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Ste-Perpétue, sophistes et SPCA, 9/juillet/2014

juillet 9, 2014

Voici qu’une ancienne vedette du hockey majeur en Amérique du Nord se lance à la défense des animaux maltraités: Georges Laraque, reconnu beaucoup plus pour sa grande brutalité sur la patinoire que comme joueur de hockey, lève le drapeau contre la violence faite aux animaux.

Le journal "Le Nouvelliste" de Trois-Rivières (Québec, Canada) rapporte que l’ex-hockeyeur qualifie de « dégueulasses » les courses du cochon graissé au Festival du cochon de Ste-Perpétue.

Devant le phénomène de l’exploitation du cochon à des fins récréatives, Georges Laraque lance un appel au boycottage du festival du cochon de Ste-Perpétue; il considère que "les gens qui vont assister à cet événement n’ont aucune compassion pour les animaux." 29 juin 2014 (pour les abonnés, voir le site Facebook de Georges Laraque).

Quant à l’organisation du festival, celle-ci affirme garder un goût amer de ces propos et assure que les animaux ne sont pas maltraités.

Lisons les arguments de l’organisation, lesquels viennent de sa coordonnatrice aux communications, Madame Catherine Boisclair:

  • "…sachez que le Festival du cochon a toujours porté une grande attention au bien-être de son animal vedette."
  • " …nous demandons aux gens de rester respectueux dans leurs publications et leurs commentaires."
  • "…il faut savoir que nos compétitions se déroulent selon des règles très précises qui visent à protéger l’animal."
  • "Le cochon doit être soulevé à bras-le-corps et déposé dans un baril rembourré situé au centre de l’arène. Les participants ne peuvent pas attraper le cochon par les oreilles, les pattes ou la queue. Pendant la course, un arbitre veille à ce que les règlements soient respectés."
  • "De plus, il y a autant de cochons que de participants. Ils se retrouvent donc dans l’arène pour un maximum de 90 secondes et croyez-nous … le participant s’essouffle beaucoup plus vite que notre cochon. Spécifions également qu’au cours des 36 dernières années, aucun cochon n’a subi de blessures."
  • "Le Festival du cochon est un événement familial qui présente trois grands volets distincts: sportif, gourmand, et artistique. L’organisation accueille des chanteurs et des artistes de renom qui viennent présenter leur spectacle devant leurs fans de partout au Québec. Nous trouvons vraiment malheureux de constater que M. Laraque ne tienne pas compte de l’importance de l’apport économique du Festival du cochon pour le milieu artistique québécois."
  • "L’événement fait rouler l’économie locale en plus de créer de l’emploi (quatre permanents et dix saisonniers)."
  • "Plus de 350 bénévoles permettent sa réalisation et près de 35,000 festivaliers s’y donnent rendez-vous chaque année."
  • "… questionnez une des 100,000 personnes qui ont assisté à la Course nationale du cochon graissé, elles sauront certainement vous convaincre de la qualité du spectacle présenté."

Bon! Disons que Mme Boisclair a un festival à vendre.

Devant la polémique suscitée par Georges Laraque, Mme Ginette Gagnon, éditorialiste au journal "Le Nouvelliste" a décidé de défendre la position du Festival; le titre de son éditorial du 2 juillet 2014:

Quelle mouche l’a piqué?

Lisons maintenant les arguments de Mme Gagnon:

  • "…qu’il appelle au boycottage sous prétexte que les animaux y seraient maltraités, c’est une injuste et grossière accusation."
  • "On peut comprendre que les gens sensibles en général au sort réservé aux animaux et qu’ils soient prompts à dénoncer les situations de maltraitance. Mais est-ce le cas à Sainte-Perpétue? Bien sûr que non."
  • "… la Société de protection des animaux (SPA) ne l’a jamais non plus dénoncé…"
  • ",,,, l’organisation jouit du soutien financier de grands commanditaires comme le gouvernement québécois, Loto-Québécois et Desjardins…"
  • "…sans compter que le Festival a mérité plusieurs fois des distinctions, notamment aux Grands Prix québécois du tourisme."
  • "On voit mal qu’on ait pu récompenser une activité populaire qui soit à ce point indécente."
  • "Franchement, Georges Laraque dit n’importe quoi…. Décidément, monsieur Laraque se cherche de la publicité."
  • "…est-ce qu’on peut sérieusement prétendre que les cochons que des participants tentent d’attraper dans la boue sont terrorisés?"
  • "Les animaux ne sont pas en danger ni affamés. Il y a même des règles qui empêchent qu’on puisse blesser les porcs. Les participants n’ont pas le droit, par exemple, de leur tirer la queue ou les oreilles. Bref, la course n’est pas synonyme de boucherie non plus."
  • " … il y a pire en matière de cruauté animale. Des chiens et des chats abandonnés à la tonne et laissés à eux-mêmes en cette période annuelle des déménagements. Des chiens et des chats mal nourris, sur qui les propriétaires sans scrupule se défoulent à coups de pieds. Des chenils infects découverts à de nombreux endroits. …"
  • " La sortie de Georges Laraque est d’autant plus choquante qu’il s’acharne à discréditer un Festival à succès qui est au coeur de l’économie du petit village de Sainte-Perpétue."

Bon! Disons que Madame Gagnon a un journal à vendre!

Pour nos deux comparses, ce ne sont pas les sophistes qui manquent pour tenter de justifier la " non-maltraitance " du cochonnet durant sa course dans la boue. On utilise à la tonne des arguments, surtout POUR le festival, sans aucun souci de logique contre la dénonciation faite par Georges Laraque. C’est que Georges Laraque a tout simplement raison de faire sa dénonciation et son appel au boycottage; alors on contourne la vraie question qui fait le problème.

Ça me rappelle une remarque dite par l’ex-ministre Diane Lemieux il y a quelques années qui avait affirmé innocemment sur les ondes de la radio "que ce qui comptait, c’était les résultats", parlant d’une consigne mise de l’avant dans son ministère au gouvernement du Québec du temps. Quand ce sont les résultats qui comptent, il faudrait donc rappeler à certaines gens que peu importe alors les moyens utilisés pour arriver à leurs fins, ils auront toujours la bénédiction du commun des mortels! Il est souvent triste de lire ou d’écouter nos élites journalistiques, nos dirigeants d’entreprises ou nos élus qui font tout pour convaincre. Belle philosophie de société que la nôtre! Convaincre par des arguments tordus, sinon carrément illogiques ou faux.

