Ce projet est vraiment à la bonne place, dans le souci de limiter l’étalement urbain et avec tous les services qui s’y rendent déjà, notamment l’eau potable», explique-t-il.

Le conseiller confie cependant qu’il aurait préféré que les citoyens soient inclus dans la préparation du projet de développement.

«Voici une autre démonstration que la façon de faire du développement urbain doit se faire de façon évidente avec les citoyens. Ça ne peut pas se faire sans cette considération. On ne peut pas arriver avec une information et non une consultation. Alors même si ce n’était pas dans mon district à l’époque, je ne m’en lave pas les mains, j’aurais pu faire une consultation. Je pense qu’en 2022, il faut soutenir la consultation citoyenne pour créer le vivre ensemble», convient-il.

Même s’il reconnaît que la façon de faire aurait pu être meilleure, M. Carpentier réitère que selon lui, ce projet est à sa place à cet endroit.

«Il n’y a pas de doutes là-dessus. C’est au cœur de la ville, près des services. Je pense que les Premières nations méritent d’y avoir une place», affirme-t-il.

Laurent Odjick, pour sa part, jure que si un autre endroit avec les mêmes caractéristiques avait été disponible, il aurait sauté sur l’occasion.

«On a visité quelques terrains, mais le seul site qui convenait, c’était celui-là. S’il y avait eu un terrain qui n’était pas contaminé, ailleurs, c’est certain que je l’aurais pris, je me serais épargné ça (la décontamination)», soutient-il.

La SIRCAAQ entend d’ailleurs rencontrer les citoyens du quartier prochainement.

«On veut leur présenter le projet et notre échéancier, parce qu’on voit bien que les gens se demandent pourquoi les arbres sont coupés. On veut aussi se faire connaître, parce que beaucoup pensent qu’on est un promoteur privé, alors qu’on est un organisme à but non lucratif», ajoute M. Odjick.

Second projet du genre au Québec

Si tout se passe comme prévu, la première pelletée de terre devrait avoir lieu en juin, cette année. La construction se poursuivra jusqu’en août 2023.

Rappelons que ce projet aura nécessité des investissements de plus de 20 millions $, notamment de la part du gouvernement du Québec. Le ministère de l’Enseignement supérieur souhaitait ainsi améliorer le taux de diplomation postsecondaire au sein des Premières Nations.

Il s’agit du second projet du genre à être développé par la SIRCAAQ depuis 2017, l’autre étant à Sept-Îles. Les premiers locataires devraient pouvoir y loger à partir du mois d’août 2022. On y comptera 28 appartements.

À Trois-Rivières, ce sont plutôt 42 logements qui seront construits. Le CPE devrait accueillir 37 enfants.

Un troisième projet de milieu de vie destiné aux étudiants autochtones a été annoncé l’automne dernier, à Québec.

Machines de guerre à Trois-Rivières, 17 mars 2022

mars 17, 2022

Et la ville a tout béni… Mais que voulez-vous? Il faut bien détruire pour construire; non?

Quand la construction va, tout va! Sur un air bien connu de l’industrie de la construction : un monde qui chante!

Personne ne s’interroge à savoir si la destruction nécessaire à la construction était d’une absolue nécessité; là n’est pas la question pour certains « responsables » : le développement n’a tout simplement pas de prix. La question n’est pas de savoir si la ville, le monde, la planète, l’humanité a un absolu besoin de construire et donc, de détruire les milieux naturels. Pourtant, d’autres responsables savent qu’il y a des milieux naturels à protéger aujourd’hui plus que jamais, plus que tout.

Ce que l’industrie de la construction a comme réponse à donner au besoin de logement n’est pas sur des questions de besoin absolu à satisfaire ni de milieux à protéger; leur réponse tient sur des questions de désirs à créer et à combler coûte que coûte. 

Un désir n’est pas nécessaire; c’est un besoin dont la nécessité a été modifiée, et dont le coût est multiplié pour faire gonfler les profits financiers : c’est souvent une création de l’homme qui n’a pour seule fin que l’assouvissement de plaisirs, moyennant des prix à débourser que seule une élite fortunée peut se payer. Pourquoi une Timex quand on peut se payer une Rolex?

La ville ouvre les permis de construction, bien heureuse de l’entrée future des taxes foncières, et l’industrie de la construction se met à chanter son air favori. Quant à l’environnement… et bien, malheureusement on l’aura oublié encore une fois celui-là.

En Amérique, on n’est plus au niveau des besoins; c’est le plus, plus, plus qui est en demande. En Amérique, on n’est plus à la satisfaction des besoins; c’est la satisfaction du superflu. Henry Ford l’avait bien compris en payant grassement ses employés pour qu’ils puissent acheter ses machines!

Oui, très certainement la ville a béni la destruction des milieux naturels. Il n’y a pas de progrès sans destruction; pas de construction sans destruction de la nature. Et ça sentait le bon bois fraîchement coupé par les machines de guerre très performantes en termes de destruction.

Quant à la bonne question, elle n’a jamais été posée : « En avions-nous absolument besoin? Il ne fallait pas la poser et elle n’a pas été posée par personne, car si elle avait été posée, tout le monde aurait réussi l’examen en répondant par la logique : NON! Quel intérêt à dire « non » à la destruction alors qu’il fallait dire « oui » pour remplir ses poches? 

« Penser, c’est dire NON! », nous instruit Alain. Mais à quoi sert-il de penser? Tout est pensé d’avance par des gens responsables! Je deviens ironique et c’est malsain. Faut-il en rire? Je ne pense pas : je dis « non » à ce ricanement. Jeter l’éponge c’est dire à nos enfants : «aller au diable!»

J’enrage de me faire rouler dans la farine par celles et ceux que j’ai installés sur le trône du pouvoir et qui encaissent avec désinvolture mes impôts fonciers et leur retraite dorée pour avoir servi de cette manière la destruction de notre planète. 

On n’a plus la logique d’antan. C’est la guerre contre l’environnement et les machines pour tuer sont les plus fortes. L’escalade destructive se poursuit de plus belle. 

La guerre : quel dommage! L’humain, une bête de contradictions.