 

J’ai dû réagir à la suite de ma lecture de l’éditorial de Mme Gagnon; je lui ai adressé personnellement le courriel suivant le 2 juillet dernier:

Bonjour Mme Gagnon,

Et si Ste-Perpétue faisait la promotion de son festival sans ce qui porte à controverse: pas de course du cochon graissé. Peut-on croire que les citoyens pourraient quand même exécuter leurs réjouissances estivales et célébrer la vie, la paix, l’abondance, etc.? 

Personnellement, je trouve rétrograde ce genre d’activités où les animaux sont utilisés (exploités) par les hommes pour divertir les foules et attirer ainsi l’argent dans les coffres d’une communauté, une municipalité. L’activité ne rehausse très certainement pas le respect à l’animal (un quelconque animal). À quels besoins répond cette activité? (course du cochon graissé) S’amuser? Bien, alors amusons-nous en respectant notre environnement, pas à son détriment.

 Qui peut vraiment dire que l’animal ne souffre pas? Personne. À tout le moins, il n’est certes pas dans la joie, mais bien dans la peur de se faire tuer, sinon maltraiter! Son instinct lui commande de fuir; si c’était pour être nourri, caressé, aimé, pensez-vous qu’il fuirait?

Imaginons le Festival de Ste-Perpétue sans cette course; est-ce que les gains économiques baisseraient à ce point de fermer ce festival? Si oui, alors quiconque a un certain respect de l’utilisation des animaux à des fins économiques, commerciales et financières devrait au moins s’interroger sur ses instincts, son humanité et ce qui le divertit comme personne. Peu importe les règlements (et l’on sait très bien comment les femmes et les hommes réussissent à contourner tous les règlements de ce monde imparfait), l’exploitation des animaux dépasse l’imagination humaine; c’est trop souvent à de simples fins financières et commerciales qu’on les utilise sans respect. Et c’est tellement facile… 

L’évolution d’une société vers plus de respect, plus d’humanité, passe souvent par une interrogation sur ce qui est le plus facile à exploiter: l’environnement. Si l’on bafoue et exploite ce qui est le plus vulnérable à des fins économiques douteuses, notre humanité n’est-elle pas au plus bas? 

L’exploitation de la vulnérabilité est ce qui permet à certaines personnes sans scrupule de créer des activités économiques dont la noblesse demeure douteuse, sinon au moins discutable à plus d’un point de vue. 

Règlements ou pas pour assurer le bien-être du cochon, l’activité de la course du cochon graissé demeure problématique pour une société dite évoluée, et une société où son économie repose de plus en plus sur ses distractions et non sur l’essentiel: le sens de la vie et de l’existence.

 Je vous remercie de m’avoir lu.

 

Nous ratons ces occasions de réfléchir par nous-mêmes et de sincèrement chercher la vérité avec raison. Souvent aussi parce que l’auteur d’une dénonciation n’a pas la caution morale pour dire sa critique, nous la considérons de facto non avenue et inacceptable. Ce sont là des réflexes auxquels il faut se méfier.

Ce Georges Laraque n’a pas tort et même a très probablement raison: bien d’autres festivals doivent aussi s’interroger…

Souvenons-nous de ces sophistes avant d’argumenter:

  • l’appel à la popularité ou au grand nombre: faire croire qu’une affirmation est vraie parce que largement partagée,
  • l’appel à la tradition: faire croire qu’une affirmation est vraie parce qu’acceptée depuis longtemps,
  • l’attaque contre la personne: attaquer celui qui argumente au lieu de discuter de ses arguments,
  • la pente fatale: ne pas accepter une critique parce qu’elle entraîne une détérioration qui est inacceptable aux yeux de tous; autrement dit, refuser une position en invoquant des conséquences de plus en plus lointaines et de moins en moins probables,
  • l’appel au sentiment: susciter une émotion plutôt que formuler une raison,
  • l’appel à l’autorité: invoquer le prestige ou l’image d’une personne, d’une doctrine, d’un organisme, etc., à la place d’une raison,
  • Généralisation hâtive: effectuer une démarche inductive à partir d’un échantillonnage trop restreint,
  • l’appel à la nouveauté: faire croire qu’une affirmation est vraie parce que récente, marquée par l’innovation,
  • le faux dilemme: présenter une alternative extrême comme la seule possible.

Source: "Philosophie; raison, vérité, conaissance" par Michel Larocque et Vincent Rowell, collection Philosophie, Éditions Études Vivantes, 2 trimestre 1996.

Remarquons que l’éditorialiste Ginette Gagnon a utilisé entre autres arguments sophistiques celui de « l’appel à l’autorité »: la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) de Montréal. Celle-ci a cependant dénoncé la course du cochon graissé quelques jours après l’éditorial de Mme Gagnon; ce qui en a surprit plus d’un de l’organisation du festival! Écoutons les arguments de M. Michel Jutras, directeur général du festival de Ste-Perpétue le 3 juillet 2014:

"… ce même organisme (SPCA) avait autrefois donné son approbation envers le déroulement de la course du cochon graissé. … cette visite aurait eu lieu en 1980 ou 1981, alors que la première édition du festival était en 1977./ Ils étaient venus visiter et étaient repartis et n’ont jamais dit quoi que ce soit."

Sur le site Web du Festival on y lit ceci:

"Est-ce que le cochon souffre ou a des douleurs? Réponse: Soyez assurés que la SPCA a évalué le déroulement de la compétition avec une très grande rigueur et a jugé l’activité non dangereuse pour le cochon."

Mais alors M. Jutras, la SPCA est-elle repartie en 1980 ou 1981 sans rien dire, ou si elle a bénit ce festival?

Peu importe les déclarations de M. Jutras; aujourd’hui, en 2014, la SPCA dénonce catégoriquement le sort fait aux cochonnets du Festival de Ste-Perpétue. Lisons le journal "Le Nouvelliste" du 4 juillet 2014;

  • "Nous sommes contre le Festival du cochon de Sainte-Perpétue et contre tout autre festival qui utilise des animaux pour le divertissement."
  • C’est évident que le cochon n’est pas content. Il est victime de stress et est en souffrance. C’est absolument inutile comme divertissement."
  • "En principe, quand un animal est utilisé pour le profit et pour le divertissement, ce n’est pas pour le bien-être de l’animal."

nous déclarait Mme Anita Kapuscinska, coordonnatrice aux relations de presse de la SPCA.

Maintenant, décidons de la société dans laquelle nous voulons vivre.

Personnellement, je n’ai jamais participé à ce festival de Ste-Perpétue et n’irai certes pas pour voir cette course dite "NATIONALE" du cochon graissé.

Julie Boulet: pharmacienne, députée et doigt d’honneur. 27/05/2014

mai 27, 2014

Est-ce que vous vous êtes déjà fait faire un "doigt d’honneur"?

Avez-vous déjà fait un "doigt d’honneur" à une autre personne?

Selon vous, que signifie ce geste appelé "doigt d’honneur"?

Pour moi, ce geste équivaut à cracher sur mes parents et l’éducation qu’ils m’ont donnée…ou celle qu’ils ne m’ont pas donnée.

Un "doigt d’honneur" c’est un langage non verbal qui tient lieu d’un langage verbal d’une vulgarité extrême et innommable.

Un tel geste, qu’il soit fait spontanément ou après réflexion, dévoile la vraie nature de la personne qui le fait: une nature irrespectueuse de sa propre personne et de sa fierté de personne civilisée, ou vivant dans un pays dit "civilisé". Quand on a de l’éducation, on sait se placer au-dessus de la bêtise et d’en avoir le courage qui l’exige. Quand l’éducation ou le savoir-vivre manquent, on n’a pas cette retenue de bon aloi, ce jugement, ni ce courage qui font justement une société où le civisme sait s’imposer bien au-dessus la barbarie, la grossièreté, la vulgarité.

L’espace entre une société civilisée et une autre qu’on pourrait qualifier de barbare tient souvent à peu de choses: c’est la politesse et ses marques de considération entre nous tous, peu importe la noblesse de nos fonctions, qui est cette première vertu que nous devrions privilégier pour favoriser ce niveau de civisme de base, et en même temps, ce niveau de savoir-vivre qui cré ce plaisir et ce respect du vivre ensemble, et non cette violence latente et réelle qui crée la haine et les guerres inutiles.

Ce n’est pas parce que certains n’ont pas cette éducation de base qu’il faut tomber dans leur piège de la bêtise. Celles et ceux qui ont reçu cet apprentissage au respect de soi et des autres savent réagir en personne responsable de leur geste. On les appelle des adultes matures.

Difficile la politesse, le savoir-vivre, le civisme? Oui, de plus en plus une grave lacune de notre société québécoise surtout quand nos "élites" (soi-disant nos "élites") enseignent le contraire à tous par l’exemple de leurs gestes triviaux.

Des excuses ne suffisent pas de la part de n’importe quelle personnalité publique. C’est là un manque de jugement flagrant qui ouvre la porte à tous les autres mauvais jugements dans la gestion de l’État. Mme Boulet devra juger elle-même de sa capacité à être députée et dire autre chose que " Je m’excuse auprès du député de…" 

Rendez-vous avec l’Histoire à St-Léon-le-Grand, P.Q. 6/05/2014

mai 6, 2014

Les citoyens membres de la Caisse populaire de St-Léon-le-Grand ont rendez-vous le 21 mai prochain à 20 heures à la salle des loisirs du village. Voilà une occasion pour ces citoyens membres à ne pas rater.

Une assemblée générale extraordinaire permettra à chacune et chacun de voter sur un projet de fusion par absorption d’une des vraies Caisses populaires encore existantes au Québec, avec la gargantuesque succursale de Louiseville du gigantesque Mouvement Desjardins de Montréal.

Pour les gens de St-Léon-le-Grand encore propriétaires de leur coopérative de services financiers Desjardins, ce sera là leur seule chance de dire « NON » à leur éventuelle disparition; s’ils disent « OUI » à la fusion, Louiseville les absorbera à jamais, et très bientôt, s’en sera fini de la coopération des services financiers avec les citoyens de St-Léon, fini de leur autonomie de gestion et de décision, fini de leur patrimoine de près de 1 million de dollars. Tout sera transféré à Louiseville, à son seul profit et à sa seule direction.

Celles et ceux qui croient que St-Léon conservera son "Centre de services" près de l’église du village doivent interroger leurs dirigeants ainsi que l’Histoire du Mouvement Desjardins au cours des 25 dernières années: partout au Québec, en Mauricie, au Centre-du-Québec, en Montérégie, en Estrie, en Gaspésie, etc., partout dis-je, de beaux édifices du réseau de Caisses populaires d’antan sont maintenant vides, et l’esprit de coopération est disparue, laissant place à une mercantile exploitation néolibérale sans pareille. Les membres font tous aujourd’hui leur deuil d’avoir été leurrés par ces projets de fusion qui pourtant annonçaient assurément leur prochaine agonie et disparition.

Oui, les citoyens membres de la Caisse populaire de St-Léon-le-Grand ont rendez-vous avec l’Histoire ce 21 mai prochain, car s’ils osent dire « NON » à la fusion, ils diront « OUI » à la résurrection de la coopération et son réel esprit d’entraide. Celles et ceux qui veulent faire l’Histoire devront se lever et se rendre à leur salle des loisirs du village et réécrire la belle histoire de St-Léon-le-Grand et celle de Dorimène et d’Alphonse Desjardins: maître chez nous!

N’oubliez pas qu’en 1900, ce n’était certes pas plus facile qu’en 2014.

Au vote citoyenne! Au vote citoyen, et exigez un scrutin secret: pour ce, il faut « simplement » que le quart de l’assemblée votante exprime ce souhait, sinon le vote se fera à main levée! Ainsi va la démocratie chez Desjardins: une démocratie de surface s’il en est une, avec souvent moins de 1% des membres qui viennent voter un soir de semaine…, tard! Un tel projet devrait faire l’objet d’un référendum, pas d’une soirée vitement bâclée en catimini.

Citoyennes et citoyens membres de St-Léon, si vous votez OUI à la fusion, vous votez OUI à votre disparition. Si vous votez NON à la fusion, vous votez OUI à votre pérennité, à la proximité de votre Caisse populaire à St-Léon même, et vous ferez l’Histoire. L’occasion est grande à St-Léon-le-Grand; ne la ratez pas.

La Caisse populaire de St-Léon-le-Grand: échec de coopération DESJARDINS 26/04/2014

avril 26, 2014

C’est à la fin des années 80 que des citoyens déçus de St-Léon-le-Grand ont entrepris des démarches auprès de la Fédération de Trois-Rivières pour créer leur propre Caisse populaire Desjardins. Les dirigeants de la Caisse de Louiseville ayant refusé d’ouvrir un comptoir à St-Léon, considérant là une dépense inutile à sa croissance puisqu’ils avaient, disaient-ils, plus de 80 % de l’épargne des villageois voisins de St-Léon. Premier échec de coopération.

Fier et foi en leurs capacités financières et administratives, les citoyens de St-Léon se sont tranquillement réveillés à leur force d’action. Ainsi, au fil des années et malgré le peu de coopération tangible, la Caisse populaire aura amassé plus de 930,000. $ en réserve et capital social. Mais lors des dernières années, une situation mystérieuse aura limé à l’os la fibre coopérative des gens de St-Léon-le-Grand, et ce sont les bras tombants et la tête basse que nos dirigeants et citoyens villageois baisseront pavillon le 21 mai prochain (2014); une assemblée générale extraordinaire de fusion avec la caisse qui leur a dit NON finira de faire mourir cette coopérative Desjardins. Deuxième échec de coopération.

St-Léon-le Grand était la plus petite des Caisses de la province et l’aura probablement été toute sa vie: St-Léon-le-Grand, St-Léon-la-Petite; et le grand Mouvement Desjardins si puissant à investir 150,000,000. $ à Montréal pour se rajeunir, laissera mourir l’une d’elles, St-Léon-la-plus-Jeune, au profit de la métropole du Québec et de son centre-ville financier. Troisième échec de coopération.

L’Échec de cette coopérative est l’échec de la coopération, de son "spirit", non pas de ses millions de dollars. L’esprit de coopération se voit aujourd’hui dans ses palaces, dans ses commandites au Gouvernement et ses municipalités, à l’État. Politiquement, la coopération est devenue du communisme. Et pour les sociétaires, ils ne restent que quelques miettes, et encore, s’ils contestent, le danger de l’extradition en "Sibérie" est très réel: l’exclusion radicale par les règlements 4.6 (saine conduite d’un membre) et 4.7 (réprimande, suspension, exclusion)!

L’Échec de coopération, c’est d’abord le nôtre.

La désinformation des tenants de la fusion est à son paroxysme: grâce à la fusion (comprendre la disparition de la Caisse populaire de St-Léon-le-Grand, dois-je le préciser?), tous les maux de la caisse seront guéris comme par magie. À croire que la fondation de la Caisse aura été une grossière erreur pendant plus de 26 ans d’existence. Évidemment, quand on meurt, il n’y a plus de souffrance!

Et nos crédules dirigeants de nous faire croire à notre tour que c’est la bonne affaire à faire: mourir, tout donner NOTRE patrimoine (plus de 930,000. $) à ceux qui nous ont envoyé paître il y a 26 ans, il y a à peine 26 ans. La fierté et la foi du temps sont en cendre et puent la maison brûlée, … la putréfaction.

Crédules, unissez-vous et mourez tous ensemble.

Puissions-nous trouver des incrédules qui oseraient dire NON, nous ne sommes pas des têtes brûlées: NON, nous n’avons pas encore cassé notre pipe!

J’enrage de cette société 12/02/2014

février 13, 2014

J’enrage de cette société

Fait divers hier à Trois-Rivières: deux jeunes en tuent trois autres à la toute veille de ce qu’on appelle ici en Amérique du Nord, « la fête de l’amour ». Belle ville Trois-Rivières, belle société que la nôtre…

J’enrage de cette société qui saute de plaisir sans joie et sans amour

J’enrage de cette société qui n’a de sens que dans cette performance financière sans humanité

J’enrage de ma société qui n’apprend plus à aimer que dans la tuyauterie sexuelle

J’enrage de ma société qui n’a plus le temps que pour l’image et le paraître

J’enrage de ma société qui encense le mensonge, l’intimidation et la corruption

J’enrage de ma société qui drogue sa jeunesse et se drogue de n’importe quoi, n’importe quoi!

J’enrage de ma société qui n’en a que pour le béton, le ciment, et plus rien pour les sentiments

J’enrage de ma société qui sait tout sans rien savoir du mystère de la vie, de la mort et encore moins de celui de l’amour

J’enrage de ma société des vedettes qu’on adule pour leur talent et non pour leur être, qui n’ont de culte que pour leur nombril et rien, vraiment peu, pour leur public

J’enrage de ma société vide, sans âme et sans coeur où les premiers sont tristement les derniers

J’enrage de moi de ne pas avoir assez osé dire "non" à la bêtise

J’enrage de moi qui n’ose châtier celles et ceux qui le méritent bien

Puis-je aimer mieux? Il le faut

Quelle plaie ce monde sans joie, sans paix, ce monde enragé, ce monde de paons, ce monde de peur

Quelle plaie ce monde virtuel où plus rien de vrai et de réel ne se passe entre elle et lui

"J’ai de la peine pour mon village" disait M. Serge Carbonneau parlant de Yamachiche et ses citoyens floués par Desjardins et l’Église catholique en 2004

Oui, j’ai mal à ma ville aujourd’hui: Trois-Rivières est dans un bain de sang de jeunes innocents, tués par des innocents tout aussi jeunes et dévoyés de leur vraie raison de vivre: s’aimer

Oui, nous nous relèverons, mais nous pleurerons longtemps.

J’enrage de ma société; j’enrage de moi.

Chanceux encore pour 2014. 4/01/2014

janvier 4, 2014

J’écrivais dernièrement à deux de mes conseillers municipaux afin d’échanger avec eux sur le prochain sujet de débat ici à Trois-Rivières: la fluoration ou non de l’eau potable de toute la ville.

L’un d’eux se disait sans ambages "POUR" cette solution, car soutenait-il, elle favorise la bonne santé bucco-dentaire des gens de son district qui souffrent particulièrement de la pauvreté et qui ne peuvent se payer le dentiste à cette fin. L’autre, la conseillère de mon district, se disait en réflexion et devait consulter les gens de son quartier avant de voter "pour" ou "contre" la fluoration.

Les conseillers municipaux venaient de recevoir, quelques jours auparavant, toute l’information nécessaire pour favoriser leur décision: certains étaient totalement "pour", d’autres totalement "contre", et certains réservaient encore leur décision à trancher.

Nonobstant ce sujet à débattre et les choix de chacun sur celui-ci, il m’est revenu à l’esprit la chance que j’avais d’être bien indépendant de cette question de ma santé bucco-dentaire: oui, j’ai des dents en santé, oui, j’en prends soin quotidiennement, oui, je vais chez le dentiste annuellement recevoir des soins dispendieux de sa part et ceux de ses hygiénistes dentaires, et oui, je goûte facilement à tous les aliments que mes revenus financiers me permettent d’ingurgiter à satiété tous les jours depuis toujours! Quelle chance, n’est-ce pas?

La chance que j’ai de pouvoir gagner ma vie, mes soins bucco-dentaires chez le dentiste, ma nourriture quotidienne et ses extras bien appréciés, mes beaux vêtements chauds pour cette "maudite hiver" qui me la font apprécier quand même, et mes autres vêtements mignons pour l’été qui me font jouir des chauds rayons solaires, ma belle voiture quasiment luxueuse qui m’amène partout où je veux me réjouir de vivre, et cette belle résidence qui me rappelle que d’autres, moins chanceux que moi, vivent dans la crasse de la pauvreté la plus abjecte en ce plus beau pays du monde.

Nous venons à peine d’entreprendre une nouvelle année, et encore et toujours la pauvreté vient me gifler en pleine face; un itinérant se fait sermonner par un policier qui doit agir pour faire respecter la paix entre tous sur ce territoire où les gens sont choyés de vivre: le Québec du Canada en Amérique du Nord.

Ce n’est donc pas vrai que le Canada est le plus beau pays du monde. Les gens pauvres n’ont pas de maison où se réfugier quand il fait un froid sibérien de moins 30 degrés Celsius! Les gens pauvres ont des dents qui les font souffrir, une dentition avec laquelle ils ne peuvent pas apprécier les aliments qu’ils voudraient s’acheter, des vêtements troués qu’ils portent toute l’année pour se protéger du froid par la crasse accumulée sur leur corps et leur vêtement d’été (au singulier).

Ah! la justice qu’il faut faire, nous disait le philosophe Alain; en 2014, elle reste encore à réaliser, car la pauvreté est toujours très vivante à côté de chez nous. Est-ce que la fluoration de l’eau la règlera? Certainement pas. Ça va prendre d’autres choses que ça. Ça va prendre une volonté politique que nous devrions appeler "VRAIE": Volonté Réaliste à Abbattre l’Indigence Endémique". VRAIE, que nous allons en 2014 réduire notablement les écarts entre les riches et les pauvres, VRAIE que nous allons, au-delà de toutes préoccupations électorales et de marketing, faire en sorte que plus de justice sociale et que moins de pauvreté financière seront constatées au début de l’an 2015, et VRAIE que ce constat sera aussi fait en 2016 par rapport à 2015, et ainsi de suite…

Je vous souhaite donc pour 2014, la chance encore, celle que j’ai eue depuis ma tendre enfance et qui m’a été donnée gratuitement…: SANTÉ, la richesse première de toutes les autres.

Transférons l’épargne dans de VRAIES Caisses populaires, et freinons ainsi l’oligarchie DESJARDINS 29/12/2013

décembre 29, 2013

Transférons l’épargne dans de VRAIES Caisses populaires,

et freinons ainsi l’oligarchie DESJARDINS

Depuis environ 25 ans, les Caisses Desjardins sont de plus en plus dirigées comme si elles étaient des succursales bancaires dont un "head office" à Lévis-Montréal commandait l’ensemble du réseau dit coopératif.

De fait, ce qu’on appelle depuis ces nombreuses années le Mouvement Desjardins est devenu dans l’inconscient collectif une mégaCaisse dont la direction est assumée par un président qui siège au 40e étage du complexe Desjardins à Montréal et qui ordonne de haut ce que doivent penser les sociétaires de leur institution locale dite "coopérative".

Avec ce programme de fusions des Caisses populaires rurales et de quartiers mis de l’avant dans les années 90, on voit aujourd’hui disparaître les centres de services qui étaient autrefois de VRAIES Caisses populaires; le réseau d’antan s’effrite exactement comme désiré par les agences de notation américaines et européennes, et les membres perdent tout simplement ce qu’ils avaient bâti à bout de bras en qualité de service et en proximité communale.

Sous toutes sortes de prétextes, le "head office" de Lévis-Montréal ordonne aux directions locales maintenant rémunérées (depuis 2005) de fermer des locaux dits non rentables et d’en ouvrir là où la visibilité augmentera comme par enchantement la qualité des services aux membres.

Devant ces constats et ces décisions irrémédiables et souvent insensées, les membres se sentent désarmés pour empêcher les dirigeants payés par DESJARDINS d’exécuter les yeux fermés ces coupes sans retenues sur la qualité des services aux membres.

Bien que DESJARDINS NOUS APPARTIENNE, les sociétaires n’ont aucun moyen de garder leur héritage et leur infrastructure fonctionnels si le président a décidé que c’était terminé.

Toutefois, comme vous le savez toutes et tous, «  le nerf de la guerre, c’est l’argent »  pour utiliser l’expression éculée : autant pour les banques que pour les Caisses Desjardins, l’obtention des fonds monétaires au plus bas coût possible demeure « le nerf de la guerre » pour ces entreprises financières.

C’est d’ailleurs pour cela que les agences de notations sont prisées autant par Desjardins que les financiers de ce monde afin d’obtenir les meilleures cotes possibles et ainsi débourser le taux d’intérêt le plus bas lors des emprunts chez les pourvoyeurs de fonds, afin de financer par la suite les projets des individus ou entreprises privées. Là se jouent les marges bénéficiaires très payantes pour grossir les « profits » (les trop-perçus des Caisses "coopératives"  Desjardins).

C’est avec ces gros profits que les gestionnaires se payent de mirifiques salaires et des commissions indécentes, et qu’ils versent des dividendes aux actionnaires (sociétaires chez Desjardins), enfin, ce qu’ils veulent bien nous rendre… de nos "trop donnés"!

Mais quoi de moins dispendieux pour les entreprises financières (banques et Caisses Desjardins) que d’obtenir les fonds nécessaires pour des prêts à la consommation ou autres, auprès des individus? Les capitaux qui traînent dans les comptes courants afin d’assurer l’émission des chèques personnels et les sommes épargnées dans des Épargnes à terme (Ordinaires ou RÉER) (communément appelé CPG: certificat de placement garanti) sont, après les fonds propres de l’institution, ce qu’il y a de moins dispendieux sur le marché.

Et puisque nous sommes DESJARDINS, et que nous voulons que nos épargnes servent la communauté et la coopérative " DESJARDINS QUI NOUS APPARTIENT ", je vous suggérais qu’à l’échéance d’une Épargne à terme dans une Méga-Caisse Desjardins comme celle de Godefroy, Trois-Rivières, l’Ouest de la Mauricie ou d’autres (ou d’un CPG dans une banque), je vous suggérais dis-je de transférer ces sommes d’argent dans une VRAIE Caisse populaire Desjardins (celles qui ont toujours refusé d’être fusionnée).

Ainsi, vous pourriez freiner l’esprit oligarchique qui s’est graduellement et tranquillement développé dans tout Le Mouvement Desjardins au détriment des gestions rurales et de quartiers à travers le Québec en entier: la démocratie coopérative agonise au sein même de ces institutions qui se déclarent coopératives et entreprises financières démocratiques; ce qui, de fait, n’est pratiquement plus vrai du tout.

À cette fin, je viens de vérifier la faisabilité d’ouvrir à distance un compte ÉOP dans une VRAIE Caisse populaire Desjardins (une Caisse qui n’a jamais été fusionnée avec une autre) : bonne nouvelle, c’est faisable!

Par Internet, il suffit d’aller sur

-) Desjardins.com (Acces D),

-) aller sur «  services aux particuliers »,

-) cliquer sur «  compte ÉOP »

-) cliquer sur « obtenir ce produit »

-) choisissez « en ligne » ou «  par téléphone » (à votre goût)

-) crocheter « Ouvrir un compte »

-) cliquer sur « Poursuivre votre demande » (rectangle bleu un peu plus bas)

-) et compléter les informations

Je vous joins les informations de trois (depuis le 21 mai 2014, il n’en reste que deux) Caisses populaires Desjardins dont je sais qu’elles sont encore de vraies Caisses populaires Desjardins non fusionnées et qui seront heureuses de recevoir vos épargnes; si vous en connaissez d’autres, s’il vous plaît veuillez m’en faire part: je projette d’informer tout un chacun des Québécois sur cette avenue possible pour mieux nous faire écouter de Desjardins lorsque nécessaire…, car quand l’argent épargné des sociétaires sort de la Caisse, c’est directement une perte assurée de revenu pour la mégaCaisse.

"Notez bien cependant que si la Caisse où vous voulez ouvrir un compte ÉOP (pour expédier vos dépôts) est trop éloignée de chez vous, vous pourrez demander de compléter les documents d’identification dans une Caisse Desjardins plus près de chez vous. La Caisse éloignée mandatera alors la Caisse plus près de chez vous à cette fin, et vous devrez prendre rendez-vous à la suite de ce mandat avec la Caisse plus près de chez vous.

 Notez aussi que c’est le Conseil d’administration de la Caisse éloignée qui a le dernier mot pour accepter ou non votre candidature comme membre « auxiliaire »: même si votre identification est complétée dans une Caisse mandatée et que vous avez déboursé votre 5.00 $ de capital social, le conseil d’administration de la Caisse éloignée devra officiellement vous accepter comme membre « auxiliaire », et ce, par un retour de documents à votre adresse municipale (poste royale du Canada).

 Il faut finalement noter que cette procédure est possible seulement selon le bon vouloir de chacune des Caisses éloignées."

P-S: J’ai demandé à Desjardins le 21 janvier 2014 de confirmer par écrit les trois paragraphes ci-dessus en italiques et caractères gras; dès que je recevrai leur réponse, je confirmerai la date de celle-ci.

Voici cette première liste de VRAIES Caisses populaires Desjardins:

  1. Caisse populaire Desjardins de Maskinongé: numéro d’identification province = 815; numéro d’identification transit de la Caisse = 10035.
  2. Caisse populaire Desjardins de St-Alexis des Monts; numéro d’identification province = 815; numéro d’identification transit de la Caisse = 10070
  3.  S’il vous plaît, trouvez-moi d’autres Vraies Caisses populaires Desjardins      

 Le transfert dans une autre Caisse ne devrait pas vous coûter un sou sauf votre 5.00 $ en capital social pour l’ouverture de votre compte; vous y gagnerez en garantie des sommes assurées par l’assurance dépôt du Québec (maximum 100,000. $ par individu, par Caisse), et les taux d’intérêt sont maintenant identiques d’une Caisse à l’autre.

N’oubliez pas de m’informer du nom des Caisses qui sont toujours de VRAIES Caisses populaires Desjardins dans votre région québécoise; la Fédération a refusé de me fournir cette liste!

DERNIÈRE HEURE:

La Caisse de St-Léon-le-Grand a rendu les armes le 21 mai 2014 lors d’une Assemblée générale extraordinaire où les membres, au nombre d’une quarantaine sur 500, ont choisi à l’unanimité de faire disparaître leur Caisse populaire (voir St-Léon-le-Grand: harakiri et applaudissements, 24 mai 2014).

L’illusion de l’harmonie 20/11/2013

novembre 20, 2013

L’illusion de l’harmonie

Qui a dit que c’est dans l’harmonie que le meilleur des mondes se bâtit? Qui a la prétention d’imposer l’harmonie et d’appeler ça de la démocratie? Qui peut logiquement penser que les femmes et les hommes vont désormais s’aimer et se plaire dans une belle chorégraphie psychologique, philosophique, économique et politique? Qui a dit qu’il fallait maintenant applaudir, toujours applaudir ce que nos élus et dirigeants vont nous imposer, bon gré mal gré, et ce, que pour le meilleur et jamais pour le pire?

Devons-nous maintenant, citoyens et élus, fermer nos yeux, nos oreilles et notre jugement  parce que certains prêchent l’"harmonie" dans leur vocabulaire de personnes au service de la communauté?

L’harmonie ne vient jamais seule ou par magie; elle exige des efforts constants de cohésion entre les protagonistes en situation de pouvoir, de direction des troupes ou de simples liens et lieux de vie commune. L’harmonie est tellement exigeante de la part de toutes et tous que sa réalisation n’est le fruit qu’un travail acharné et quotidien, demandant courage et humilité; sans cette rigueur à la tâche, l’harmonie n’est qu’une illusion.

Je crois me souvenir que c’était l’harmonie avant la tempête à la ville de Laval avec le bon maire aujourd’hui accusé de gangstérisme. Dans l’ex-URSS, l’harmonie régnait ainsi qu’en Iraq, à Haïti et combien d’autres beaux systèmes politiques avec leurs dictateurs et autocrates bien en selle par leur majorité écrasante. On a souvent parlé de "Républiques démocratiques" qui étaient plutôt des régimes totalitaires qui ne permettaient que les applaudissements du peuple et jamais aucune critique.

Je pense aussi à ce beau Mouvement "Coopératif" Desjardins qui impose par règlements de régie interne, la "saine conduite" de ses membres (règlement 4.6) sous menace de "réprimande, suspension et exclusion" (règlement 4.7); et nous lisons dans la mission de Desjardins qu’elle priorise des valeurs de démocratie et d’altruisme!

Qu’une coopérative financière pratique, au seul jugement de ses dirigeants, l’exclusion sociale de personnes membres en besoin de services d’épargne et de crédit dans notre société québécoise, n’est-ce pas là une dichotomie inqualifiable de ce qu’ils osent appeler l’"harmonie" dans la démocratie?

Docilité et servitude: Étienne de la Boétie en aurait long à nous rappeler. Docilité et asservissement, voilà ce qu’attendent nos dirigeants élus de la part des citoyens, et qui déclarent déjà la réussite de l’harmonie politique après seulement une première réunion du conseil municipal… sans aucun débat de fond! Ça, c’est ce qu’on peut appeler "l’illusion de l’harmonie", n’est-ce pas?

L’éditorialiste du journal trifluvien "Le Nouvelliste" écrivait cette naïve constatation ce mercredi 20 novembre 2013. Parlant d’une candidate défaite à la mairie qui préconisait le retour de l’harmonie autour de la table du conseil municipal, le journaliste déclare ceci:

" Malgré sa défaite,[elle] aura néanmoins vu l’un des éléments de son programme électoral se réaliser: la fin de la chicane et le retour de l’harmonie à l’Hotel de ville."

Comment peut-on écrire un tel jugement et être un éditorialiste d’un journal régional… sérieux? Comment peut-on penser (et croire) que l’harmonie est maintenant chose faite et réalisée à jamais après seulement une petite et première rencontre sans réel sujet de débat?

Lisons:

"Selon l’anthropologue Laura Nader de l’université de Berkeley, la plupart des systèmes oppressifs … utilisent l’idéologie de l’harmonie comme mécanisme de contrôle social. …la tyrannie de l’harmonie s’inscrit dans une attaque concertée contre la démocratie."

"La psychologie positive propose aux grandes entreprises des techniques efficaces de coercition par la persuasion. Semblables aux méthodes appliquées par bon nombre de sectes religieuses, elles ont pour but de fondre les employés dans un grand tout «heureux». Afin d’ébranler le sentiment d’identité des salariés, et d’inciter ceux-ci à la docilité, les dirigeants des grandes entreprises encouragent aussi bien les attaques personnelles et le harcèlement psychologique que les effusions d’éloges. Pour pousser un travailleur à se conformer au moule, ils incitent volontiers ses pairs à faire pression sur lui. Affirmation de soi et esprit critique sont condamnés en tant qu’attitudes négatives, et on n’hésite pas à manipuler et à contrôler l’ensemble du milieu social d’un employé pour stabiliser son comportement une fois celui-ci jugé adéquat."

" La psychologie positive véhicule une idéologie qui a quelque chose de sombre et d’insidieux. Elle condamne ceux qui critiquent la société, … les  dissidents, les individualistes, parce qu’ils refusent de capituler, de se joindre au beuglement d’un troupeau soumis à la culture d’entreprise. Elle étouffe la créativité et l’autonomie morale, et cherche à engoncer l’individu dans le carcan de la docilité collective. Le principal enseignement de ce courant, qui s’inscrit dans l’idéologie de l’État-entreprise, veut que l’épanouissement passe par un conformisme social absolu, digne des systèmes totalitaires. Sa fausse promesse d’harmonie et de bonheur ne fait qu’exacerber l’anxiété et le sentiment d’impuissance des individus. En découlent une aliénation et une obligation constante de faire preuve d’enthousiasme et d’entrain qui minent l’authenticité des relations. … Aux pays de la pensée positive, il n’y a aucune injustice flagrante, aucun abus d’autorité, aucun système économique ou politique à contester, bref, il n’y a aucune raison de se plaindre. Ici, tout le monde est heureux."

"Les cultures qui ne savent plus distinguer l’illusion de la réalité meurent. De l’Empire romain d’occident à l’Empire austro-hongrois, en passant par l’Empire aztèque et la monarchie française, les empires, au moment de rendre leur dernier souffle, sont invariablement gouvernés par des élites ayant perdu le contact avec la réalité. Aveuglées par leurs fantasmes d’omnipotence, celles-ci provoquent la ruine de leurs civilisations."

("L’empire de l’illusion; la mort de la culture et le triomphe du spectacle", Chris Hedges, éditions Futur proche, page 169, 176, 180 et 184.)

Lisons encore:

"(…) la démocratie est (…) l’organisation de la diversité. Elle suppose et nécessite des points de vue différents, des idées qui s’affrontent. Ce n’est pas seulement la diversité, c’est la conflictualité. Mais la grande différence avec les conflits physiques – qui se terminent par des destructions et des morts – c’est que la démocratie est un mode de régulation du conflit à travers des joutes oratoires, parlementaires ou autres, avec un certain nombre de règles auxquelles elle doit obéir.

Sur ce plan (…), nous retrouvons ce problème de la valeur de la diversité (…) des êtres vivants. Et à ces problèmes fondamentaux, je réponds par la nécessité d’une circulation entre les connaissances (…) [par] ce qu’on appelle la culture. (…) il s’agit d’intégrer dans votre vie et dans votre pensée des idées ou connaissances sur l’homme, la nature et la société (…). Je pense que faire œuvre de culture, c’est donner au citoyen la capacité de briser, de transgresser les frontières et les compartiments de plus en plus clos entre les différents domaines du savoir. "

(Cyrulnik, B., & Morin, E., (2000). Dialogue sur la nature humaine. Éditions de

l’Aube, Intervention.

Que nos responsables politiques démocrates sachent bien composer une vraie harmonie pour le meilleur de notre société et surtout pas une illusion de bonheur angélique et crédule à nos frais et taxes. Et bravo et merci pour votre réussite anticipée; mais n’allez pas imaginer celle-ci réalisée parce que vous vous êtes distribué de belles responsabilités bien rémunérées.

À l’oeuvre maintenant et à tous les jours. La réalisation de l’harmonie sociale et politique exige une préoccupation sans relâche; et c’est difficile.

Lettre aux citoyens de Bécancour sociétaires de la Caisse Godefroy 9/10/2013

octobre 9, 2013

Félicitations à tous!

Je viens de prendre connaissance dans le journal « Le Nouvelliste » des actions mises de l’avant par le comité de sauvegarde afin de sauver les services aux membres des localités de Précieux-Sang, Bécancour et Ste-Angèle-de-Laval. Je vous en félicite.
Quand je lis ce qui se passe à Ste-Eulalie, il faut tous se demander si les citoyens du Québec ont encore besoin d’une institution financière coopérative dite démocratique dans leur milieu de vie, d’une Caisse Desjardins, d’une Caisse populaire Desjardins?
Est-ce une institution coopérative DÉMOCRATIQUE ou OLIGARCHIQUE? N’est-ce pas seulement un petit groupe d’individus (qui n’est pas élu de façon vraiment démocratique) qui décide pour toute la population d’une communauté?
Quand moins de 1% des membres se présentent à l’assemblée générale annuelle, bien libres sont ces oligarchies pour faire passer ce qu’ils veulent comme ils ont tenté de le faire à Ste-Angèle-de-Laval à deux repris en 2013.
Les fusions de Caisses ont clairement été planifiées par Claude Béland partout en province pour diluer le pouvoir (le vrai pouvoir) des gens (ruraux, semi-ruraux et de quartiers) sur leur coopérative financière. Et puisqu’aujourd’hui, plus que jamais, le pouvoir est celui de la finance sur les populations, c’est l’argent, le capital financier et sa fructification au seul bénéfice de l’Organisation et son bilan financier qui décident sur les préoccupations individuelles des gens. Il nous faut tenter de renverser cette philosophie communiste qui priorise l’organisation au lieu de la personne humaine: le Mouvement avant la personne.
La Loi sur les coopératives de services financiers n’est plus au service des citoyens, mais bel et bien au service du Mouvement Desjardins lequel (le « Head Office » de Lévis-Montréal) fait toutes les représentations politiques nécessaires à son action plus capitaliste que coopérative, plus communiste qu’au vrai service des sociétaires. Comme l’a dit Claude Béland en 2000 à la toute veille de son départ comme président de Desjardins :
« Les intérêts supérieurs du Mouvement avant toute préoccupation »!
 
La Caisse Godefroy peut être une occasion magistrale pour tous les membres-sociétaires de Caisses Desjardins du Québec. La mobilisation peut faire bousculer un « pattern », un modèle très nocif depuis plus de 25 ans pour les Caisses populaires Desjardins qui sont pratiquement toutes disparues du Québec en 2013. Les fusions ont été une oeuvre désastreuse pour la démocratie et la coopération.
Encore bravo à chacune et chacun, et osons poursuivre notre action "POUR" …! Pour notre jeunesse, pour les générations qui viendront, pour les gens, pour la personne humaine, pour les valeurs fondamentales de la coopération, pour l’humanisme, pour…

 

Desjardins doit renaître ou… 6/10/2013

octobre 6, 2013

Au début des années 80, des citoyens du village de St-Léon-le-Grand ont fait des démarches auprès de la Caisse populaire de Louiseville afin d’obtenir de celle-ci l’ouverture d’un comptoir dans leur localité. La Caisse de Louiseville a refusé prétextant qu’elle avait déjà la vaste majorité des citoyens villageois comme membre de la Caisse. Devant ce refus de la direction de la Caisse de Louiseville, les citoyens de St-Léon-le-Grand ont fondé leur propre Caisse populaire Desjardins.

La Caisse de St-Léon-le-Grand est toujours une Caisse populaire Desjardins et est toujours en vie. Bien qu’elle ait réfléchi dernièrement à une fusion avec d’autres Caisses populaires du coin, il semble que le spectre de sa disparition l’a fait reculer devant ce douteux projet. Avec raison!

Le 25 septembre dernier, les membres de la Caisse Desjardins Godefroy ont été bafoués dans leur droit le plus fondamental de voter sur une proposition d’un règlement de régie interne: le président de la Caisse a refusé la votation des membres sous un prétexte juridique non fondé, et, de son propre chef, a tout simplement mis fin abruptement à l’assemblée générale extraordinaire des membres.

Depuis le trop long règne de Claude Béland, les valeurs fondamentales de l’institution financière coopérative sont régulièrement mises sur la touche afin de favoriser non plus les intérêts des sociétaires et de leur Caisse, mais uniquement ceux de l’entreprise bancaire et sa profitabilité. Desjardins est déraillé de ses fondations, la Loi sur les coopératives de services financiers est de plus en plus une risée envers les sociétaires, et les directions d’aujourd’hui mènent les Caisses comme si elles n’étaient que des succursales de banque à charte fédérale.

Desjardins doit renaître à ses valeurs fondamentales, ces valeurs qui ont fondé et créé l’empire coopératif financier québécois, ou il doit officiellement devenir une "bank" au même titre que toutes les banques canadiennes.

La coopération ne doit pas être un vain mot comme il a été vécu par les citoyens de St-Léon-le-Grand face à la direction de la Caisse de Louiseville; la vie sociale, économique et financière de nos municipalités passe depuis les fondateurs Dorimène et Alphonse Desjardins par ce "spirit" de l’entraide, de la transparence, de l’altruisme, la démocratie et de la coopération entre tous; depuis Claude Béland et sa croisade sur l’adaptation à la mondialisation, Desjardins a écrit ces mots dans sa propre mission d’entreprise, mais les a laissé pourrir jusqu’à la présente agonie vécue partout en province, et dont le dernier épisode a été tristement vécu à la Caisse Godefroy de Bécancour.

Les citoyens de tout le Québec doivent se réveiller et dire au gouvernement, à Madame Leroux et à toutes les directions des Caisses que c’est assez. Un choix s’impose : renaître à la coopération ou naître officiellement au système bancaire canadien. L’agonie a assez duré: il faut renaître ou finalement mourir à cette actuelle mascarade. Si la valeur démocratique de Desjardins n’est pas vide de sens, que les membres se lèvent et qu’ils décident.


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